‹ L'Inde enchainéeChapitre 209 sur 227 · D} A TR · texte numérisé non relu

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tendue « préparation » des Jeunes communautés à la liberté. En réalité, chaque année, chaque mois qu’une nation passe sous un gouvernement despotique, la rend moins capable de posséder des institutions libres. C’est la liberté seule qui rend les hommes aptes à la liberté. »

Le professeur américain Frédérick Starr, dont le jugement sur les races et la politique de l'Orient fait autorité, écrit : « Un gouvernement adapté au développement économique d’un peuple et travaillant de l'intérieur vaut mieux qu’un gouvernement, si parfait soit-il, imposé de lextérieur.

L'Amérique fait beaucoup plus pour les Philippines que l'Angleterre pour lInde; néanmoins, à mon avis, chaque Jour que nous passons dans ces îles rend leurs habitants moins capables d'autonomie. Ils ont toujours été mieux qualifiés que quiconque pour se gouverner. Le mieux que puisse faire pour eux l'Amérique, c’est de leur donner l'indépendance immédiatement, »

Le grand historien américain Charles Francis Adams, parlant devant l'American Historical Association a dit: « … Il n’y a pas d'exemple dans l’histoire qu'une race ou une communauté tenue pour inférieure ait atteint un niveau plus élevé, ou ait été instruite dans l’art politique par le vasselage ou la tutelle. Une communauté dépendante, même si elle l’est d’une autre de même race et de même sang, s’affaiblit et régresse toujours. Il ne manque pas d'exemples qui en font foi. » Et Mr. Adams donne ici celui de l'Inde, en montrant que

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depuis les exactions de la Compagnie des Indes, la domination britannique n’a pas amélioré la capacité politique des Hindous, bien au contraire.

La méthode expérimentale, devenue celle de toutes les sciences, s'applique aussi à l’art de gouverner. La liberté seule donne à un peuple le sens de ses responsabilités et l’intelligence et la force d’y faire face.

Aucun penseur, aucun historien, aucun homme d'Etat ne peut soutenir sincérement qu'en retenant l’Inde enchaïînée, l’Angleterre lui apprend l'usage de la liberte. Les leaders hindous considèrent cette prétention non seulement comme une bouffonnerie, mais comme une insulte. Si l'Inde est moins apte à se gouverner qu’elle ne la été pendant des millénaires, c’est par la faute de l'Angleterre qui lui tient perpétuellement le couteau sur la gorge. Que l’Angleterre s’en aille, afin que l'Inde guérisse d’abord de ses plaies; quand elle aura refait ses finances, ouvert des écoles (4), pratiqué la conduite des affaires, oublié son esclavage de presque deux siècles et l’avilissement qui en découle, elle relèvera la tête et reprendra sa place parmi les grandes nations.

(1) On a vu plus haut qu’il y a 90 % d’illettrés aux Indes. Maïs est-ce une raison pour que l’Angleterre continue à gouverner? D'une part, cela n’améliore nullement la situation puisque, on l’a vu, elle est due à la négligence du gouvernement. De l'autre, si la masse est ignorante, il y a parmi les vingt-cinq à trente millions d'hommes qui savent lire, une élite où l’Inde peut se trouver autant de chefs et d’administrateurs qu’il lui en faut.

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