SCÈNE II
MARTIN , DORIAN , RENAUD, Pompiers.
DORLiN , « la cantonade.
Ah ! ça , qu'est-ce que ça signifie!... Taisez-vous... ou je vais...
MARTIN
Allons... en voilà un qui est toujours en querelle !...
REKAUD.
Ce diable de Dorian. . .
DOBIAN. C'est vrai aussi... je me fâcherai... Bonjour, père Martin... Se moquer de moi , parce q^ie je suis consigné! LES POMPIERS, riant.
Consigné ! . . .
DORIAN
Silence dans les rangs... Est-ce qvie vous allez recommencer , vous ?
MARTIN
Allons, est-ce qu'on se dispute quand on déjeûne ensemble?
DORIAN
Avant déjeûner ça ouvre l'appétit... D'ailleurs je n'aime pas qu'on me vexe... c'est bien assez comme ca... Je sors de chez le commandant... il me semble encore l'entendre : « Mon beau camarade , vingt-quatre heures de consigne ! . . . »
MARTIN
Dame ! aussi , pourquoi ([ue tu manques à l'appel ?...
DORIAW.
Je manque à l'appel... je manque à l'appel!... C'est possible... ma montre retardait...
MARTIN
V là le mal... Pourquoi que tas une montre?... elle retarde et ça te déran!^e!... Au surplus...
Air : du pas redoublé, ^
Lorsqu'on sait son ordre du jour.
On n' va pas à l'encontre...
Sur r premier rourmont du tambour
Il faut régler sa montre.
DORIAN
Mais il est triste , cependant ,
Un soir de tête-à-tête, Quand l'amour nous dit ; «En avant! »
De s' régler sur la retraite...
Diable de consigne!,., Avec ça que moi , ije n'y pensais pas , et que j'ai écrit ce matin pour m'engagera certaine partie...
MARTIN
Une partie fine?...
RENAUD
Ah ! c'est que mon ami Dorian , voyez-vous , il aime le>^ Jolies femmes!.,.
DORIAN
Et réciproquement... il en est aimé... modestie à part..
MARTIN
C'est donc pour ça qu'il soigne l'habit de muscadin ?
DORIAN
Mais peut-être... Au fait , l'uniforme ne me va pas mal ; mais l'habit bourgeois , c'est plus élégant , ca trompe... Et qui sait ?... Une passion , vui covip de fortune... RENAUD.
Nous y voilà !... Si vous saviez ce qu'il disait dernièrement?
DORIAN
Eh bien! qvi'est-ce que je disais?. .. Au fait , je ne le cache pas... Combien de fois , en passant le soir devant ces
beaux hôtels , où, par une fenêtre enlr'ouverte , je découvrais lui boudoir élégant, je me suis senti ému, agité d amour., ou d'ambition, c'est égal... Combien de fois me suis-je dit . a Oh! si le feu prenait là, comme je m"é-
V lancerais dans cet appartement qui m'est feriué a moi , » pauvre diable !... mais grâce au feu, nous entnjns par- » tout... Là sans doute il y a une femme, une fmime char- » mante... je la prendrais dans mes bras... je la sauverais... )) Et ce n'est pas pour de l'or, de l'argent. tles richesses.,. » Les pompiers ne reçoivent rien 1 Respect au régle-
V ment... mais du moins. .,
Air : -^ soixante ans l'on nedoh pas remettre.
A sou réveil, sa première pensée
Serait pour moi .. Sou cœur 1 1 son regard
Appelleraient 1' sauveur qui l'a blessée,
Et je serais à l'appel saus r. lard !
Et que sait-on? Dans sa reconnaissance...
Dam ! c'est qu' j'aurais le lami ux habil noir,
Et ce ruban que les femui's aim nt à voir;
J'obliendrais p lélr" certaine récompense
Que r règlement u' défend pas de r'cevoir...
Oh! tenez , rien que d'y penser 1...
MARTIN
En avant, les châteaux en Espagne!... Eh bien! tu as perdu une belle occasion... Si tu étais venu hier avec nous!...
DOB.ïki!i y feignant la surprise.
Hier?...
REKAUD.
Oui... Une petite baronne j jolie... oh! tout ce qu'il y a de pins joli !... des a eux... un hôtel magnifique... et une taille ! ah! Dieu ! un air d'opulence... Enfin ça m'a fait rêver toute la nuit... moi qvii ne rêve jamais... T'es bel homme... tuas eu un commencement d'éducation... Et d'ailleurs, ta naissance est bien quelque chose... Tu aurais sauvé la baronne ! . . .
DORIAN , gatment- C'est possible...
MARTIN
Tu lui aurais plu...
C'est probable...
Et sa reconnaissance.
Ah! tais- toi.
Son amour...
Tais-toi.
■IJ DORIAN
RENAUD
DORIAN
RENAUD
DORIAN
MARTIN
Tiens , comme il s'échauffe!... Rassure-toi... il y a un beau monsieur qui a pris l'avance, à ce qu'on dit!...
RENAUD
Et il a bien fait, n'est-ce [)as , l'ami?... Parce que toi , vois-tu, tu n'as pas les manières, les habitudes, qu'd faut avec les belles daracs.
C'est vrai... Il y a des moraens oiicela se voit... quand la bouteille opère...
Air : de Marianne.
Le vin te port' vite à la tête...
Et dans ces cav' là , c'est du bon ; T' vois-tu là , tout à-fait casquette?... C'est qu'alors tu n'as plus bon ton. . .
DORIAN
C'est vrai que V vin M' met trop en train , Comm' la beauté , Il me rend ma gaité...
Quelqu fois trop fort !
Ça fait du tort,..
Dam ! par état, J'ai les goûts d'un soldat.
Pourtant qu je m' trouve quelqu' dimanche Près d'un grand' dame à fair' la cour. Je n' boirai pas... quitte un autr' jour A prendre ma revanche. . .