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leur fournissent richesse et prestige, comme à l'Angleterre.
L'Amérique même a été touchée. C'est à la suite de la Grande-Bretagne qu’elle est entrée dans la carrière et qu’elle s’en est allée occuper les Philippines. Ceux d'entre nous qui ont assisté aux discussions suscitées par cet événement savent bien que exemple de la Brande-Bretagne et des Indes était l’'argument-massue des partisans de la conquête. Bien plus, on parlait dans certains milieux de « s'approprier une bonne tranche de la Chine », en évoquant l'exemple de l’Europe, et surtout de l'Angleterre, en Asie. Il y a tout lieu de croire que ce projet eût été mis à exécution sans la courageuse et inflexible opposition de John Hay, alors Secrétaire d'Etat.
Bien des Américains s'inquiètent de voir se multiplier chez eux des signes d’impérialisme, signes insidieux, mais d'autant plus menacants. On doute de la démocratie, on se demande si un gouvernement plus ferme et plus aristocratique n’est pas préférable. On regarde avec intérêt, parfois avec faveur, naître les dictatures en Europe. On cède davantage au snobisme du blason et des ancêtres: on croit de plus en plus à la supériorité de la race blanche; on parle de s’allier avec PAngleterre contre le « péril jaune » et le « péril brun », et même de dominer avec elle l'Asie et, si possible, le monde. Eh bien! cet esprit aristocratique et arrogant (qui, presque partout, s’allie au militarisme et au capitalisme outranciers), ceux qui le dénoncent pensent qu'il nous
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