‹ L'individu contre l'étatChapitre 26 sur 41 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

colonies, sont plutôt approuves que blâmés et ne sont pas dénoncés même par les prêtres de sa religio d'amour, est une nation qui doit continuer à soult'ri d'attaques à l'intérieur, tant des individus les uns contre les autres que de l'Etal contre le droit des individus. 11 est impossible d'obtenir les bienfaits de la justice dans son pays quand ou pratique l'injustice à l'étranger.

Naturellement on me posera cette question : Pourquoi donc énoncer et soutenir une théorie différente de la théorie adaptée à notre étal présent?

Outre la réponse générale, que c'est le devoir de quiconque regarde une doctrine comme vraie et importante de l'aire ce qu'il peut pour la propager, sans

inquiéter du résultat possible, on peut recour' plusieurs réponse? particulières, dont chacune à elle seule suffit.

En premier lieu, un idéal, si loin qu'il soit de pouvoir être réalisé pour le moment, est toujours né saire pour se bien guider. Si, parmi tous ces eompro. mis que les circonstances des temps rendent ou font sidérer comme nécessaires, il n'existe pas de con. ceplion du mieux et du pire dans l'organisation sociale, si l'on ne voit rien au delà des exigences du moment 1 qu'on prenne l'habitude d'identifier le mieux chain avec le mieux délinitif, il ne peut y avoir de véritable progrès. Quelque éloigné que soit le but, si nombreux que soient les obstacles interposés qui peut nous taire dévier du chemin qui y conduit, il est évidemment indispensable de savoir où il est placé.

De plus, tant que le degré actuel de sujétion des individus vis-à-vis de l'État, ainsi que la théorie politique correspondante peuvent rester nécessaires en présence ":s relations internationales existantes, il n'est n ment nécesaire d'accroître celle sujétion el de fortifier la théorie qu'on y adapte. A notre époque de philan-

16fi L'INDIVIDU CONTRE L'ÉTAT.

thropie active, une foule de gens, impatients d'améliorer le sort de leurs semblables moins fortunés par les méthodes le plus rapides, travaillent de toules leurs forces à développer les arrangements administratifs qui sont le propre d'un type inférieur de société, — ils marchent à reculons alors qu'ils se proposent d'avancer. Les difficultés normales sur le chemin du progrès sont déjà suffisamment grandes, et il est lamentable qu'on les rende encore plus grandes. Donc c'est faire œuvre utile de montrer aux philanthropes que, dans bien des cas, ils préparent sûrement le malheur futur de l'humanité en poursuivant avec ardeurson bien-être actuel.

Le principal, pourtant, est d'inculquer à tout le monde la grande vérité, peu reconnue encore, que la politique intérieure et la politique extérieure d'une Société sont liées l'une à l'autre, qu'il ne peut y avoir amélioration essentielle de l'une sans amélioration essentielle de l'autre. Si nous voulons que noire organisation intérieure soit conforme à des principes de justice plus élevés, il faut que, dans nos relations extérieures, nous nous conformions habituellement à des principes de justice plus élevés. La conviction qu'il existe une dépendance de cette espèce, ai elle pouvait se répandre parmi les peuples civilisés, réprimerait grandement leur conduite agressive vis-à-vis les uns des autres, et, par là, diminuerait la part de la contrainte dans leurs systèmes de gouvernement et amènerait des changements correspondants dans les théories politiques.

FELIX .A-HjC-A-ISr, ÉDITEUB

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