SCÈNE VII
Les Mêmes, plus HENRIETTE HENRIETTE
C'est moi. Bonjour... Bonjour!... ? a Morgan.) Bonjour!...
MORGAN
Bonjour, mademoiselle î
THÉRÈSE
Je ne vous attendais pas sitôt.
HENRIETTE
J'étais avec maman, chez les Robune, à côté, et je m'ennuyais!... Alors j'ai profité de la voiture qui allait chercher Robu-ne... Maman viendra sans doute me prendre tout à rheure.
THÉRÈSE
Ah ! c'est ça !
HENRIETTE
Je ne pensais pas avoir le plaisir de rencontrer monsieur Morgan, (a Morgan.) Il y a longtemps que vous êtes revenu d'Italie?...
MORGAN
Avant-hier.
HENRIETTE
Justement, chez les Robune, on parlait de vous.
MORGAN
Vraiment. (Ils causent tout bas.)
THÉRÈSE, énervée, l'appell
Monsieur Morgan ?
MORGAN
Madame ?
THÉRÈSE
Voulez-vous un sandwich?... Voulez-vous boire?... Allons dans le petit salon... On étouffe ici.
MORGAN
Bien!
HENRIETTE Allons ! (Elle les suit.)
LOUISE, allant pour les suivre.
Oui. (Au moment où ils vont sortir, Rivolet isoté dans un grand fauteuil appelle madame Ovize. Durant la scène précédente, son silence fut comme une accusation.)
RI VOLET
Madame, venez donc... Restez un peu auprès de moij venez (souriant.), venez... laissez-les. Ils vont prendre le thé. Eh hien, vous ne vous êtes pas expliquée avec M. Morgan... non ?... Il est accaparé par mademoiselle Baige et par madame Yalantin. Tout à l'heure, vous aurez votre revanche, n'est-ce
pas? (Louise ne répond rien.) VoUS êtCS tOUJOUrS fà-
chée ? Vous m'en voulez encore !
LOUISE
Je vous prie de me laisser.
RIVOLET, étonné.
Gomment !...
LOUISE
Je vous prie de me laisser, de ne plus me parler...
RIVOLET
Ah!... ça... c'est admirahle! Vous m'en
voulez?... C'est à moi que vous en voulez. Pourquoi? parce que je vous ai mise en garde. 31ais, sans moi, vous ne sauriez rien... Voyons, vous ne réfléchissez pas... nous avons tout intérêt à rester bons amis.
LOUISE
Je n'ai besoin de personne.
RIVOLET
Vous êtes bien fîèrel Vous étiez moins fière tout à Fheure devant Thérèse^ lorsque vous rimploriez.
LOUISE
Je ne limplorais pas, ou si j'implorais, c'est que j'ai cédé à un moment de trouble, de folie... mais, heureusement, je me suis reprise à temps. J'ai toute confiance en Thérèse... Je crois ce qu'elle m'a dit.
RIVOLET
Vraiment?...
LOUISE
Et je la plains...
RÏVOLET
Vous la plaignez?
LOUISE
Oui, d'avoir à subir de semblables procédés de la part d'un homme qu'elle aime î...
RI VOLET
Qu'elle aime !... Alors, vous me donnez tort?...
LOUISE
Oui...
RIVOLET
Et... VOUS prenez parti pour elle contre moi... Cela changera peut-être!
LOUISE
Je ne crois pas.
HENRIETTE, paraissant à la porte de la seconde pièce.
Voulez-vous du thé, chère madame ?
LOUISE Merci . . . oui ! . . . (Elle se dirige vers le second salon.)
RIVOLET, à Henriette, au moment où elle disparaît.
Mademoiselle^ mademoiselle!... vous ne venez pas un peu auprès de moi?...
HENRIETTE
Vous êtes fou î
RIVOLET
Alors, voulez- vous prier madame Valantin de venir un instant? J'ai un secret de la plus haute portée à lui confier. . . sans plaisanterie .
Ah î la voici ! (Thérèse sort du salon avec Morgan.)
MORGAN
Voulez-vous m'autoriser, madame, à prendre congé de vous?
162 LLVDISCRET
THERESE
Déjà?...
MORGAN
Si VOUS le permettez, je reviendrai plutôt. . .
(^On n'eatend pas la fin do la phrase. Rivolet se lève.J
Moi, je vais te quitter aussi.
HENRIETTE, vivement.
Où allez-vous, madame?
LOUISE, surprise.
' Mais...
MORGAN, preuant congé.
Madame... Mademoiselle... Monsieur... (a Louise.) Madame...
LOUISE, drs ((u'cIIr est partie, vivement à Thérèse.
Je te quitte !
HENRIETTE, ù Louise.
Vous allez peut-être chez les Robune?...
LOUISE, sans savoir ce qu'elle dit.
Non!...
HENRIETTE, l'empèchanf presque de sortir.
C'est ennuyeux... Vous pourriez mV laisser en passant !... Maman ne revient pas, nous irions à sa rencontre...
LOUISE
Tant pis!... (a. Thérèse.) Je te quitte...
HENRIETTE
Vous n'êtes pas gentille... (On entend le bruit de la porte cochère.)
Adieu !
RIVOLET, la voix coupée.
Voilà M. Morgan qui part en voiture.
THÉRÈSE, donnant la m:iia à Louise.
Adieu !
HENRIETTE, à Louise.
Alors, décidément, nous n'allons pas ensemble chez les Robune?...
LOUISE, après un petit silence, comme lasse. Si VOUS voulez... (EUes se dirigent vers la porto.)
THÉRÈSE, à Louise.
Au revoir, Louise.
LOUISE, fermement.
Adieu !
THERESE, insistant.
Au revoir...
LOUISE, après un petit silence, très l)a« Au revoir. (EUes sortent.)