OBSERVATOIRE
Cet édifice, destiné à faciliter les expériences astronomiques et les éludes des astres, fui commencé sous le règne de Louis XIV, eniG67,par Perrault, médecin et architecte. L'édifice fui terminé en 1672. Ce monument se compose d'une espèce de tour placée dans le sens des quatre points cardinaux; un avant-corps massif est adapté sur le devant du côté du nord. Ce monument est composé d'un rez-de-chaussée, d'un entresol et d'un étage supérieur fort élevé. Le toit est en terrasse; on arrive a la superficie par un escalier de 72 marches. 11 est à remarquer que cette construction est grande et régulière, tous les étages sont voûtés. On prétend que l'Observatoire n'est pas construit convenablement aux opérations pour lesquelles il est destiné, et que les expériences des astronomes et des savants se font dans des constructions plus basses que Ion voit à droite et à gauche du monument principal. Deux lignes qui se coupent au centre de la façade méridionale de l'Observatoire, servent de base au levé de la carte de Cassini. Depuis l'année 1789 jusqu'en 1823 , on a fait quantité de tra-
vaux d'amélioration ; on y travaille encore au moment où nous écrivons
Le bureau îles longitudes y fut placé en 1795.
L'Observatoire est précédé d'une belle cour fermée par une grille avec deux pavillons de chaque côté. On peut le visiter tous les jours ouvrables, en s'adressant au portier, auquel on donne une légère rétribution Jl est situé faubourg St -Jacques, en face de la grande allée du jardin du Luxembourg.
ARC-DE-TRIOMFHE DE LETOILE.
L'Arc de Triomphe de l'Étoile est élevé à l'extrémité de l'avenue cIcn Champs-F^lysées hors la barrière. L'allée Marbeuf, à la suite de l'avenue de Neuilly, se prolonge en droite ligne presque à perte de vue; elle est plantée d'arbres superbes et l'aspect en est admirable. L'arc de triomphe se trouve ainsi placé entre ces deux vastes promenades sans cesse couvertes des équipages et des cavalcades de la capitale. Ce monument est le centre d'une place assez grarule où aboutissent ainsi plusieurs avenues. Sa fondation date de ISOG; le premier pl.in fut donné p;ir l'arcliiterle Chalgrin : presque toutes les sculptures ont été fjiites plus récemment; l'édifice a été eniièrement terminé de nos jours. Les Iravaux ont duré ;J0 ans sous la direction successive de neuf architectes , et sous quatre gouvernements différents; il a coûté 9,000,000 francs. Ce monument est l'unique au monde par ses proportions colossales; sa hauteur totale est de 50 mètres, et 46
mètres de largeur; les fondations entrent dans le sol à une profondeur de 8 ou lO mètres.
Cet arc est percé d'une porte à plein cintre sur chaque face, de sorte qu'il repose sur quatre énormes piliers ou massifs qui peuvent avoir i6 mètres de largeur. La hauteur de la porte du milieu, prise sous lu voûte, est de 29 mètres. Les deux piedsdroils de la (acade qui regarde les Tuileries, ainsi que celle qui regarde le pont de Neuilly , sont ornés chacun d'un bas-relief dont quelques figures sont en ronde bosse. La hauteur de ces sculptures est d'environ 20 mètres; ellessont portées chacune sur un socle trop maigre en apparence pour les supporter, c'est-à-dire que le sujet déborde et semble ne pas tenir dessus. Le premier, à droite, figure le départ pour la guerre; ce groupe est composé d'un guerrier qui prend les armes et lève son casque ensigne de ralliement, unjeunehommenu le suit; puis vient un soldat dans une attitude fière ; il tire son glaive et se couvre d'un manteau; dans ce désordre, un guerrier est à demi-renversé de son cheval, tandis qu'un vieillard accompagne le chef et semble le conseiller; déjà l'un d'eux tend son arc et l'autre sonne du clairon. Le génie de la guerre les conduit, et du bout de son glaive leur montre le chemin de la gloire.
