‹ L'indiscretChapitre 43 sur 86 · LA BARONNE, LE VICOMTE · texte numérisé non relu

LA BARONNE, LE VICOMTE

LA BARONNE, riant.

Monseigneur vous parlait^ je crois, en confidence.

Il vous recommandait, ma sœur, '^ ma prudence ! Il sait que votre sexe..-.

LA BARONNE

Allons , je le vois bien :

Votre travers ici va passer pour le mien ; Et de tons les discours dont vous serez coupable, Le ministre abusé me rendra responsable. Hé bien ! je me résigne, et veux, en bonne sœur, Me charger de vos torts aux yeux de monseigneur, Afin que sa bonté ne soit pas ralentie Par votre incon;-éqnence et votre étourderie. D'une faute nouvelle on peut vous accuser, Et je devrais peut-être encor moraliser. Je me tais cependant! et serai, pour vous plaiie. Eu prenant vos défauts, indiscrète et légère. Je n'y mets, Soligny, qu'une condition; C'est que, jusqu'au moment où, sûr de son pardon. Mon père enfin pourra se montrer dans la ville, Vous ne quitterez point «e favorable agyÎQ.

N'y consentez-vous pas ?

LE VICOMTE

Je devrais refuser, Et je pourrais sans doute aussi moraliser. D'un enfanl , selon vous, j'ai toute la faiblesse; Et vous avez, ma sœur, la plus haute sagesse. Je prétends toutefois, en cette occasion , Vous donner un garant de ma soumission : jNIa promesse, ma sœur, ne fut jamais frivole; Je reste, en cet hôtel, prisonnier sur parole.

LA. BAP.ONNE.

J'y compte, et vais Ih-bas m'occuper, dès ce jour, Auprès de la duchesse, à servir votre amour.

LE VICOMTE , avec éclat.

Ah ! si j'obtiens par vous la main de Célénie!...

LA BARONNE

Calmez de vos transports la fougue irréfléchie. Ce sont de ces discours qu'on doit tenir* tout bas ; E!t de tels intérêts se traitent sans éclats. {Ils s'entretiennent tout bas près de l'appartement de la duchesse. )

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