‹ L'Inde enchainéeChapitre 164 sur 227 · L.. 4 + Aa · texte numérisé non relu

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vernement le luxe d’un séjour annuel de sept mois à la montagne, qui coûte des millions de livres aux malheureux contribuables; assez d'argent pour des fêtes somptueuses, dignes des empires barbares, destinées à impressionner le peuple par un déploiement inoui de puissance. Sans compter les milliards engloutis dans la construction d’une ville nouvelle, absolument inutile, aux portes de Delhi, New- Delhi, cité magnifique du Gouvernement britannique; si on avait consacré une petite partie de ces sommes fabuleuses au budset de l'instruction publique, on aurait non seulement égalé, mais dépassé les Japonais.

Qui peut croire que l'Inde eut négligé de le faire, si elle avait été libre et sous l’égide de ses chefs dévoués ?

Un fait important, qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que l'éveil de l'Orient au contact de la pensée et de la science moderne s’est manifesté d’abord, non pas au Japon, mais bien aux Indes. La renaissance commença au Bengale, avec Ram Mohun Roy et Ishwar Chandra Vidyasagar, et une importante littérature imprégnée de l'esprit moderne existait un bon demi-siècle avant que le Japon fut sorti de sa retraite. Si cette renaissance n’avait pas été tenue en échec, c’est de là qu’elle se serait répandue, non seulement aux Indes, mais dans toute l'Asie.

Si, à l’heure où le Japon s’éveillait à peine, l'Amérique ou quelque autre puissance l'avait subjugué, désarmé, avait nommé à tous les postes officiels importants

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