ACTE PHliMlEK o
NAUROY, brutal.
Si on vous le demande, vousdirezque.., jenelesaispas.
DE SERRIÈRE
Diable de Nanroy! Est-ce observé!... On a des lieures comme ça... la tête vide... Moi, constamment...
(// lui prend le bras, Vemmène sur la terrasse.) COLETTE, achevant sa conversation avec madame deSerrière.
Alors, chasse gardée ? ,
MADAME DE SERRIÈRE
Parfaitement... Chasse gardée.
COLETTE, provocante.
En chasse, alors! C'est si amusant de braconner... (A d'Amblize qui remonte avec Vigneul.) N'est-ce pas, d'Amblize?
JACQUES
Il faut croire!
MADAME DE SERRIÈRE, rOSSC.
Vous êtes payé pour le savoir... {Se rattrapant.) Vos gardes ont encore dressé deux procès-verbaux, cette semaine.
JACQUES
Je ne suis pas payé. Je paye.
COLETTE
Il n'est de plaisir qu'à ce prix.
PIERRE
Vous croyez que tout s'achète?
JACQUES
Elle croit que tout se vend!
COLETTE
Dites donc, vous!... Je crois qu'il n'y a pas de plaisir sans peine, voilà tout!
l) LIMl'HÉVl-
JACQUES
Philosophe! Depuis quand?
Depuis que je regarde autour de moi. Ainsi, tenez, vous, le grand chasseur, vous, mon cher amphitryon qui nous avez donné ce soir, dans votre belle maison, ce dîner exquis, vous qui avez tous les bonheurs, jeune, riche, garçon... vous seriez tout à fait heureux sans... le braconnage!... La rançon.
MADAME DE SERRIÈRE, irOïlique.
Pauvre d'Amblize!... Moi, ce sont les braconniers que je plains!
PIERRE
Un triste métier... Toujours frauder... toujours trembler...
COLETTE
Vous parlez comme un bourgeois, docteur... je veux dire comme un sage! Et l'attrait du gibier défendu, qu'en faites-vous? La peur d'être pris, c'est vrai, mais la joie d'échapper, le désir renaissant sans cesse... c'est passionnant !
PIERRE, la menaçant du doigl.
« Le bien d'autrui tu ne prendras!... »
MADAME DE SERRIÈRE
Il y a beau temps qu'elle est brouillée avec le catéchisme !
[Elle s'éloigne en riant^ avec VigneuL Denise et Hélène réapparaissent^ au fond du grand salon.)
JACQUES, à Colette.
Oui, le septième commandement, qu'est-ce que vous en faites?