‹ L'impromptu de Versailles (volume 2)Chapitre 108 sur 134 · SECONDE CHANSON A BOIRE · texte numérisé non relu

SECONDE CHANSON A BOIRE

Buvons, chers amis, buvons, Le temps qui fuit nous y convie;

Profitons de la vie

Autant que nous pouvons :

Quand on a passé l'onde noire, Adieu le bon vin, nos amours;

Dépcschons-nous de boire,

On ne boit pas toujours.

Laissons raisonner les sots Sur le vray bonheur de la vie;

Nostre philosophie

Le met parmy les pots :

Les biens, le sçavoir et la gloire N'ostent point les soucis fascheux ;

Et ce n'est qu'à bien boire

Que l'on peut estre heureux.

Sus, sus, du vin, par tout versez, garçons, versez, Versez, versez toujours, tant qu'on vous dise assez.

DORIMENE.

Je ne croy pas qu'on puisse mieux chanter, et cela est tout-à-fait beau.

Monsieur Jourdain.

Je vois encore icy, Madame, quelque chose de plus beau.

i42 LE BOURGEOIS GENTILHOMME.

DORIMENE.

Ouais ! monsieur Jourdain est galant plus que je ne pensois.

Dorante.

Comment! Madame, pour qui prenez-vous monsieur Jourdain ?

Monsieur Jourdain.

Je voudrois bien qu'elle me prît pour ce que je dirois.

Dorimene.

Encore !

Vous ne le connoissez pas.

Monsieur Jourdain.

Elle me connoistra quand il luj plaira.

Dorimene.

Oh ! je le quitte.

Dorante.

Il est homme qui a toujours la riposte en main. Mais vous ne voyez pas que monsieur Jourdain, Madame, mange tous les morceaux que vous touchez.

Dorimene.

Monsieur Jourdain est un hojnm^gfui jrig ravitr^

Monsieur Jourdain.

Si je pouvois ravir vostre cœur, je serois...

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