DOLA.NGE
Eh quoi î vous en ces lieux , Soligny ? par ma foi, le hasard est heuregx.
LE VICOMTE
Emhrassons-nons d'abord.
DOLAKGE.
Quelle si grande affaiie Vous mène avec le jour, vicomte > au ministère '
Au lever d'un ministre on ne vous vit jamais.
LE VICOMTE
On m'y veiTa souvent, j'espère, désormais. Le duc est mon parent.
dolakge.
Ma joie en est bien vive.
( à part. ) Ce n'est qu'à ces gens-là qu'un ici bonheur arrive.
( lui prenant la main. ) Nul ne méritait mieux cette faveur que toi !
Je connais, chevalier, ton amitié pour moi; Et si , par mon crédit, je pouvais t être utile...
DOLANGE, à part.
Un sot peut quelquefois servir un homme habile.
LE VICOMTE
Mais lu n'as pas encor le cœur ambitieux ; Les intrigues d'amour te plaisent beaucoup mieux. Et je te vois, rampant dans la route commune, Préférer aux lionneurs une bonne fortune; Auprès de la beauté lu fus toujours heureux.
DOLANGE.
D'accord; mais je suis las, mon cher, d'être amoureux.
L'amour est maintenant d'une monotonie !...
C'est toujours, entre nous, même cérémonie.
On se cherche, on se trouve; ei, sermens superflus !
Souvent un mois après on ne se connaît plus.
Des amans d'aujourd'hui voilà toute l'histoire :
Ils ne savent pas même avoir de la mémoire.