‹ L'Indo-ChineChapitre 1 sur 34 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

En 1889, rExposition de rindo-Chine fut une surprise et une révélation. Depuis cette époque, l'opinion publique ayant eu souvent Toceasion de se préoccuper des questions extérieures, l'éducation coloniale du public français a fait quelque progrès. Mais si nous ne méritons plus au même degré qu'autrefois le reproche d'ignorer la géographie, nous avons encore beaucoup à apprendre pour connaître exactement nos possessions lointaines.

Ce n'est d'ailleurs pas absolument notre faute. En dehors des notions rudimentaires et banales qui ne sont même pas toujours exactes, ayant été faussées par des préjugés et des légendes d'autrefois, il est difficile de réunir tous les renseignements précis, tous les documents authentiques et, surtout, il est presque impossible d'en

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saisir avec certitude le sens, la portée, la signification morale de façon à pouvoir porter sur toutes choses un jugement certain. Les documents officiels, brefs et réservés, les statistiques sèches et nues, hérissées de chiffres dont la signi-» fication n'est point aisée à dégager, sont évidemment des éléments précieux pour se former une opinion. Mais pour pouvoir les interpréter fidèlement, pour en extraire des conclusions sûres, des appréciations saines et justes, il faut se résoudre à faire un travail considérable de critique, de comparaison, de confrontation pour ainsi dire, entre tous ces faits, tous ces renseignements et tous ces chiffres qui, parfois, semblent se contredire et cependant concordent, en réalité, parfaitement.

Et cette tâche, à l'heure actuelle, devient encore plus difficile par l'abondance même des renseignements. Les notices officielles afférentes à chaque colonie débordent de faits, de chiffres, de documents. Mais la statistique n'a pas d'opinion — ou du moins, elle n'en formule pas — et les publications officielles, tenues à la réserve et à la modestie les plus strictes, constatent beaucoup et n'expliquent guère.

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