HOTRE-DAME DE I.OB,ETTE
La strucUire générale de cette église présente un exlérieur fort simple où domine le style grec. Les côtés sont à pans coupés sans conlre-forls. La façade qui se voit du bouievart , par la rue Laîfilte, oiïre un portique soutenu p^ir quatre colonnes d'ordre corinthien. Au-de?sus, un entablement, puis une frise, sur laquelle est gravée I en latin la dédicace : Â la oienheureuse Marie Vierge Laurette. Sous ce portique est une entrée I principale, à laquelle on arrive par un escalier I entouré d'une grille. Sur le fronton du portique I sont trois statues, la Foi, L'espérance et la Charité. Sur le tympan est un bas relief où sont représentés l' les anges en adoration autour de la Vierge et de l'enfant Jésus. Les dimensions générales de l'édifice sont de 72 mètres sur 32. L'intérieur est orne avec beaucoup de luxe et de recherches. La nef est soutenue par des colonnes peintes avec soin. Le plafond est divisé en compartiments carrés par des boiseries sculptées, peintes et dorées. Le chœur est arrondi et surmonté d'une sorte de baldaquin, soutenu par des colonnes d'ordre corinthien; les ornements de la base et du chapiteau sont dorés. Le buffet d'orgue est placé au dessus du porche. De chaque côté des galeries sont placées cinq chapelles , toutes décorées de tableaux. D autres tableaux sont encore entre les fenêtres et la neL Le tableau du maître-autel est peint sur un fond d'or. L'intérieu'" de l'édifice est agréable à ; ause de la fraîcheur des peintures qui sont toutes des maîtres de l'époque, et à cause du grand nombre de sculptures et de dorures que l'on a
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proiiisuées. Cette décoration, qui est un mélange de plusieurs goûts d'architecture ensemble, conviendrait plutôt à un théâtre qu'à une égiise. Du reste, chaque tableau, chaque partie en détail est rccommandable, mais on ne doit pas en approuver l'ensemble qui est plutôt joli que beau, dans un temple où la sévérité et la majesté doivent présider à l'casemble des ornements. Cette église est placée au bout de la rue LafBlte, boulevart des Italiens.
Z1GX.ISE SAINT PAUL, ( DES JÉSUITES.
En 142U, les Jésuites obtinrent du cardinal de Bourbon, un des chefs de la ligue, l'hôtel d'Anville, ils y élevèrent une chapelle avec les secours de ce prélat et sous l'invocation de St. -Louis, elle fut appelée égli-e St. -Paul, à cause de Ihôlcl St -Paul attenant à l'hôtel d'Aneville. Les Jésuites l'appelaient aussi maison professe, elle fut rebâtie presquentièrement sous Louis XIII, vers ig29, d'après les dessins du père Durand, jésuite. Son portail est dans le genre de celui de St.-Gervais, et se compose de trois ordres sup'^rposés; en bas 8 colonnes corinthiennes ; au dessus une frise et un entablemonl: un cadran dhorloge remplace la rosace; le second ordre e^t également corinthien; le dernier ordre , surmonté d'un fronton, est formé de colonn, s composites, il occupe l'avant-corps, au milieu est une niche. Le second ordre est orné de deux niches latérales. La longueur du portail est d'environ 2S mètres et la hauteur 48. La forme àe l'église est celle d'une croix latine. La nef est
décorée de pilastres corinlhiens engagés, au-dessus de ia croisée est un dôriie porté sur quatre pendentifs et surmonté d'un lauternin dont les fenêtres donnent le jour, quatre autres fenêtres dans le dôme servent encore à l'éclairer. Cette coupole est de mauvais goût, chargée d'ornements inutiles et de quatre peintures à fresque, tigui ant St. -Louis, Charlemagne, etc. Le chœur est dalié en marbre et entouré d'une balustrade égaiemenl en marbre. Les deux chapelles latérales sont en marbre avec les chapiteaux des colonnes et ornements en bronze doré. Celle de gauche est ornée des statues de St. -Pierre et de St. -Paul, avec un Christ au jardin des oliviers. Tout autour de l'église règne une petite galerie portée sur l'entablement , la frise audessus est couverte de sculptures. Le buffet des orgues est porté sur trois arcades assez élégantes.
