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COUT ATTRIBUÉ à la
COftSTRCCTION
fr.
Les sluices sont posés dans le tunnel et continués au-delà de sa sortie, dans la vallée inférieure Jusqu'au point où peut se faire la décharge des débris appauvris.
Lorsque Ton doit laver une grande quantité de graviers, on établit une double rangée de sluices reposant sur les mêmes sommiers, et
communiquant par des vannes, de façon à ce que Ton puisse à volonté, soit travailler h la fois dans les deux sections, soit diriger, dans Tune d'elles, la totalité du courant ; en outre, ces vannes permettent d'isoler certaines fractions du parcours, de façon h faciliter le nettoyage ou les réparations partielles.
Les sluices placés en dehors du tunnel varient de longueur suivant la nature du gravier ; l'expérience seule peut détertniner cette longueur, qui doit être augmentée jusqu'à ce que les essais démontrent que les débris sont suffisamment appauvris.
Les sluices sont rarement posés en ligne droite, parce qu'avec cette disposition la rapidité du courant entraînerait une trop grande quantité de gravier sans le désagréger. Aussi leur fait-on décrire une courbe de grand rayon et donne-t-on au bord extérieur une surélévation d'un demi-pouce h un pouce sur le bord intérieur, afin d'éviter les projections.
Les dimensions des sluices sont déterminées par la quantité de matières à traiter, et celle-ci dépend, à son tour, de l'eau dont on dispose. Un sluice de 2 mètres de largeur sur 0m,50 de profondeur environ, avec une pente de 4 à 5 0/0, peut débiter 3.500 pouces de mineur; avec lm,25de largeur sur 0m,75 de hauteur et une pente de 2 1/2 0/0, le débit peut encore s'élever h 12 et môme à 1.500 pouces. Enfin, ces mêmes dimensions et une pente de 4 0/0 permettent d'atteindre un débit de 2.000 pouces de mineur.
L'eau doit avoir dans les sluices une hauteur assez grande pour recouvrir les plus gros galets communément existants dans le gravier, de sorte que la quantité d'eau varie suivant que l'on a des graviers à éléments plus ou moins gros.
La quantité d'or recueillie est d'autant plus forte que l'on peut laver avec une pente plus faible et une proportion d'eau moins considérable. Si l'eau est abondante et h bon marché, on s'accorde à adopter une pente faible ; si, au contraire, l'eau est rare ou coûteuse, une pente élevée devient indispensable. En termes généraux, on peut dire que les graviers ordinaires exigent, dans les sluices, une pente de 4 0/0 et les gros graviers une pente de 6 à 7 0/0.
Lorsque les opérations du lavage sont suspendues, il est encore convenable de laisser couler un courant d'eau dans les sluices, afin de prévenir l'ouverture des joints et d'éviter, par suite, la perte de mercure et d'amalgame.
Érection des sluioes. — Après avoir tracé la ligne et déterminé la pente des sluices à l'intérieur comme au dehors du tunnel, on place sur le sol ou sur des chevalets, à la distance requise par la dimension du sluice, des longrines de 0m,15 X 0m,15 au moins et de 5 mètres de long pour un sluice double. Des cadres, formés d'une traverse horizontale inférieure et de deux montants verticaux, avec jambes de force dans les angles, reposent sur ces longrines et forment l'ossature du sluice. Les pièces du cadre ont, en général, un équarrissage de 0ro,10 à 0m,15. Ces cadres, espacés de 0a,70 à lm,20, sont reliés, dans le fond et sur le côté, par des cours de planches de 0m,03 à 0m,05 d'épaisseur, et des lattes sont clouées à
l'extérieur des joints pour fermer les "I 11 interstices. Enfin le sluice reçoit.un pa-
\ 1s vage qui en garnit le fond.
/^P^^|aV\ Les figures ci-dessous indiquent la
r*^X-\?SÊSamm*i ,rfv?n construction et le pavage des sluices.
