SCENE II
TAMPON , seul.
Comme les ouvrages nouveanxdonnent depuisqueuqu' temps , ûustii queu cab^e-lêle dans notre imprimeiie là peine si nous prenons une heure pour déjeiiuer , il y a des jours où nous mangeons julimenl du fiomage. (// mord dons sa tartine. ) CVst des brochures , des journaux , des affiches, des billets de taiie pari , sans compter que monsieur Jn - douze , ce gros libraire de la rue Saint-Jacques , et monsieur Satiné , ce petit libraire du Palais Royal, nous donnent furieusement de besogne avec leurs nouvelles éditions: c'est çà des pratiques : queux drôles de corps, quand par hasard ils se rencoiitrenl ici, ils son toujours à se disputer; pourquoi ? Parce que l'un est dctns les classiques , et l'autre dans les romantiques-, not'. maîtr' lui est pour tous les deux... 11 cunaule... Je ne sais pas ce que cela veut dire , mais ils ne peuvent pas se sentir.
Air : Vaiid. fie fa Famille au Porteur rCeau.
Je ne sais lequel a raison ; Si de cl.issiqii' l'on m'eijvironne, J.e roinnntiqu' vient à foison , Et fraric'ltement je m'en étonne.
Tous les deux m'cmbarrasser.t Ibrt, Chacun ni'enibroiiiJl', chacun m'entête; Pour m'enfoncov il .S(^nt d'accord, Car chr.qii' jour )é classîqu' m'endort, El le romantique m'ouibCte. [bii.)
( 5 ) SCKiNE III*
TAMPON , ZOÉ, arrivant par la droite, TAMPON.
Ah ! c'est TOUS ,mamzelle Zoë, je croyais vous voir plutôt ce malin ?
ZOÉ
Apprends, mon petit Tampon , que mou père me guëtait , et que je n'ai pas encore pu venir dans l'imprimerie.
TAMPON
C'est que not' bourgeois, monsieur Petit- Romain, ne badine pas sur l'article ries amoureux.
ZOÉ
Pourtant il n'est pas irop sévère.
TAMPON
Non . je sais bien qu'il s'en rapporte un peu à vous , cependant s'il rencontrait ici monsieur Saint-Julien.
ZOÉ
Monsieur Julien est un jeune homme qui se présente avec des manières honnêtes , mon père ne dirait peutêtre rien.
TAMPON
Oui , mais avec tout ça, s'il vous destine à un autre, qu'est-ce qui sait ?...
ZOÉ
C'est ce qui me fait trembler...
TAMPON
Dam ! je tremble aussi moi •, avec ça que je suis votre confident, et que les pèreo sont traîtres queu'qu'fois. 11 y eu a qui veulent absolument choisirle mari de leur fille, et qui se fâchent quand ils apprennent qu'elles ont de l'amour pour un autre.
ZOE.
Et mon père pourr^til se fàclitr! aimer un j^une homme sans savoir quelle est sa famille.
TAMPON
Ah ! par exemple, voilà ce qui m'étonne , quand je pense quje vous ne connaissez encor que son nom de baptême; Julien î
ZOÉ
Il m'a assuré que bientôt il se présenterait à mon père , et qu'il se fei'ail connaître.
TAMPON
A la bonne heure.
ZOÉ
S'il devient mon mari, il faut bien qu'il se nomme... Sans cela...
TAMPON
Sans cela , vos enfans seraient des anonymes.
ZOÉ
Air : Vaudeville de l'Isle des Noirs.
S'il me cLérit comme je J'aime,
Dans peu je le forcerai bien
A me dire son nom lui-même ,
Je veux qu'il ne me cache rien.
Et si voyant dans mon ménage
Des enfans qui font mon bonheur
On applaudit à notre ouvrage
Je veux pouvoir nommer l'auteur, "(/ro/^ybi's.)
TAMPON
C'est bien le moins... Mais tenez mamzelle , je crois que le voilà qui guette s'il peut entrer. [Parlant à la cantonnade.) Entrez, monsieur Julien, entrez...