‹ L'Inde enchainéeChapitre 200 sur 227 · PL · texte numérisé non relu

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lisés. Mais ils se sont laissé prendre dans un engrenage diabolique. Ils sont complices d’une entreprise collective radicalement inique et qui ne peut se soutenir que par des iniquités individuelles.

Sur qui, en fin de compte, repose la responsabilité de ces crimes contre lhumanité ? En partie sur les individus qui se sont laissé entraîner à les commettre. Mais surtout sur le Gouvernement, et derrière Iui, sur la nation qui retient l'Inde enchaïnée.

Quelles. mesures ont été prises pour éviter le retour des atrocités du Punjab, pour protéger l’Inde contre des hommes comme Dyer ou comme le gouverneur du Punjab, son complice ? Jusqu'à présent, aucune.

L'Inde peut-elle reposer en paix avec cette épée de Damoclès suspendue au-dessus d’elle ? |

Enfin, même pour rétablir l’ordre, même

pour empêcher une révolution, même pour

« sauver l'Inde » (c’est-à-dire la supréma-

tie des Anglais aux Indes), une répression

draconienne était-elle nécessaire ? Les fonctionnaires du Punjab lont affirmé. Mais on peut leur répondre deux choses:

1. La Commission Hunter elle-même a affirmé que « rien n’indique que les troubles du Punjab aient fait partie d’une conspiration contre le Gouvernement ».

2. Si cette conspiration avait existé, si les Hindous avaient vraiment résolu de ren-

verser un gouvernement honni, si la seule

chance de salut de ce gouvernement était la terreur et le massacre, c’est la meilleure

preuve que la Grande-Bretagne fait fausse.

route en s’obstinant à garder l'Inde, et qu’elle n’y doit plus rester que le temps nécessaire à l’organisation d’un gouvernement hindou responsable et au transfert des pouvoirs (1).

(1) Dans l'édition américaine, deux suppléments suivent ce chapitre, l’un donnant le texte « des Rowlatt Acts », l’autre exposant l’attitude de Tagore et de Gandhi au sujet des troubles du Punjab.

Tagore, favorable jusqu'alors au gouvernement anglais, le désavoua et rendit son titre de Chevalier (Knight).

Gandhi, qui avait encore foi dans les promesses de la Grande-Bretagne, perdit tout espoir et lança son mouvement de non-coopération. N. du T.

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