‹ L'impromptu de Versailles (volume 2)Chapitre 121 sur 134 · MONSIEUR JOURDAIN, DORANTE, DORIMENE · texte numérisé non relu

MONSIEUR JOURDAIN, DORANTE, DORIMENE

Dorante.

Monsieur, nous venons rendre hommage, Madame et moy, à vostre nouvelle dignité, et nous réjouir avec vous du mariage que vous faites de vostre fille avec le fils du Grand Turc.

Monsieur Jourdain, après avoir fait les révérences à la turque.

Monsieur, je vous souhaite la force des serpens et la prudence des lyons.

Dorimene.

J'ay esté bien aise d'estre des premières, Monsieur, à venir vous féliciter du haut degré de gloire où vous estes monté.

Monsieur Jourdain.

Madame, je vous souhaite toute l'année vostre rosier fleury ; je vous suis infiniment obligé de prendre part aux honneurs qui m'arrivent, et j'ay

ï62 LE BOURGEOIS GENTILHOMME.

beaucoup de joye de vous voir revenue icy, pour vous faire les tres-humbles excuses de l'extravagance de ma femme.

DORIMENE.

Cela n'est rien; j'excuse en elle un pareil mouvement : vostre cœur luy doit estre précieux, et il n'est pas étrange que la possession d'un homme comme vous puisse inspirer quelques allarmes.

Monsieur Jourdain.

La possession de mon cœur est une chose qui vous est toute acquise.

Dorante.

Vous voyez, Madame, que monsieur Jourdain n'est pas de ces gens que les prosperitez aveuglent, et qu'il sçait, dans sa gloire, connoistre encore ses amis.

Dorimene.

C'est ia marque d'une ame tout-à-fait généreuse. Dorante.

Où est donc Son Altesse turque ? Nous voudrions bien, comme vos amis, luy rendre nos devoirs.

Monsieur Jourdain.

Le voila qui vient, et j'ay envoyé quérir mafiile pour luy donner la main.

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