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qui était Ja: traditionnelle.
Déjà en 1908 Mr. Joshua re eld appelait l'attention labime LS )yait se .., entr! lais <t nd
« AU le l’anci Indes, La ominatior tait et Ètre plus rude. Mais du moins les Nababs s’installaien bas, s’y mariaient, naient des seigneurs ] leur patrie et ils s’attachaïe mais aujourd’hui, les Anglais 50 étrangère et nomade. Leur Angleterre, leur cœur est en pt Ils ne dépendent de l'Inde que pour s'amuser et toucher leurs appointements| Aussi Îles fonctionnaires anglais sont-ils autocra tiques sans être clairvoyants, hautains sans être judicieux, autoritaires avant d’ cree ir de l'expérience, et ne prennent nulle peine
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pour cacher qu'ils sont aur | ndes sans en être et que les Hindous leur sont inférieurs socialement, intellectuellement et moralement.
Le grand écrivain H. G. Wells déclare :
« Hi n’est rien de pire au monde que le préjugé de race. Il abrite et excuse plus de
Acheté, de laideur, de cruauté qu'aucune
autre erreur humaine. »
fn CN nf LC AP 1° £ x PS : 2 11 \ + Les maîtres de l’Inde n’ont-ils pas la
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le souvenir de leurs insolences et de leurs injustices ? N’entendent-ils jamais en rêve un Hindou leur dire, se servant des paroles
vengeresses du Juif Shylock : Un Hindou,
« n'a-t-il pas des yeux ? N’a-t-il pas des mains ? des organes, des dimensions, des
sens, des affections, des passions ? nourri de la même nourriture, blessé par les mêmes armes, sujet aux mêmes maladies, guéri par les mêmes moyens, réchauffé ou refroidi par le même été, par le même hiver » qu'un Anglais ? « 51 vous nous piquez, ne saignons-nous pas ! Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ? Si vous nous empoisonnez, ne MOouUrOons-NOUS Pas ?
Si vous nous faites du mal, ne nous vengerons-nOous pas? »
Heureusement, les trois cent vingt muillions d’Hindous ne se sont pas vengés. Mats s’en priveront-ils toujours ?
Comment s’explique cette dégénérescence morale, cet esprit d’arrogance, de tyrannie, de mépris des droits d'autrui, si répandus aujourd’hui parmi les Anglais des Indes ?
Sont-ils foncièrement tyranniques, cruels et
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injustes ? Non. Chez eux, et dans ues conditions normales, ils détestent la tyrannie, la cruauté, l'injustice. La cause profonde qui devait inévitablement produire ce désastreux effet, c’est le crime national qui est à la base de l'occupation de l'Inde : le vol de
la liberté d’un peuple, le maintien de ce
peuple en sujétion par la force. Les hommes qui aujourd'hui souscrivent à ce crime et le perpétuent en sont souillés intellectuellement et moralement. Toute participation habituelle à une mauvaise action dégrade l'homme.
Rien de plus vrai que ces paroles du sénateur américain Borah : « Prenez les gens les plus débonnaires du monde, et donnezleur la tâche d’en tenir d’autres en sujétion par la force. Ils deviennent des brutes. »
La situation aux Indes n’est pas essentiellement différente de ce qu'était celle de l'Amérique, dans les Etats du Sud, au temps de l'esclavage. Beaucoup de propriétaires d'esclaves étaient par tempérament des hommes justes et bons. Mais Pinstitution immorale sanctionnée par la tradition et dont ils tiraient d'immenses profits les aveuglait, faussait leur Jugement, desséchait leur conscience et les faisait, en dépit de leur véritable nature, perpétrer les pires injustices et les pires cruautés.
Beaucoup d’Anglais, soit en Angleterre, soit aux Indes, se rendent compte que cet esprit d’arrogance et de tyrannie est un mal à la fois pour ceux qui s’y laissent aller et deviennent grossiers et brutaux, et pour ceux qui le subissent.
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Ils ont jeté l’alarme à la fois au nom de la morale, au nom du mal que cause à l’Angleterre la déchéance de ses fils et au nom de la domination anglaise elle-même menacée par le développement de cette tendance.
Il y a bien des années déjà le Marquis de Salisbury, s'adressant à de jeunes Anglais sur le point de partir pour les Indes comme administrateurs les mettaient en garde avec insistance contre l’arrogance « ‘le seul ennemi que l'Angleterre ait à craindre ».
En cédant à ce défaut, dit-il, « vous porteriez un coup mortel à l’avenir de notre puissance aux Indes ». (1)
(1) Sous la rubrique « supplément », l’auteur ajoute ici quelques considérations sur l'esprit d’arrogance et le préjugé racial manifestés dans les autres Dominions et colonies britanniques. IL cite le cas d’une Américaine bien connue. Mrs Carrie Chapman Catt, qui se trouvait en Afrique du Nord vers 1911; désireuse de rencontrer Gandhi, alors avocat à Johannesburg, elle lui donna rendez-vous à son hôtel. Mais l'entrée en était interdite aux « gens de couleur ». Elle le pria alors de venir chez un avocat de sa connaissance dont le concierge refusa d’actionner l'ascenseur pour < un noir ».
L'auteur rappelle ensuite les règlements iniques qui interdisent- aux Hindous établis au Transvaal de posséder la terre; d'envoyer leurs enfants à l’école au delà des classes élémentaires; d’entrer dans les bibliothèques, les théâtres, les hôtels. Ces faits ont eu leur retentissement aux Indes et ont contribué à l’exaspération croissante et à la naissance d’un parti de l’indépendance absolue (Swaraj), car bien des Hindous se demandent si même un statut de dominion fera cesser l’ostracisme dont leur race est frappée, non seulement aux Indes, maïs dans toute l’étendue de l’Empire dans le cadre duquel
on cherche à les garder. N. du T.
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