FONTAINES PUBLIQUES
Sous le règne de Louis XII , on comptait déjà à Paris environ seize fontaines publiques, alimentées par les aqueducs de St.-Gervais et de lîelleville Sous Henri IV, l^s fontaines se détérioraient et leurs eaux tarissaient, elles étaient très insufTjsantes d'autant plus que la Cité et la rive méridionale en élaient en quelque sorte entièrement privées; mais le roi les fit rétablir, et de plus il créa la Samaritaine, la pieniière machine hydraulique tie celle espèce , élevée à Paris; elle était placée sur la seconde arche du Pont-Neuf, du côlé septentrional; le projet en fut proposé par un Flamand nommé Jean l.inliaer; le bàtiincnt, à peu près de forme carrée, était élevé sur pilotis, il avait trois étages, penîianl quelque temps il fit Paf'miration des Parisiens; on s'ariètait devant un groupe, représentant Jésus-Christ et la Samaritain'^, au puits d<' Jacob rentre ces deux figures l'eau s'épanchait d'une grande coquille dans un bassin circulaire; on lisait au-dessous : Foxs nouToniM , pu- TEiSAQLAP.LM vivi NTiiM. F.es fiffurcs, Ics omcmcnts et les bassins étaient en bronze doré; une horloge accompagnée d'nn carillon snrmontait l'édifice. La Samariiaine fut démolie en 1813. Depuis ce lemps, les niachines et les fontaines se sont lellement accrues, que l'on en compte aujourd'hui près de 200, qui versent de l'eau dans tons les quartiers de Paris «t dans les endroits les plus fréquentés. Quantité de bornes fontaines dorment de l'eau pour le lavage des rues et l'écoulement des immondices dans les égoùls. Nous citerons seulement les fontaines les plus dignes d'attirer l'attention.
FOKTAIKB DES INNOCENTS.
Au xiiie siècle , cette fontaine fut élevée au coin de ia rue St.-Drnis et do la rue aux Fers: elle n'avait alors que trois côtés. Vers 1068 , elle fut réparée, et le célèbre Jean Goujon , tué le jour de la St.-Barihélemy, y exécuta les sculptures qu'on y admire encore. En 178S, on agrandit la place, de sorte que ia foniaiiie se trouve maiiilenantau milieu, sur remplacement où était, au moyen âge, le charnier et l'église des i nnocents. Sur îa lin de 1 700, les restes de tant de cadavres enterrés dans cet endroit furent enlevés et transférés dans les catacombes. La fontaine des Innocents se compose adneilement d'un vaste bassin carré orné de ligures de lions qui jettent de l'eau. Au milieu f-st un soubassement qui porte les quatre arcades qui forment la fontaine; cinq des iNaïades sculptées sur les côtés .sont de Jean Goujon ; les trois autres sont de Pajou. Une vasque d'oîi jaillit l'eau s'élève au milieu des quatre arcades. De peiits pilastres d'ordre corinthien soutiennent d(^s frontons latéraux de forme triangulaire. Cette fontaine est généralement admirée ; on peut la regarder comme l'ouvrage de Pierre- Lescot.
L'eau est fournie par le canal de l'Ourcq.