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caces reconnaissent. Cela explique en partie le mépris du gouvernement britannique pour la civilisation hindoue, lindifférence avec laquelle il la repoussée à larrièreplan, et l’a étouffée pour la remplacer par la civilisation anglaise.
Je ne crois pas exagérer beaucoup en disant que, pour la grande majorité des Anglais qui sont aux Indes, tout ce qui est spécialement hindou est mauvais et doit être changé : coutumes, institutions, vêtements, habitat, nourriture même, rien ne trouve srâce. Systèmes d'éducation, formes de gouvernement, conceptions de la vie modelées par un idéal millénaire comptent pour rien.
Il faut tout remanier sur le système occidental. Il faut enseigner avant tout l’histoire d'Europe, et surtout d'Angleterre; celle de l'Inde passe après. Encore est-elle écrite non par des lettrés hindous qui sympathisent avec leur passé, mais par des Anglais qui la voient et veulent la faire voir au monde sous le jour le plus défavorable.
Dans les bibliothèques des universités, dans les bibhiothèques publiques, partout, la littérature anglaise occupe la première place, celle de l'Inde est reléguée à larrière-plan. La langue même du pays doit céder la place à langlais. L’anglais est partout la langue officielle, celle des grandes écoles, celle des examens.
Les bâtiments publics sont de style européen, comme si l'Inde n’avait pas une des plus magnifiques architectures du monde.
Les Anglais font venir d'Europe tous les
objets à leur usage, s'installent dans leur
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luxe à lFeuropéenne, l’étalent aux yeux du
peuple hindou et l’en excluent. De toutes les manieres, ils lui font sentir son ignorance, son infériorité, son incapacité, le faisant douter de lui, raïllant ses méthodes de traval et ses conceptions, paralysant son activité et son génie, le réduisant à l’état d’un troupeau humain, sans originalité, sans initiative, bon tout au plus à obéir et à imiter au lieu de créer.
Combien de temps encore l’humanité tolérera-t-elle cette humiliation et cette déchéance d’une des plus grandes, des plus géniales nations qui, de l’aveu même d’Anglais éminents (Lord Curzon y compris), a apporté à la civilisation et au progrès des contributions qui ne le cèdent en rien aux plus précieuses ?
La domination britannique aux Indes a pu être comparée à un banyan; l’ombre de cet arbre tue toute végétation. Rien ne pousse au-dessous de lui, si ce n’est ses propres branches qui prennent racine en touchant terre. De même aux Indes, les seules choses qui aïent chance de vivre sont ceiles qui viennent du tout-puissant gouvernement, arbre banyan monstrueux qui s'étend sur toute lInde.
Nous tenons ici la plus sérieuse raison du désir de libération des Hindous. Ils sentent bien qu’il y va de leur vie. Qu’à la seule condition d’être libres, ils pourront se sentir des hommes et non des esclaves, penser leurs propres pensées, suivre leur propre idéal d'existence, cultiver leur propre génie national et racial, développer