ACTE V, SCÈNE III. gS
Ajouta loîit-à-coup , du ton le plus sévère : M Je me flatte du moins que Soligny jamais » Ne lira dans vos yeux vos sentimens secrets ; » Et je l'estime trop, pour croire que lui-même <> Ose vous révéler... m Ma frayeur fut extrême ; Mon secret m'échappait ; je voulus le garder, Craignant , en l'avouant, de nous faire gronder. Cependant , d'une fleur empruntant le lang-ige , J en fis d'un doux retour 1 innocent témoignage ; Et, depuis ce moment , des fleurs , chaque matin , Vinrent, vous le savez, se placer à mon sein.
LE DUC
Oui, vous vous en pariez, même malgré l'absence !
( en riant. ) C'était le souvenir?
cELÉNiE, naïvement
Non , c'était l'espérance !
Et ce matin encor je croyais au bonheur ; Mais combien la duchesse a désolé mon cœur, Kn m'annonçant l'hymen que mon oncle veut faire ! Je venais implorer votre appui tutélaire, Je n'espérais qu'en vous; et votre œil irrité M'apprend que nul secours, hélas! ne m'est resté.
LE DUC
Chère enfant, la douleur où ton cœur s'abandonne, Peut-être dès ce jour.... Mais voici la baronne; Reprends cette gaîté qui sied à ta candeiu^ ; Mon désir le plus cher, n'est-ce pas ton bonheur?