Le pavage est fait, soit en pierre, soit en bois. La figure 141 montre la coupe d'un sluice garni de pierres. Celles-ci doivent être plates ou ovoïdes et aussi dures que possible; elles sont placées avec une légère inclinaison en sens inverse du courant; l'épaisseur du revêtement est en général de 0m,25 à 0°\35. On ne doit pas employer de pierres pesant moins de 10 kilogrammes, car la force de l'eau pourrait les déplacer. Le garnissage est fait par sections de 2 mètres à 2m.50, encadrées par de solides planches transversales fixées aux parois. Cette précaution empêche la destruction qui s'opérerait de proche en proche, si quelques pierres venaient à se détacher, et elle facilite, en outre, les réparations. Les larges intervalles entre les pierres sont comblés par les débris du gravier lavé, tandis que les petits interstices du sommet remplissent l'office de riffles; un double cours de planches de 0m,05 est, en outre, cloué sur les parois du canal, au-dessus du pavage, de manière à prévenir l'usure rapide de ces parois et à maintenir en position les pierres serrées Tune contre l'autre en dessous de ce garnissage.
Un homme peut effectuer dans sa journée le garnissage d'environ huit boites de 4 mètres de longueur chacune. Un pareil
Fio. 141. — Pavage en pierres.
pavage peut résister à un travail de cent à cent cinquante jours.
Un autre mode de pavage (fig. 142) consiste à remplir le fond des sluices avec des blocs carrés en bois de pin, ayant 0a,30 & 0m,45 d'équarrissage et une hauteur de 0m,20 à 0m,25. Ils sont placés en rangées contiguës de deux à quatre blocs, de façon à remplir le fond du sluice, les rangées étant elles-mêmes séparées par des intervalles d'un pouce et demi (0m10375) ; ces intervalles sont déterminés par des planches de pareille épaisseur et de 0m,15 de hauteur. Les planches sont fixées aux blocs par l'intermédiaire de clous sans tête qui les traversent en les dépassant; on cloue la planche sur la rangée de blocs précédente et, sur les pointes qui ressortent, on chasse les blocs de la rangée suivante. Enfin on cloue, comme dans le pavage en pierre, sur les parois des sluices-boxes, un cours de planches destinées k prévenir l'usure de ces parois, et venant s'appuyer sur les planches transversales qui séparent les blocs, de manière à les maintenir en place.
Quoique les blocs soient tailles en bois debout et que Ton choisisse le bois le plus résistant que Ton puisse se procurer dans la
contrée, l'usure est beaucoup plus rapide Fio.i 42. -Pavage en bois, qu'avec le pavage en pierre ; aussi la durée
d'une campagne n'excède-t-elle pas, en général, vingt à trente jours. Quelquefois la nature du gravier comporte l'usage de riffles posés longitudinalement, au lieu du dispositif de pavage en bois qui constitue, en quelque sorte, des riffles transversaux. De vieux rails, lorsqu'on peut s'en procurer économiquement, remplissent très bien ce but ; on peut aussi employer des longrines en bois recouvertes de bandes de fer.
Les divers modes de garnissage que nous venons de décrire donnent lieu aux remarques suivantes : le bois coûte plus cher et s'use plus rapidement; mais on l'enlève et on le remet en place plus vite, et cette opération doit être effectuée de temps en temps pour recueillir l'amalgame. Aussi, lorsque le tunnel ne comporte qu'un seul cours de sluices, le bois est-il généralement adopté en vue de réduire autant que possible la durée de l'interruption du travail pendant le nettoyage.
Le garnissage en pierre, en dehors de la considération de son bon marché et de son usure plus lente, paraît offrir de sérieux avantages par sa tendance à retenir plus facilement l'or dans les interstices sinueux existant entre les pavés. Dans les parties à ciel ouvert, on emploie donc généralement le pavage en pierres. Toutefois, l'emploi des vieux rails paraît également donner de bons résultats et jouit, à cause de sa commodité, d'une faveur croissante.
Under-currents on courants dérivés. — La rapidité du courant qui traverse les sluices-boxes provoquerait l'entraînement et la perte d'une forte proportion d'or; aussi doit-on ménager, sur le parcours des sluices, des under-currents ou courants dérivés.
Ces under-currents, ainsi que le montre la figure 143 peuvent être comparés à de petits étangs artificiels, peu profonds et variables dans leur forme; celle-ci pouvant être, soit rectangulaire, soit triangulaire, soit même irrégulière, et avoir une largeur de 3 à 12 mètres sur une longueur de 10 à 30 mètres. Le premier under-current est établi à la sortie du tunnel, à une distance de 20 à 30 mètres, suivant les exigences de la configuration du sol, et h l'endroit où l'on peut établir une aire de 50 à 150 mètres carrés de superficie, quelle que soit d'ailleurs sa forme.
