Les rats palmistes
DANS l'iNDE des GRANDES PALMES 179
ments de i'Inde et tous les arbres, se poursuivent et jouent sur les saintes pierres. Recueillement et silence. Il n'y aurait pour ra'inquiéter que ces pyramides de dieux, leur tourmente figée, qui monte au-dessus de ma tête, trop bizarrement et trop haut pour mes notions européennes sur les choses bâties ; mais leur calme est infini.
Une heure s'est écoulée, à l'ombre, au repos, dans ce steppe un peu aérien. Et mon guide et le brahme se sont endormis, étendus à même les dalles tièdes...
Sans doute, j'ai quelque hallucination, ou le vertige!... Une des tours, là-bas... vient d'osciller... Et voici qu'elle marche I...
Stupeur d'une seconde, le temps de jeter un regard plus direct, et de comprendre : ah I c'est la tour imitée sur ie char, c'est la procession qui continue de se traîner, le long de la face du temple la plus éloignée de moi ; d'où je suis, les câbles péniblement tendus, la fonln excitée, les éléphants, le cortège, tout se dissimule comme dans une fosse; je ne puis voir que ce simulacre d'édifice, couronnant le trône où le dieu invisible est assis. On n'entend d'ailleurs ni les cris ni les musiques. Et c'est la dernière image que me laisse le char de Vichnou, celle d'une tour qui a l'air de se mouvoir d'elle-même, au bord des terrasses, en silence, seule dans une solitude de pierres.