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siècle dernier, elle a fourni deux milliards et quart de francs-or, pour soutenir des guerres de conquête, tendant uniquement à l'expansion de la puissance britannique.
Pendant la guerre de 1914-18, elle a donné 1.401.350 hommes (chiffres officiels), et payé deux milliards et demi de francs-or qu’on a annoncés au monde comme un « don », mais qui furent arrachés par la force à son affreuse misère. Sans compter une somme au moins égale, levée sous des formes diverses Combien de saignées pareilles l'Inde peut-elle subir sans périr?
L’Angleterre prétend que l'Inde ne lui paie pas « tribut ». Légalement, c’est exact; mais pratiquement, l'argent de l'Inde passe en Angleterre de bien des manières : les salaires et les pensions des fonctionnaires sont, en grande partie, dépensés « at home »:; les intérêts des capitaux investis aux Indes sont payés en Angleterre; des profits de toute espèce, tirés de lInde, y sont capitalisés. Depuis que la Compagnie des Indes Orientales a débarqué là-bas, 1l y a trois cents ans, un fleuve d’or a coulé des Indes en Angleterre.
R. C. Dutt, auteur de Economic History of India qui fait autorité partout, écrit :
« Une somme qu’on évalue à vingt millions de livre sterling — et certains spécialistes donnent un chiffre plus élevé — passe chaque année des Indes à l'Angleterre, sans que l'Inde en reçoive l’équivalent direct.
Considérez que cette somme représente la 5 moitié du revenu net de l'Inde. Songez-y bien : la moitié des impôts que l’Inde paie
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Hi sort du pays et n’est plus d'aucune utilité
; à ceux qui les ont payés. Aucun pays au >, a monde ne pourrait subir cette saignée | à annuelle, sans souffrir d’une misère crois- À à sante et de famines répétées. » Nous accu- .: E sons Rome d’avoir draïiné les richesses des ne 4 Gaules, de l'Egypte, de la Sicile et de l’Asie- h Ê Mineure; l'E spagne de s'être gorgée de l'or k L du Nouveau Monde; la Hollande, d’avoir :
4: exploite la Malaisie. L’Angleterre fait de : La même aux Indes. =
L Maïs la misère de lInde, si terrible
| qu’elle soit, n’est qu’une partie du mal que 4 lui fait l'Angleterre. La plus grande injus- + tice qu’elle ait subie, c’est la perte de sa = ; liberté, son absolue sujétion, impossibilité ; + où on l’a mise d’orienter son propre destin.
| 4 Elle ne manque pourtant pas d'hommes EL qui en soient capables, d'hommes qui sont E les égaux de leurs maîtres anglaïs par leur
science, leur compétence, leur intégrité. En exerçant sur eux une tyrannie de la pire espèce, les Anglais agissent contre toute Justice, contre les principes dont ils se targuent et contre leur propre intérêt Ils pratiquent une politique à courte vue, 4 celle qui leur a coûté l'Amérique, qui a failli R 7 leur coûter le Canada, et qui, s'ils s’y - obstinent, leur coûtera l’Inde infailliblement.
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