Parmi les tableaux on remarque : la conversion de St. -Paul, un tableau du serpent d'airain, Louis XIll montrant le plan de cette église.
On a fait, en construisant cette église, d'inutiles efforts pour imiter St. -Pierre à Kome. Elle renfer mait plusieurs tombeaux d'hommes célèbres, on les a transférés au musée des Augustins. Elle est située rue St. -Antoine, 120.
EGLISE SAZNT-SEVERIN.
La fondation de cette église est incertaine , cependant on peut la faire dater du ixe siècle ; c'était à celte époque un oratoire, ou petite chapelle. On
lit dans IHisloiredp Paris, que l'on fil pour la premièiT fois lopération de !a pierre, dans le cimetière de St.-5éverin, ù un archer alteint de cette maladie, en 1474, sons le règne de Louis XI. Cette église fut terminée en nS9. M. Tourhard la Fosse dans son Histoire de Paris , rapporte ce quatrain qu'on lisait sur une des portes de St.-Séveriii :
Passant , penses-tu passer par ce passage
Où. pensant , j'ai passé :
Si tu n'y penses pas, passant , tu n'es pas sage, Car , en n'y pensant pas, tu te verras passé.
L'intérieur de cette église est bien conservé et il est empreint de celte grâce qui accompagne toujours le stylo gothique, l.a voijte est en ogive, avec d'éiéganies ai êtes, quelques piliers de la nef ont des chapiteaux d'une composition bizarre. La nef est éclairée par deux rangs de fenêtres superposées et fort élégantes; on admire les vitraux du du cl.œur. Les nefs latérales ont un aspect architectural qui plaît : les piii<TS qui les soutiennent et qui les divisent en deux parties, sont, comme dans la plupart des églises gothiques, composées d'un laisceau de colonnes, avec des petits chapiteaux très-éiéganls. à la nais-ance des arcs de la voûte. On y remarque en outre des sculptures toutà-fait dans le genre gothique, figurant, pour la plupart, l'apothéose de quelque saint, elles forment aussi chapitt^anx. Les voûtes des bas-côtés n'ont pas beaucoup d'élévation , et la c!<f est accompagnée, à presque toutes, d'un petit ornement sculpté avec art et délicatesse. Derrière le chœur on almire la quantité de nervures et d'arêtes qui forment autant de compartiments aux voûtes; on remarque aussi la grande variété des colonnes- une, entre autres,
le genre
pelle de la V^iergeon remarqueun groupe en marbre blanc, composé d'un Christ avec la sainte Vierge et trois anges enadoration. Parmi les tableaux on peut citer : la mort de Saphir, par Picot; St. -Pierre guérissant les boiteux, un tableau de St.-Vincenlde-Paul recueillant les petits enfants.
Le buiïcl de l'orgue est beau , et la nef est bien éclairée. Le portai! que l'on a restauré est composé des débris décelai de St. -Pierre-aux-Bœufs, petite chapelle que Ion voyait, il n'y a pas très-longtemps, dans la rue d'Arcole, où est actuellement la maison portant le n 15. Le portail est gothique, et d'une composition élégante, au-dessus de la porte et sou=; la voussure e.st un bas-relief oîi est représentéf la Vierge au milieu des anges. A la partie supérieure sont cinq petites fenêtres, et au-dessus une sorte de rosace, le reste, qui est irrégulier, et empreint de la vétusté de l'église , est dépourvu, d'intérêt. A droite, est un clocher quadrangulaire terminé en pointe avec un petit lantcrnin pour amortissement. Cette église est située rue St.-Séverin, près la rue St. -Jacques.
