‹ L'Inde enchainéeChapitre 197 sur 227 · TT · texte numérisé non relu

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lation oppressive fut maintenu; le Punjab eut à payer au Gouvernement de lourde indemnités pour les frais du « maintien de l’ordre », c’est-à-dire pour le coût des fusillades, des bombardements et des emprisonnements. Evidemment ces troubles étaient regrettables. Mais puisqu'ils s'étaient produits, il fallait bien que le gouvernement les réprimât. Il se pouvait que certains fonctionnaires ou officiers eussent manqué de tact ou se fussent trompés sur des questions de détail, mais dans l’ensemble, il n’y avait lieu de blâmer personne, encore moins de punir. Le cas du général Dyer seul fut quelque peu discuté.

Mais le rapport le loue plus encore qu'il ne le blâme. Enfin, concluait le rapport, le mieux était de faire le silence sur tous ces événements fâcheux.

Le rapport de la Commission du Congrès ne fut pas de cet avis. Il demandait une réparation pour les souffrances du Punjab et la punition des coupables. Finalement, le gouvernement blâäma le général Dyer, non pour avoir tiré sur une foule désarmée et tué des femmes et des enfants, mais pour avoir fait feu sans avis préalable, et pour avoir continué à tirer trop longtemps. Lorsque le cas fut discuté à la Chambre des (Communes, cent onze membres votérent contre le blâme. La Chambre des Lords refusa d’exprimer de la désapprobation sous une forme quelconque. Cependant le sentiment d’indignation contre Dyer était si violent aux [Indes qu'on lui retira son commandement, et

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qu'il fut mis en demi-solde d’abord, puis à la retraite. Les impérialistes et les militaristes de l'Inde, de l'Angleterre et de Empire, en firent un héros du patriotisme. Ses amis et ses admirateurs de Londres lui remirent une épée garnie de pierreries et un don de trente mille livres sterling. Un certain nombre de fonctionnaires et d'officiers subalternes furent informés que « le gouvernement désapprouvait énergiquement leur conduite maladroite et inconvenante » et les déplacait d'office.

Mais le Gouverneur du Punjab, Sir Michael O’Dwyer qui avait soutenu le général Dyer et n’était certes pas moins coupable que lui, ne fut pas inquiété, et le Juge Rowlatt, pere des fameuses ordonnances, reçut du Roi Georges la décoration de « Knight Commander of the Star of India ».

Quelques réflexions s’iImposent.

Pourquoi les événements du Punjab ont-ils été défigurés, masqués, censurés, cachés pendant huit mois au Parlement anglais ? Sans doute parce que le gouvernement britannique des Indes savait bien que de tels faits soulèveraient lindignation de l’opinion publique. Les gouvernements basés sur la tyrannie et l’oppression sont obligés de recourir à l’hypocrisie et au mensonge. Seules, la justice et la liberté permettent la franchise.

Pourquoi les Anglais se sont-ils livrés à une telle orgie de cruauté ? Sont-ils cruels et brutaux par nature ? Non certes. Dans des conditions normales, ils sont aussi justes et aussi bons que les autres hommes civi-

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