De l'autre côté est représenté le triomphe de Napoléon. L'empereur est debout au milieu; la Victoire vient lui poser une couronne sur la tête A ses pieds rHist(»ire grave le nom des batailles , au dessus, la RenonnTiée aux cent bouches les proclame partout. Les villes conquises, sous la figure de femmes couronnées de créneaux, sont à ses pieds dans une attitude triste; un guerrier est enchaîné et ses armes sont suspendues à un palmier. Sur l'autre façade, est réprésentée la Guerre; un jeune
homme, guidé par un géniequi plane au dessus de sa tête , défend sa femme et ses enfants, un vieillard l'encourage, tandis qu'un combattant tombe mourant de dessus son coursier, et qu'un troisième, aux pieds du jeune combattant, est déjà blessé. De l'antre côté, le bas-reliefa pour sujet le retour de la Paix; une femme assise est entourée de deux enfants, un guerrier remetses armes, tandis qu'un autre encore couvert du casque allèle un taureau à la charrue, un troisième ajuste le soc, et au dessus du groupe , Minerve plane couronnée de lauriers. Au dessus de ces groupes se voient quatre bas-reliefs placés sous l'imposte du grand arc qui est surmonté sur les deux faces de deux Renommées. Ces bas-reliefs représentent la prise d'Alexandrie en Egypte. Ce groupe est d'une fort belle composition ; on distingue le général Kléber, il est blessé; d'une main il tient son sabre, et indique du haut du rempart le chemin aux soldats qui l'entourent; un Turc est à ses pieds près d'être percé, le drapeau est à ses côtés; un soldat déchire sa cartouche; c'est un morceau animé et plein de mouvement ; il est de M. Chaponnière. Le pont d'Arcole en Italie : Bonaparte s'élance à la tète de ses soldats , le drapeau en main ; un aide-de-camp tombe sous le feu ennemi en voulant sauver son général; ce basrelief est de M Feuchère. Le troisième sujet est la bataille d'Aboukir; Mustapha est battu et fait prisonnier. Ce morceau offre encore un groupe admirable. Le dernier représente la mort du général Marceau en présence des armées française et autrichienne. Sur les deux côtés de l'arcsont encore deux bas-reliefs grands et d'une belle composition; ce sont : la bataille d'Austerlitz et la bataille de Jemmapes; dansle premier on voitl'Empereuraumilieu de sa garde; les Russes sont refoulés sur un lac où
ils s'engloutissent. Au côté du nord, c'est Jemmapes ; le général Dumouriez est au milieu d'un groupe d'officiers supérieurs; un autre officier charge les Autrichiens, un troisième blessé reçoit des secours. L'entablement est surmonté d'un bas-relief qui peut avoir deux mètre? de haut; il règne tout autour du monument. Deux sujets le couiposenl tout entier : premièrement le départ de l'armée française composée des corps d'armée d'Italie et de Sambre et-Meuse, secondement le retour de l'armée. Ces sculptures, placées trop haut, produisent un effet bien inférieur à celui qu'elles devraient faire , si elles étaient placées plus convenablement. Des boucliers sont sculptés dans l'allique au dessus de la frise, et portent chacun un nom de victoire ; ce sont : Valmy, Jemmapes, Fleurus, Montenotte, Lodi, Castigiione, Arcole, Rivoli, les Pyramides, Aboukir, Zurich, Gènes, Héliopolis, Marengo, Hohenlinden, Ulm, Austerlitz,Iéna,Friedland, Somo-Sierra, Essling , Wagram, Moscowa, Lutzen, Dresde, Leipsick, Hanau, ^ïontmirail, Montereau, Ligny. L'attique est couronné par un entablement et une balustrade formée de larges palmes et ornée de têtes sculptées. L'intérieur des arcades est encore couvert de noms de généraux et de batailles, avec les dates el le nom des armées , d emblèmes, d'ornements et de portraits. On monte au sommet de l'édifice par deux escaliers à vis pratiqués dans les massifs latéraux. L'intérieur de ce monument est vaste et composé de plusieurs salles en voûtes qui ont l'aspect des anciens tombeaux égyptiens. Deux escaliers débouchent sur la terrassequi est construite avec soin pour l'écoulement des eaux. Au milieu s'élève encore une espèce de dôme qui sert de couronnement pour terminer l'édifice; sa forme esta peu près celle
d'un mausolée. De cette terrasse on a une vue magnifique; Paris s'étend au loin avec ses maisons fastueuses et ses hauts clochers ; la Seine serpente à vos pieds; le bois de Boulogne, les hauteurs de St -Clou(J, Meudon, le Calvaire, ajoutent encore aux effets de ce tableau. On a remarqué que l'arc de triomphe se trouve de niveau avec les flèches des monuments les plus élevée de la capitale. Cela vient de sa hauteur propre d'abord, et ensuite de l'élévation sur laquelle il est construit.