‹ L'Inde sous la domination anglaise;Chapitre 78 sur 101 · LIV. m, — BÈFOftMKS «OGIALCS ET POLITIQUES · texte numérisé non relu

LIV. m, — BÈFOftMKS «OGIALCS ET POLITIQUES

présentent so«s <les formes dilférefttés un syslènae d'administration , d'organisation judiciaire, de ju^tioe, vaste et complet. En Angleterre, où Tadministration , moins systématique^ a pour principe de fàirô la part ia plus large aux efforts individuels, on n'en voit pas moitisi dans le comté : le lieutenant, le juge de paix, le ^ériff, etc., qui représentent à divers titres rautortté centrale. Divers fonctionnaires les assistent; des assemblées de différents degrés sont tenues réciproquement à des époques fixées d'avance, où se traitent les affaires et les intérêts du moment. A côté (Je cda se trouve l'ardmînistration de la justice, ayant sa sphère d*action propre. Enfin, en Allemagne, en Angleterre, aussi i>ien qu'en France , tout cela repose sur un vaste syStèmç d'administration municipale; d'ailleurs nous ne reproduirons pas ces formules pi us ou moins complètes, plus ou moins développées , plus ou moins symétriques, mais les mêmes au f(Hid.

La Ëiiblesse matériello du gouvernement indou-britannique, ou plutôt sa parfaite insuffisance pour ia tâche qu'il est appelé à remplir, ressort donc avec la dernière évidence de tout ce qui précède.

Elle s'explique du reste par les origines mêmes de ce gouvernement, le but qui lui fut imposé* Les quatre coUecieurs nommés en 1772, portés ensuite successivement j usqu'au nombre de quarante-neuf, étaient la seule partie essentielle de ce gouvernement. Les autres fonctionnaires, également en petit nombre, n'étaient sous quelques rapports qu'autant d acyoints des collecteurs, en ce sens du moins que leur établissement n'avait d'autre but que de faciliter à ces derniers l'accomplissement de leurs propres fonctions.

Le petit nombre de ces fonclîoiuiaires, en dçg^ii de

^7â l'INDC 90V9 LA DOMWATION AXGLAfSfe.

la dispai lié réelle qui en résultait par rnpport au but qu'ils doivent atteindre, s'explique encore par les con» sidérations mêmes qui avaient présidé à leur établissement. Us étaient en pelitnombre par une double raison: d'abord celle de rendre le gouvernement moins coûteux , ensuite afinque chacun d'eux pût être payéplusmagniflquement. Leur autorité devait être immense, puisqu'elle constituait le seul moyen qu'eut la Compagnie de tirer le plus d'or et le plus d'argent possible de €es pays dont elle devenait tout à coup souveraine. D'un autre côté les indigènes se trouvèrent nécessairement, inévitablement éloignés de toutes les fonctions administratives quelque peu rétribuées, le salairequ'il aurait fallu leur payer étant considéré comme autant de pris sur les revenus de la Compagnie. A peine quelques uns furent-ils encore tolérés dans les fonctions les moins importantes, les plus obscures, surtout les moins rétribuées. En un mot un seul intérêt a été considéré dans l'établissement de ce singulier gouvernement, celui de la Compagnie. Ce!ui des indigènes fut sacrifié , et, chose plus étrange encore, absolument oublié , et de la meilleure foi du monde. Pour la première fois depuis que le monde existe, on vit une population de cent millions d'hommes gouvernés, administrés, jugés, dans le seul intérêt de quelques centaines de marchands habitant à trois mille lieues.

Le gouvernement de l'Inde ne sort donc pas du sol, des entrailles du pays qu'il est appelé à régir. Il y est descendu de la cité de Londres tout fait pour ainsi dire, cherchant au hasard quelques points d'appui, quelques étais sur lesquels il pût porter; demeurant en quelque sorte en l'air, dans sa plus grande partie, situation où il se trouve encore aujourd'hui.

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