‹ L'impôt dans les diverses civilisationsChapitre 65 sur 228 · LES KYMRIS · texte numérisé non relu

LES KYMRIS

fonde obscurité. Les Hellènes ont eu rarement un foyer stable.

Bien plus instables ont été les Celtes. Nomades d'origine, ils le sont restés, plus longtemps qu'on ne l'a cru.

Par la situation géographique des territoires qu'ils occupaient à l'époque de la conquête romaine, situation très amoindrie relativement à celle qu'ils avaient conservée pendant de longs siècles, les Ce.ltes doivent appartenir aux anciennes migrations des tribus d'Iran dans l'Europe centrale et occidentale, car ces migrations ont, en quelque sorte, marqué leurs époques par l'ordre de la fixation de leurs tribus, de même que des stratifications géologiques. Bien que la langue celtique ait disparu peu à peu à. la suite de la conquête romaine, les mots qui ont été conservés, les végétaux dont l'introduction dans les Gaules se rattache à l'arrivée des Celtes, les monuments qu'ils ont laissés, les rapports de leurs mœurs, de leurs institutions, surtout de leur état social, au moment où César les a connus, avec les tribus germaniques, ont permis d'établir que, sans être étrangers, par la communauté d'origine et de race, aux Hellènes et aux Italiotes, les Celtes ont fait partie d'un courant d'émigration postérieur ou qui aurait atteint son but plus tard.

Les Celtes ont rencontré, dans les Gaules, les Ibères et les Ligures au Midi, sans parler de populations plus anciennes qui remontent aux temps préhistoriques, le territoire des Gaules figurant, d'après les découvertes de l'anthropologie, parmi les contrées de l'Europe où l'espèce humaine habite et vit depuis le plus de temps. Après avoir refoulé les Ibères en Espagne et les Ligures en Italie (1), les tribus premières, tribus celtiques, s'arrêtèrent sur le territoire délimité par la Garonne, l'Océan, la Loire et le massif montagneux du centre. De nouvelles tribus, les Bolgs ou Belges, les Kymris, venant du nord de l'Europe, occupèrent le territoire au delà de la Loire. Tribus celtiques, tribus Kymriques se partagèrent la Bretagne ou Armorique, d'où elles émigrèrent plus tard dans la Grande Bretagne et en Irlande. C'est en Irlande qu'ont longtemps vécu et que se trouvent encore les

(1) M. Am. Thierry fixe ce refoudement entre 1500 et 1000 ans avant le Christ. Histoire des GaitZois, Introduction, 3« partie.

LEURS MIGUATIO.NS. 555

descendants les plus purs des tribus celtiques; c'est là qu'on a trouvé les monuments écrits les plus originaux (i) et les plus curieux sur leurs institutions et sur leurs conditions économiques et sociales, sans mélange des afflux grecs, romains ou germaniques.

Sans doute, des écrivains grecs ou latins de la plus haute valeur, César, Tacite, Polybe, Strabon, Ammien Marcellin, nous ont transmis les renseignements les plus précieux sur les Celtes; mais ni les écrivains latins, ni les écrivains grecs n'ont connu les documents écrits celtiques. Longtemps, on a exagéré les progrès accomplis par les Gaulois pendant la domination romaine. On a attribué aux Celtes, puis aux Gaulois, un état politique, économique, social, supérieur à celui auquel ils se sont élevés, en se méprenant sur le caractère de leurs migrations et de leurs expéditions; on les a transformés en une race complètement sédentaire, agricole, ayant atteint, soit avant la conquête romaine, soit depuis, à un niveau assez élevé de civilisation et à une puissance de production et de richesse assez grande, pour qu'au iv^ siècle de notre ère, le fisc romain ait pu arracher aux Gaules, en une seule année, 548 millions d'impôts, c'est-à-dire une somme supérieure au budget de la monarchie de Louis XVI en 1789.

L'examen des faits, l'élude des textes ne sont pas d'accord avec ces appréciations. Aux premiers temps de leur histoire, les Celtes apparaissent comme formant des confédérations (2) de tribus qui s'étendent depuis le Bosphore Cimmérien, où elles ont stationné pendant leurs migrations depuis leur départ du plateau d'Iran, jusqu'au Danube et jusqu'au Rhin. C'est l'époque de l'empire celtique, entre 1200 et 700 ans avant le Christ; empire du même genre que celui des Scythes, des Huns, ou des Bulgares, ou des Goths, soumis à tous les aléas de la

(1> De lu l'importance du livre de M. Samner Maine, Early history of institutiom, dans lequel il analyse les anciennes lois irlandaises. The Senchus Mor et the Book-of Aicill. London, 1875.

(2) rarmi les ijrciniières confédérations, M. Ani. Thierry cite celles des AUobroges, des Xaiituates, des Arvernes ; il reiwrte au .\x= siècle avant le Christ l'arrivée des Celtes. Il est douteux que ces confédérations puissent être les plus anciennes. Ibidetn, introduction.

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