EGX.XSE SAISÎT GSRVAIS.
Cette église est très-ancienne , et l'on prétend que son existence remonte au sixième siècle. Vers 12 12, elle était déjà érigée en paroisse ; sa construction actuelle ne date guère que de 14-20.
On a beaucoup loué son portail : il fut élevé au 17* siècle, par l'iÀrchitecte Jacques Debrosse; on
peut y trouver des qualités, mais l'opinion générale est que ce portique est lourd, qu'il est mal adapté au reste de rédiHce, d'autant plus encore que l'architecture intérieure et extérieure est tout-à-fait incohérente. Ce portail se compose de trois ordres d'archileclure superposés. En has sont huit colonnes doriques ; quatre supportent l'avant-corps surmonté d'un fronton triangulaire; au dessus règne l'ordre ionique, portant une frise et un entablement, sur l'avant-corps duquel s'élèvent encore quatre colonnes d'ordre corinthien portant un fronton semi-circulaire. La hauteur de ce portail est d'environ 52 mètres, et la largeur de 3i mètres.
L'intérieur de l'église est entièrement gothique, les voûtes sont belles et d'une grande élévation ; on y admire des vitraux d'une richesse de couleur admirable; plusieurs savauts les attribuent à Jean Cousin. On s'arrête volontiers à la chapelle de la Vierge pour considérer la clefde la voûte, qui pend en cul-de-larnpe, orné et découpé comme une dentelle. Parmi les tableaux, on peut distinguer le Martyre de saint Cyr et de sainte Juliette ; un Ecce Homo et une Descente de croix en marbre; une Annonciation et la naissance de Notre-Seigneur. Celle église renf'Tme les cendres de Pbilippe de Champagne, peintre, du poëte Scarron ; on remarque encore le tombeau de Michel LeTellier, chancelier de France, e-t celui du poète Crébillon.
Celte église est située rue du Monceau-Saintdervais.
ÉGLISE SAZNT-3IICOLAS-DES-CHAMPS.
Celte église date du 10" siècle.
Sa façade, qui est dans l'alignement de la rue St. -Martin, fait un mauvais effet, ainsi placée ; elle est plate, c'est-à-dire qu'elle n'a ni ressauts, ni saillies; c'est un mur à pan coupé. Le portail se compose d'une seule porte en ogive avec voussures et sculptures assez élégantes. Au dessus, est une rosace; la façade se termine en pointe; d'un côté, sur le même mur, trois fenêtres latérales, et de l'autre, deux seulement. A gauche, s'élève un clocher quadrangulaire couronné d'une balustrade en ogive. L'intérieur de la nef est un morceau assez pur d'architecture sarrazine; la voûte est cintrée et garnie d'arêtes, les piliers, de même qu'à St.- Merri, sont dépourvus de chapiteaux ; les nefs latérales sont divisées en deux par une rangée de piliers; les voûlesen sont plus basses. La largeur de cette église est d'environ l.j mètres; la chaire, qui est en bois, n'a que son abat-jour qui soit assez remarquable. Les piliers du chœur font exception aux autres, et sont d'ordre dorique ; le chœur est fermé par une grille, l'autel est orné d'un tableau de l'Assomption par Simon Vouet ; il est double et fait face à la chapelle de la Vierge; celte chapelle est ornée d'une statue de la Vierge avec l'enfant Jésus, de deux tableaux, un Repos en Egypte et une Adoration. On remarque encore dans les chapelles latérales un saint Jean l'Evangéliste dans sa jeunesse, cl une Descente de croix par Sébastien Bourdon. Les orgues sont ornées de statues en bois d'une belle exécution. Celle église renferme le tombeau
(:u céièbio pliysicien Gassendi , et de mademoiselle Madeleine Scudéri, auteur de plusieurs romans.
Cette église est située rue St.-Marlin, au numéro 20 i.
