FINIS
Le grand titre, Vexplicit, TExhortation de Jérôme de Hangest, la souscription et quelques lêtes de chapitres sont en grosses lettres de forme dont les imprimeurs ont fait usage pour d'autres ouvrages du même temps. L'épitre de Pierre Tarteret à Louis Dupas est composée en caractères d*un œil un peu moins fort. Deux autres fontes remplissent le reste du volume : Tune est une gothique moyenne, fournissant 44 lignes à la page, qui ^ servi pour le texte de Petrus Hyspanus ; l'autre, plus petite, d'environ 9pointstypographiques,donnant 531ignespar page, aétéemployée pour les commentaires de Tarteret et les notes marginales ; c'est cette dernière qui domine dans le livre.
Dans le cours du volume, on voit quelques lettres ornées et gravées que nous connaissons déjà pour faire partie du matériel de nos imprimeurs. Il y a aussi plusieurs diagrammes conte-
nant des formules de logique. L'arbre de Porphyre est au r^ du !•' feuillet du cahier E.
La ùgure de la Main ouverte est au y^ du 5^ feuillet du cahier Q ; elle est la môme que celle de Tédition de 1496, les mêmes formules sont inscrites sur les doigts, mais avee une autre disposition typographique ; ce qui montre que cette espèce de cadre, dit passe-partout, était destiné à recevoir des légendes suivant les besoins. Nous avons parlé de Temblôme de la Main ouverte dans nos Nouveaux Documents, p. 42, à propos des Poésies de Publius Faustus Ândrelinus,
L'exemplaire de la bibliothèque de Ciiinon a conservé sa première reliure en veau estampé à ais de bois. (1 porte en haut du titre cet ex-libris : Ex. 1. B. M. de Nuceriis cong. s. Mauriord. s. Bened. », qui désigne, croyons nous, Noyers, de la commune de Nou&tre, arrondissement de Chinon, bien que le nom latin de cette abbaye soit plus communément Nuchariœ on Nucariœ. Le possesseur primitif du livre a écrit son nom sur plusieurs feuillets. Il a aussi recouvert les gardes d'inscriptions sans intérêt ; Tune d'elles cependant nous apprend qu'il était alors écolier, ce dont nous nous doutions un peu. Elle est ainsi conçue : « Johaimes Peigné dilectissimo fidelissimoque amico condiscipulo suo salutem plurimam impartit »
L'examen de ce produit, inconnu jusqu'ici, de l'atelier de Saint-IIilaire-de-la-Celle nous a suggéré deux observations.
Rappelons-nous tout d'abord que^ entre le Manipulus Curatorum, de Guy de Montrocher, paru en 1505, et le Valère Maxime, achevé d'imprimer le 29 mai 1512, c'est-à-dire pendant environ sept ans, on n'avait pas rencontré, à l'actif de nos imprimeurs, de labeur portant une date certaine. On était en droit de se demander si leur industrie n'avait pas langui, en face de la
concurrence de Jean I»' de Marnef et d'A. Mesnage qui dans le même temps avalent monté de nouvelles presses. Le livre de la bibliothèque de Chlnon vient heureusement combler en «partie cette lacune.
Notre seconde observation porte sur les termes de la souscription qui présente Guillaume Bouchot comme seul Imprimeur, en omettant Jean Bouyer dont le nom occupe d'ordinaire le premier rang. Et pourtant l'adresse mise au titre du livre dit qu'il se vend à la maison « des Imprimeurs », demeurant à la Celle. Comment concilier ces deux assertions qui paraissent contradictoires ? Nous, pensons qu'il ne faut pas y attacher une trop grande Importance. C'est là un cas isolé qui ne s'était pas produit avant et ne s'est pas renouvelé depuis. Le Lucain^ imprimé le 9 des calendes de 1512 (vieux style pour 1513), porte encore les noms réunis de Jean Bouyer et de Guillaume Bouchot. Il est certain qu'ils ont été associés et ont habité ensemble jusqu'à la mort de Bquyer arrivée en 1515. Tout au plus est-il permis d'émettre l'hypothèse qu'au moment qui nous occupe, Jean Bouyer, vieux et peut-être malade, se serait déchargé sur son compagnon de la direction de l'atelier, sans se désintéresser de l'entreprise.
Sâumur» IinprlmMrit.Mod<rae L. PIGAHD i8 Quai Gurnot