NATIONS SÉDENTAIRES, NATIONS NOMADES
leur, un mouvement providentiel (J). Il est difficile de lui assigner une date précise ; mais on peut considérer que l'arrivée des Basques sur les deux versants des Pyrénées, vers le xiie siècle avant l'ère chrétienne (2), a dû correspondre à l'un des plus anciens mouvements de migration des peuples nomades d'Asie vers l'Europe. On sait combien les Basques sont demeurés longtemps corsaires, pirates, marins, émigrants, colonisateurs. On a pu admettre pendant longtemps que les peuples sédentaires avaient, seuls ou particulièrement, dû se soumettre à l'impôt. On sait aujourd'hui que les peuples nomades, quoique beaucoup plus réfractaires à l'impôt que les peuples sédentaires, ont dû le subir et même le pratiquer. La forme de l'impôt chez es peuples nomades a été, en général, le bétail, forme qu'il a eue même chez les petites nations agricoles de l'Italie, à Rome notamment. Dans leurs premiers temps, les Romains se servaient du même mot, pecunia, pour exprimer le bétail et le capital, ou plutôt la valeur des choses, money, en dehors de leur équivalent monétaire. Non seulement les peuples nomades payaient l'impôt, volontairement, comme redevance, dîme en nature, ou obligatoirement comme tribut, protection, passage, péage, mais ils ont eu des percepteurs qui délivraient des quittances. A peine arrivé à s'installer à la Mekke, Mahomet songea à exiger des taxes et expédia des percepteurs pour les toucher. Les tribus des Hiong-Nou, dont sont provenus Huns, Hongrois, Turcs, Mongols, payaient l'impôt en bétail à des percepteurs qui marquaient les versements par l'apposition d'un scel marqué au fer de lance (3).
§ 2. La tribu.
Ce fait suffit pour attester qu'il y avait, au milieu de différences nombreuses provenant du climat, du territoire, de la
(1) Les nations ne s'agritent pas plus en vain gue les fleuves ne coulent au hasard : quoique sujettes à l'erreur, elles sont conduites par rKternelle vérité qui les dirige vers un but certain. — Ebn-el-Farid (épigraphe du livre de M. Palgrave sur l'Arabie).
(2) K. de Bellognet, Ethnorjinie gauloise, 2" vol., sect. 5, p. 212.
(3) Léon Cahun, Introduction à l'histoire de l'Asie, p. 57.