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la tête et commencent à oser regarder en face leur maître étranger et lui dire ce qu’ils pensent de $on arrogance, de ses prétentions et de la facon dont il leur dénie toute capacité à administrer leurs propres
affaires.
Même si les Hindous étaient des Barbares ou des demi-civilisés, l'attitude des Anglais serait cruelle et immorale, mais lorsqu'il s’agit d’un peuple civilisé, elle est impardonnable et insupportable. À elle seule elle condamne la domination britannique.
En conclusion je veux redire — afin d'éviter tout malentendu, ce que j'ai déjà dit au cours de ce chapitre et du précédent:
cet esprit d’arrogance, ces injustices, ces injures gratuites ne sont pas le fait de tous les Anglais. Il y a, aux Indes, des fonctionnaires britanniques et des hommes d’affaires qui sont restés les « gentlemen » qu’ils étaient à leur arrivée. Ceux-là continuent à traiter les Hindous aussi poliment et équitablement que le permettent les conditions politiques, c’est-à-dire le contact de maîtres étrangers et d'un peuple qui ne peut que se soumettre et obéir. Mais ceux qui résistent ainsi à l'influence démoralisante d’un pouvoir sans limite et à l'ivresse de la force sont l’exception. La plupart des Anglais fonctionnaires ou hommes d’affaires (ceux-ci suivant l'exemple de ceux-là) acquiérent plus ou moins vite la mentalité de négriers que je viens de décrire. C’est une des rançons que paie l’Angleterre pour la possession d’un Empire en partie libre, en partie esclave.
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