DOLANGE, CÉLÉNIE, LE VICOMTE
célénie, a la cantonnade avec gaîté.
Oui; monsieur le ministre, à toute heure affairé., Ne travaillez pas trop , ou je vous gronderai. Qu'un père homme d'état est froid pour sa famille ! Il n'a jamais le temps de sourire à sa fillç.
( voyant le vicomte. ) Bonjour, monsieur Dolange; ah! monsieur., vous voilà •' Qui pouvait espérer de vous rencontrei-là ? Votre sœur vous attend avec impatience....
( à part. ) Et moi... C'est singulier, je n'ai plus d'éloquence.
dolange, galamment.
Vous charmez, tous les jours, par de nouveaux appas.
CÉLÉNIE
Tout le monde le dit, mais je ne le crois pas.
^ au vicomte. ) Pourquoi donc si long-temps vous être fait attendre? Le ministre, monsieur, veut vous voir, vous entendre; Vous êtes près de lui très-bien recommandé ; Et déjà plusieurs fois il vous a demandé. Chacun, depuis dix jours, vous désire à la ronde. JNeversestdonc^, monsieur, à l'autre bout du monde?
le vicomte.
Ah! quel est le mortel qui ne serait jaloux Pe franchir l'univers pour venir près de vous?
Mais de ce long retard la cause est respectable : Le comte de Lorris, mon ami véritable, Cache, dans son château gothique et retiré, Un revers moins cuisant quand il est ignoré j Et j'ai couru mêler à ses peines secrètes , Mes consolations et mes larmes discrètes.
céléivie, riant.
Oh ! nous savons, monsieur, que vous avez bon cœur.
DOLANGE.
L'aimable Célénie unit à la candeur Ce malin enjoûment...
célénie , fâchée.
Moi, monsieur, je suis bonnet Et je ne ris jamais aux dépens de personne.
( au vicomte , avec entraînement. ) Vous voilà donc enfin ! si vous pouviez savoir Quel plaisir nous avons , monsieur., à vous revoir! Au château d'Erlonval, et dans cette demeure, Depuis l'été dernier^ chaque jour, à toute heure, On paide tant de vous, on en dit tant de bien, Que mon père (et pourtant il ne dit presque rien, Depuis qu'il est ministre) , avec un doux sourire, L'autre jour en passant, ici daigna nous dire : « Mais c'est donc un phénix que mon jeune parent! » Si le sort l'a doué d'un mérite aussi grand, » Je le seconderai de toute ma puissance. » — Monseigneur peut compter sur ma reconnaissance! Répondis-je aussitôt; et je ne sais pourquoi Ce mot les fit tous rire, ou de vous ou de moi... J'en rougis quand j'y songe !... Il faut queje vous quitte; À mon père, au ministre J, allez rendre visite :