EGLISE S--77ICOLÀS SU CHARÎÎOI^NET.
Cette église mt bâtie en 1230, sous le règne de saint Louis; elle portait alors le titre de chapelle, et ne fut érigée en paroisse qu'en /2'i5. Celle église est assez bien conservée; sa construction n'a rien au dessus du commun; ses piliers sont d'ordre composite, et sa voûte est simple et garnie d'aréles; le chœur est pavé en marbre. Celte église se recommande aux amateurs par quelques bons tableaux; ce sont : Jésiis au Jar in des Oliviers, et la Résurrection de la tille de Jaïre par Deslouches, un beau portrait de saini François de Sales. Dans la chapelle de la Vier^'e, une Descente de croix et une Annonciation. L'autel est orné d'une statue de la Vierge ; plus loin, le miracle de Moïse, la manne tombant du ciel; les pèlerins d'Fmmaiis; saint Charles Borromée par Lebrun- le Martyre des Machabees. Cette église renferme le tombeau de Jérôme Bignon, qui, à lage de lO ans, publia une description de ia Terre-Sainte, et moui ut comblé d'honneurs i la cour <le Louis XIV, en 1G56. Elle renferme aussi ietomboau du poêle Santeuil, mort en 1697 , son épitaphe est de Bollin; son lombeau fut transporté de St. -Etienne de Dijon à l'abbaye St. -Victor, à l'église St. -Paul, et enîin à St.-Nico-
ias du Chardonnet. En 1820, on replaça dans cette église le tombeau du peintre Lebrun et celui de sa raere, qu'on avait mis au musi'c des Augustins; le portrait du célèbre artiste, au bas de la pyramide qui lui sert de mausoli-e, a été sculpté par Coysevox.
Celte église est rue St. -Victor, près le n° 104.
ÉGI.ZSS SAZ:9JT-G£RMAIN SES PRES.
Cette église fut fondée parChildebert filsdeClovis, avant l'année 542. Elle possédait une croix d'or enricbio de pierres précieuses, prisf- par son fondateur dans l'église de Tolède. Elle fut rebâtie aux onzième et douzième siècles; mais Charles V ordonna, en 13G8, la iorlification de l'Abbaye qui présentait alors plutôt l'aspect d'une forteresse que d'un [nonaslère. L'abbaye St. -Germain s'étendait à peu près dans l'espace comf)ris aujourd'hui par la rue de l'Abbaye, la rue Si -Benoil, la rue Ste Marguerite et le passage de l'Abbaye; elle était llanquée de tours et environnée d'un fossé rempli d'eau vive. En 1G5G, on découvrit dans cette église le tombeau du roi Chilpéric I<r, assassiné en 684 par Landry, amant de la reine Fréd<^gonde ; la stucture du monument était de la pins grande simplicité : il porîait celle inscription : Rex Chilpericiis hoc tcgitur lapide Cette pierre recouvre le roi Chilpéric. En 1799, d'aulres fouilles tirent découvrir deux auires toînbeaux d'une plus grande richesse, et qu'on pensa être ceux de religieux, protecteurs de l'abbaye. Pendant la révolution,
celle église a élé transformée en fabrique de salpêlre; on vient de la restaurer entièrement, les combles ont été recouverts à neuf; son autel est riche, et le chœur est fermé par une belle balustrade. En dehors , est un clocher de forme carrée qui paraît être fort ancien. Le portail de l'église n'a aucun mérite, et l'égliseelle-mêmeest enclavée dans des constructions; la longueur du vaisseau est de 67 mètres, sa largeur de 32"mètrcs. Les tableaux les plus remarquables sont : la Résurrection de saint Lnzarre, la Mort de Saphir, et saint Germain distribuant son bien aux pauvres.
En JS19, on a transporté les cendres de Montfaucon, de Mabillon et de llené Descartes sous la chapelle de St. François de Saks. Celles de Boi- Icau reposent dans la chapelle de Si -Paul.