ACTE III, SCÈNE VI. 5i
Ma sœur vous est connue ?
le baron, riant.
A ne rien déguiser, ( à part. ) Je Rendons-lui la peur qu'il vient de me causer.
Monsieur, expliquez-vous?
le baron, goguenardant.
La baronne a des charmes Auxquels , en la voyant , mon cœur rendit les armes.
LE VICOMTE
Vous oseriez l'aimer?
le baron , même jeu.
J'ai cette audace-la.
LE VICOMTE
Monsieur !
le baron , a part.
Je ris vraiment du trouble où le voilà.
LE VICOMTE
Vous aimeriez ma sœur ?
LE BARON
Je l'aime , et pour la vie !
LE VICOMTE
( a part. ) /
Cet homme , assurément , est atteint de folie.
( haut. ) Et sans doute ma soeur a payé cet amour Du plus profond dédain?
5a L'INDISCRET,
Malheureux !
LE BARON
Du plus tendre retour !
LE VICOMTE
le baron, à part.
Il s'emporte, et déjà m'apostrophe.
Je l'ai jugé d'abord, il n'est pas philosophe.
le vicomte, furieux.
J'ignore quel dessein vous porte à me tenir Un discours insensé, que je ne puis souffrir. Qui se laisse outrager, a mérité l'outrage; Et monsieur veut sans doute essayer mon courage. J'y consens : je vous tiens pour calomniateur !
LE BARON
( à part. ) . ( haut. ) C'est charmant!. Je pourrais vous prouver monbonheur..
LE VICOMTE
Hé bien , si la baronne à vos vœux fut propice, C'est l'indiscret en vous, qu'il faut que je punisse: Afin que vous sachiez qu'en affaires du cœur, L'indiscret est encor plus vil que le menteur !
LE BARON
Monsieur, un tel courroux a mes yeux vous honore; Mais puisque je l'ai dit , je le répète encore : Votre sœur a pour moi les plus douces bontés ; L'amour nous a comblés de ses félicités, Et toujours tendre amant....
le vicomte , emporté par la colère.
Vous mentez, téméraire î Ma sœur n'a jamais eu d'autre amant que Volmère.