‹ L'indiscret; comédie en trois actesChapitre 16 sur 41 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Les Mêmes, plus FRANÇOISE, HENRIETTE, MADAME BAIGE.

Elles parlent toutes ensemble.

FRANÇOISE

Elle est trop bonne !

MADAME BAIGE

C'est vrai!

HENRIETTE

Je le disais à maman tout à Tlieure !

MARIVON

Qu'y a-t-il donc?

Il y a, ({ue mademoiselle Laure vient de nous raconter des choses invraisemblables : Charles a une maîtresse, il la voyait en Ita-

lie. Elle est revenue avec lui. J'ai bien senti qu'il y avait quelque chose en entrant ici... La maison semble abandonnée! Pauvre Thérèse, si elle n'en profite pas pour divorcer, f Tout le monde se tourne vers Rivolet, qui sourit nerveusement. )

HENRIETTE

Monsieur Rivolet sourit! (a Rivoiet.) Pourquoi souriez-vous? ^

RIVOf^ET, au comble de l'embarras..

Mais je ne souris pas, je vous assure.

FRANÇOISE

Il n'y a vraiment pas de quoi!

HENRIETTE

Non.

MADAME BAIGE

H est tout de même bien trisle de penser

qu'une femme est ainsi dans la vie, toute seule.

RIVOLET, protestant, comme malgré lui.

Oh !... (oaie regarde.) Ellc a des ainis.

FRANÇOISE

Oh ! les amis !

RIVOLET

Oui.

MARIVON

Mais oui, mais oui. (ll lul fuU un petit signe. Un temps. Une gène. )

MADAME BAIGE, à Henriette, comme pour prendre congé.

Henriette î mon enfant.

RIVOLET, à pirt.

Enfin !

MADAME BAIGE, prenant congé.

Au revoir, chère madame, (aux uns et au litres.) Au revoir, au revoir.

FARIZET

Je Die retire aussi.

HENRIETTE

Voulez-vous que nous vous emmenions ?

TOUS... On entend:

Au revoir, cher Monsieur... nos meilleures amitiés à madame Valantin... Amitiés à Thérèse... Mes respects à madame Valantin.

(a peine sont-ils sortis que Rivolet s approclie de Marivon qui le regarde en hochant la fête.)

RIVOLET

Qu'avez- VOUS ? A quoi songez-vous ?

MARIVON

Je songe !... Au nombre de personnes qui n'ont plus rien à apprendre sur Thérèse et sur vous... par votre faute.

RIVOLET

Par ma faute!!

MARIVON

Et seulement depuis cinq minutes.

RIVOLET

Comment !

MARIVON

Je suis au courant ! Je gagerais que le jeune Farizet est au courant. Vous êtes, avec mademoiselle Baige, sur un tel pied de camaraderie qu'il n'est pas permis de croire qu'elle ne soupçonne point vos amours !... Ça fait bien trois ! . . . ou quatre !.. . Il ne reste plus que ma femme à instruire. Ce sera pour une autre fois...

Non !... Mais que voulez-vous, je suis

agacé, inquiet. Vous m'avouerez qu'il est

cruel pour moi d'apprendre par les autres,

ce que je devrais connaître le premier. Je

ne sais rien de ce voyage en Italie avec Morgan, bon, ceci n'a pas une grande importance. Mais son mari^ la conduite de son mari m'intéresse, nous intéresse. Vous comprenez pour quel motif! Si madame Valantin venait à être libre ! ... Ah ! pourquoi ne m'at-elle rien écrit! Pourquoi? Il y a quelque chose... je le sens, je le sens !...

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