‹ L'indiscret, comédie en cinq actes et en versChapitre 14 sur 84 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

DOLANGE, LE VICOMTE.

DOLANGE.

Eh quoi ! vous en ces lieux , Soligny ? par ma foi , le hasard est heureux.

Embrassons-nous d'abord.

DOLANGE.

Quelle si grande affaire Vous mène avec le jour, vicomte, au ministère?

Au lever d'un ministre on ne vous vit jamais.

LE VICOMTE

On m'y verra souvent., j'espère, désormais. Le duc est mon parent.

nOLÀNGE.

Ma joie en est bien vive.

( à part.) Ce n'est qu'à ces gens-là qu'un tel bonheur arrive.

( lui prenant la main, ) Nul ne méritait mieux cette faveur que toi !

LE VICOMTE

Je connais, chevalier, ton amitié pour moi; Et si , par mon crédit, je pouvais t'être utile...

dolange., à part.

Un sot peut quelquefois servir un homme habile.

LE VICOMTE

Mais lu n'as pas encor le cœur ambitieux ; Les intrigues d'amour te plaisent beaucoup mieux ,. Et je te vois, rampant dans la route commune, Préférer aux honneurs une bonne fortune ; Auprès de la beauté tu fus toujours heureux.

DOLANGE.

D'accord; mais je suis las, mon cher, d'être amoureux.

L'amour est maintenant d'une monotonie !...

C'est toujours, entre nous, même cérémonie.

On se cherche, on se trouve; et, sermens superflus !

Souvent un mois après on ne se connaît plus.

Des amans d'aujourd'hui voilà toute l'histoire :

Ils ne savent pas même avoir de la mémoire h

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