‹ L'indiscretChapitre 70 sur 86 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

LE VICOMTE, LE DUC, L4 BARONNE, LE BARON, ensuite LE COMTE.

LE DUC, accablé.

Non ! le destin jaloux Jamais d'un tel dépit ne pénétra mon âme. Vous me voyez confus ; ime perfide trame Renverse le succès où j'avais prétendu, Et le pardon du comte est encor suspendu !

LE COMTE

Terminons une lutte à voire honneur contraire j Je reprends le chemin de la terre étrangère.

LE DUC

Comte, que dites-vous? avez-vous dû penser

Qu'à servir un ami je pourrais renoncer!

Non, vous avez touché le sol de la patrie,

Et vous y resterez en dépit de l'envie !

Que deviendrait l'état, que deviendraient les lois,

Si quand l'intrigue frappe à la porte des rois ,

La raison et l'honneur, dans leur timide zèle,

Lui cédaient le passage et fuyaient devant elle?

Cependant.... mon devoir^ mon respect pour la cour

Exigé qu'à l'instant vous quittiez ce séjour;

Non loin de cet hôtel, une maison tranquille.

Celle d'un vieux parent, vous servira d'asile ;

Une voiture est prête et vous y conduira;

Le baron moins connu vous accompagnera :

Et ce soir, vosenfans, dans l'ombre et lemvstère.

Iront vous visiter sous ce toit solitaire.

LE COMTE

Je m'abandonne à vous, ami trop généreux!

Mais vous ne rendrez pas mon sort moins rigoureux ;

Un seul espoir nie reste ; écoutez ma prière !

A in^ fille, à mon fils, daignez servir de père.

Le vicomte à vos vœux se montrera soumis;

Son cœur est excellent, il fut toujours bon fils;

Mais je dois éclairer icj votre prudence :

Il aime votre fille! et, de cette alliance.

Quand le malheur me tient encore sous sa loi,

Le désir deviendrait un outrage pour moi.

J'ai promis de parler, et je tiens ma promesse,

Mon fils ! de votre cœur surmontez la faiblesse.

L'honneur est un ob=;tacle à des liens si doux :

Au sort de Célénie il faut un autre époux ;

Ses attraits, ses vertus elle rang de son père.

Ne peuvent s'allier avec notre miî?ère ;

Et quand même le duc y voudrait consentii',

Ma vertu sur ce point ne peut jamais fléchir !

LE DUC

Votre fils , mon cher comte , a toute ma tendresse ;

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