IX-DOUZE
Eh bien! oui, oui, j'aime le vieux, puisque YÎeux il y a , mais mes gothiques productions sont plus neuves que vos nouveautés.
PETIT-ROMAIN , à In-douze.
C'est juste.
IN-DOUZE
Air : de Marianne.
Oui, du vieux je suis idolâtre; J'adore tous les vieux bouquins , Les vieux auteurs, le vieux théâtre, Les vieux amis'et les vieux vins ;
Oui le gothique.
Le beau, l'antique, Feront toujours la nique
Au romantique.
Le seul classique
Est authentique.
Plaire au public En tout temps lut le hic ; Vos beaux esprits qui font merveille.
Et dont l'air neuf est tant prôné, Yiendront tous se casser le né
Contre le vieux Corneille. {Zjbis.)
SATINÉ
Mon cher , vous serez toujours le privëlégio des ganaches.
IN-DOUZE , lui sautant au col.
Des ganaches !
PETIT ROMAIN , les séparant.
Messieurs ! messieurs !
IN-DOUZE , à Satiné.
Tu ignarus similis, aniinali.
SATINÉ, en cTiTchant à lui donner des coups de pieds dans les jambes , attrape Petit-Romain, uénimali vous-même , vieux pc'dant !
PETIT -ROM VIN , se mettant entre les deux. Un moment donc.
IN-DOUZE, lui donnant un coup qui touche la tête de Petit- Romain,
Uu freluquet comme cula !
PETIT ROMAIN , a part.
Ah ça! le romanlicjue me donne des coups de pieds dans les jambes^ el le classique mVnvoye des caloUes... Messieurs, parégard pour les belles et bonnes lettres, respectez ma mai'-on, respectez-vous vous-mêmes; la littérature doit elle excil( i de pareils débats, entre des hommes qui ne sont pas forcés f'e sVslimer, mais qui se doivent à de se détester cordialement.
IN-DOUZE
C'en est assez , mais i'ai votre parole pour la main de votre fille , et je cours chercher celui que je destine ; adieu , imprimeur sans nerfs. ( Il sort en courroux. )
SATINÉ
Quant à moi , monsieur Petit-Romain, je n'en aurai pas le démenti •, je me suis engagé pour vous, avant une demi-heure je vous présente mon gendre-, adieu, imprimeur sans sang dans les veines. ( // sort» )