‹ L'Inde Anglaise et le SwadeshismeChapitre 17 sur 41 · SITUATION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

SITUATION GÉNÉRALE

La situation économique de l’Inde, tout en étant bonne, ne paraît pas aussi brillante que la précédente. En 1906-1907, la valeur des importations des marchandises s’est élevée à 107.881 livres sterling et celle des exportations à 121.595, soit une différence trop grande en faveur des exportations due en majeure partie à l’envoi de grosses sommes que l’Inde verse chaque année à l’Angleterre pour les intérêts de divers emprunts indiens, aux frais énormes d'entretien de l’armée et de l’administration, et au remboursement de paiements effectués en Angleterre au compte de commerçants de l’In-: de. Ce système défectueux existe depuis de nombreuses années ; les exportations sont toujours supérieures aux importations. Il y en à pourtant une qu’on pourrait sinon empêcher, du moins diminuer considérablement pour cause d’utilité publique. Nous voulons parler du riz, base principale de l’alimentation journakère de tous les Indiens et dont ils ne peuvent se passer, puisque l’absence du riz provoque la famine. Or, chaque année, d’innombrables quantités de riz sont exportées de l’Inde,

bien que le riz soit frappé d’un droit de sortie

trois annas par maud. On continue à l’expédier à l'étranger, et il en sort ainsi de 10 à 13 millions de livres sterling par an. En 1906-1907 on en a exporté exactement 12 millions 353.000. I] nous semble qu’il ne serait pas impossible au gouvernement de fixer chaque année, d’après les évaluations approximatives des récoltes, la quantité maxima à exporter par province. Ce ne serait peut-être pas une garantie contre la famine, mais une atténuation prévoyante, et l’on donnerait satisfaction à cette multitude de travailleurs agricoles qui font pousser Île riz et n’en ont pas parfois pour eux.

Les adversaires du gouvernement, à peu près tous habitants des villes, se sont faits, dans le but que l’on verra plus loin, les défenseurs de la population rurale, laquelle, ainsi qu’on le sait, représente le 90 0/0 de la population entière de l’Inde. Ils ont soutenu que l’impôt sur les terres le « land revenue » était exorbitant, qu’on ne s’occupait pas de l'irrigation du sol et que, par contre, le gouvernement provoquait les famines par les exportations injustifiées ; de plus, qu’on négligeait l'instruction publique et la santé des Indiens, tout en augmentant les dépenses.

Avant de discuter ces allégations, véritable réquisitoire abrégé contre les actes officiels du gouvernement, que le swadeshisme a rendu plus inei sif, mais aussi, peu sincère, nous nous permettrons de donner des indications précises empruntées à des sources officielles, sur les services "qui font

vus ls

Rent, l’objet des critiques réitérées d’une réunion de, personnes dont l’assemblée annuelle se dénomme modestement « Congrès national ». Nous ferons connaître ce dernier plus loin, et pour la facilité de notre exposé, nous admettons, dès à présent, l’autorité qu’il n’a pas encore su acquérir.

CHEMINS DE FER. — ÎRRIGATION. — Posres Er Té- LÉGRAPHES. — Forêts, — Rapportons d’abord que 45.000 kilomètres de chemins de fer environ sont ouverts au trafic; 212.000 kilomètres de route bien: entretenues sillonnent l’Inde avec 57.000 milles (1) de lignes télégraphiques comportant 2.100 bureaux, non compris les 45.000 bureaux de postes et boîtes aux lettres pour l’échange annuel de 7 millions de télégrammes et de 254 millions de lettres.

D'autre part, des canaux nombreux assurent l'irrigation. Le canal du Gange supérieur a coûté 90 millions de roupies ; il parcourt 460 milles de longueur et possède des branches ou canaux distribuant l’eau sur une étendue de 4.480 milles et sur une surface de 900.000 acres (2).

Le canal du Gange inférieur coule sur 560 milles de long, a coûté environ 70 millions de roupies et répartit l’eau à 2.500 canaux.

A Madras, les canaux des rivières Godavéri, Kistna, Cauvéry, s'étendent sur 1.720 milles et ar-

(1) Le mille anglais vaut 1.609 mètres.

(2) L'acre vaut 49 ares 46.

St A rosent ? millions et demi d’acres. Ailleurs, d’autres canaux modifient le cours des rivières et contribuent à l'irrigation totale de 13 millions d’acres. Mentionnons aussi les 217.000 milles carrés de forêts appartenant au gouvernement.

INSTRUCTION PUBLIQUE. — L’instruction publique n’est pas moins importante. En 1905-1906, le nombre des écoles était de 160.434, et celui des écoliers de 5.242.040, dont 604.050 filles ; mais le 70 0/0 seulement de ces écoles primaires est à la charge du gouvernement ; les autres sont entretenues grâce à Vinitiative privée. Néanmoins, au recensement de 1901 un garçon sur 10 et une fille sur 144 seulement savaient lire et écrire.

Il existe aussi cinq Universités : Calcutta, Madras, Bombay, Allahabad et Punjab ; de nombreuses écoles spéciales (médecine, ingénieurs, vétérinaires, agriculture, industrielles, ete), ont été créées, ainsi que des collèges renommés. Tous les cours sont bien suivis, quoique l'idéal de tout étudiant indien en général, et en particulier des populations du Bengale, soit un emploi du gouvernement à n'importe quel titre. Aussi, l’enseignement secondaire est très en faveur chez les Hindous. On y compte 500.000 élèves,

Justice. Poricg. — La justice est rendue par 7.000 magistrats, dont le plus grand nombre est recruté parmi les Indiens. En 1902, plus de 2 mil-

lions d’affaires, sur lesquelles un tiers dans le

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Bengale, ont été portées devant les tribunaux ci- vils, et environ 1.750.000 autres ont été déférées aux cours criminelles. Nous passerons sous silence

a les autres, de minime importance. En 1905, envi-

ron 2.869.560 affaires civiles ont sh jugées, et sur 1.767.000 personnes poursuivies devant les tribunaux correctionnels, 862.000 ont été condamnées, dont 459 à mort, 1.822 aux travaux forcés et 157. 740 à l’emprisonnement.

Le nombre des officiers de police du de : 23 844 officiers et 137.668 hommes ; il est un peu plus élevé actuellement. Celui des prisons, en 1905, était de 741 avec 97.282 condamnés plus 14.696 convicts aux îles Andamans.

ARMÉE. — L’armée de l’Inde consiste en 74.170 hommes ou officiers anglais, plus 157.941 environ de troupes indiennes (dont beaucoup de musulmans). À ces chiffres, il y à lieu d’ajouter 34.000 Indiens réservistes et près de 20.000 irréguliers fournis par les Etats natifs. D'autre part, 33.000 Européens ou métis (Eurasians), forment un corps de volontaires. Dans l'artillerie, les officiers et soldats sont Anglais ; aucun Indien n’y est admis depuis la révolte de 1857

La marine militaire comprend quatre bateaux de troupe (troop ships) de 1.500 tonnes, trois steamers de 1.000, et des petites canonnières de port et de rivière. Les flottes anglaises des stations navales du nord de l’Amérique et de l’ouest et de l’est de l’Inde assurent la défense par mer.

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