SCÈNE IV
x( Monsieur, votre très humble serviteur. — Mon- « sieur, je suis tout à votre service. — Tenez-moi « des vôtres, mon cher. — Faites état de moi, « Monsieur, comme du plus chaud de vos amis. — <( Monsieur, je suis ravi de vous embrasser. — « Ah! Monsieur, je ne vous voyois pas. Faites-moi « la grâce de m'emploj'er. Soyez persuadé que je <( suis entièrement à vous. Vous êtes l'homme du « monde que je révère le plus. Il n'y a personne « que j'honore à l'égal de vous. Je vous conjure « de le croire. Je vous supplie de n'en point dou- « ter. — Serviteur. — Très humble valet. » Va, va, Marquis, Molière aura toujours plus de sujets qu'il n'en voudra, et tout ce qu'il a touché jusqu'ici n'est rien que bagatelle au prix de ce qui reste. » Voilà à peu près comme cela doit être joué. Brécourt.
C'est assez.
Poursuivez.
Molière.
Brécourt.
« Voici Climène et Élise. »
Molière, à mesdemoiselles du Parc et Molière. Là-dessus, vous arriverez toutes deux.
(A mademoiselle du Parc.) Prenez bien garde, vous, à vous déhancher comme il faut, et à faire bien des façons. Cela
Yous contraindra un peu; mais qu'y faire? Il faut parfois se faire violence.
Mademoiselle Molière.
« Certes, Madame, je vous ai reconnue de loin, et j'ai bien vu à votre air que ce ne pouvoit être une autre que vous.
Mademoiselle du Parc.
« Vous voyez, je viens attendre ici la sortie d'un homme avec qui j'ai une affaire à démêler. Mademoiselle Molière.
« Et moi de même. »
Molière.
Mesdames, voilà des coffres qui vous serviront de fauteuils.
Mademoiselle du Parc.
« Allons, Madame, prenez place, s'il vous plaît.
Mademoiselle Molière.
« Après vous, Madame. »
Molière.
Bon. Après ces petites cérémonies muettes, chacun prendra place et parlera assis, hors les marquis, qui tantôt se lèveront, et tantôt s'assoiront, suivant leur inc[uiétude naturelle. « Parbleu! Chevalier, tu devrois faire prendre médecine à tes canons.
Brécourt.
« Comment?