V under-current ayant pour objet de soumettre à un courant moins rapide les particules les plus fines du gravier et de provoquer ainsi le dépôt de l'or, on doit d'abord faciliter l'élimination des gros matériaux ; dans ce but, le fond de l'une des boîtes du sluice est remplacé par une grille sur laquelle continue à couler une partie du courant entraînant les matières les moins divisées, tandis que le sable et l'eau, qui passent à travers la grille, sont conduits dans Y under-current par une boîte transversale assez inclinée. Les barres de la grille sont en acier de 0m,025 sur 0m,025, avec un vide de même dimension. Les eaux boueuses s'écoulent rapidement jusqu'à la tête de V under-current, où elles s'étalent sur une large surface que l'on garnit de riffles de différentes sortes, dont l'effet est de rompre le courant et de favoriser le dépôt de l'or et des matières lourdes.
La pente de la table de 1' 'under-current varie de 10 à 17 pouces par 12 pieds, soit environ de 0,7 à 1,20 0/0. Pour distribuer aussi uniformément que possible le courant boueux, des tasseaux sont
placés à la tète de la table et sur toute sa largeur. Le courant dérivé et le courant du sluice latéral marchent ainsi parallèlement, Quoique avec des vitesses différentes, et se réunissent dans au nouveau cours de sluice situé à un niveau inférieur. Sur toute la longueur de Vunder-current) la largeur du sluice est naturellement réduite, puisqu'une partie seulement du courant primitif y cohtitiue son mouvement. Suivant la configuration ou la pente du terrait*, t'tmfercurrent est établi d'un seul côté du sluice, ou des deux côtés à la fois (fig. 143).
Les riffles sont arrangés de façon à ce que le déplacement de quelques pièces rende possible l'enlèvement de tout ou' partie du garnissage. L'or qui se dépose est retenu par le mercure que l'on a distribué sur la table.
La photogravure reproduite ci-dessus, se rapportant à l'une des grandes mines hydrauliques de la Californie, représente un cours de sluices avec ses under-citrrents et donne une idée du mode pratique de construction de ces dispositifs.
Drop-box, — La décharge du sluice et de Vunder-current est ordinairement effectuée dans une boîte située à un niveau inférieur (drop-box\ et cette chute est éminemment favorable à la désagrégation des matières ; le réservoir de décharge doit être construit en bois très solide, de manière h résister aux chocs et aux rudes frottements qu'elle doit supporter (fig. 144). Le fond de cette boîte est couvert par un pavage en pierres dures et se trouve à lm,25 ou lm,50 en contre-bas du sluice supérieur ; ce fond est situé un peu au-dessous du sluice de reprise, de façon à former un réceptacle pour les matières lourdes. La profondeur du réservoir est souvent réglée par la longueur de Vunder-current qui se décharge, en général, directement sur un de ses côtés, mais elle dépend quelquefois aussi de la configuration du terrain. Vunder-current se décharge dans le drop-box au moyen d'un sluice intermédiaire. Lorsqu'on peut obtenir une chute de 12 à 15 mètres, le réservoir est placé directement sous le sluice principal et la continuation du courant s'obtient par un sluice placé, soit à l'angle droit de la direction primitive, soit sur la même ligne, suivant la forme du terrain.
Griazly. — Lorsque le terrain présente une brusque déclivité, on
èïi protite toujours pour établir un grizzli/, dispositif représenté par' la figure 32, et servant à débarrasser le Courant des grosses pierres ou galets, qui exigent, sans profit, une grande quantité d'eau pour leur entraînement et qui ont en outre l'inconvénient d'augmenter l'usure des sluices. Le grizzli/ est une grille qui fait suite
Fiu. 141. — Drop-box et u ni le r-c lurent.
au sluice et qui se projette au-dessus du drop-box et le dépasse. Cette grille, construite en vieux rails espacés de 0",15, a une pente de 25 à 30°, de façon a ce que les gros galets (boulders) glissent sur elle et soient projetés au loin ; il faut que la configuration du terrain soit telle que l'accumulation de ces galets ne puisse pas le combler trop rapidement. Toute l'eau et les matières de dimensions inférieures à l'écartoment des barreaux tombent dans le drop-box.
Les under-currents, les drops et les grizzlies doivent être répétés aussi souvent que le permettent les circonstances locales. Je pourrais citer des exemples de mines, où le développement des sluices atteint jusqu'à 15 kilomètres avec une vingtaine à'under-currents.
Sluices de décharge (Tail-sluices). — Les grizzlies ne rejettent qu'une très faible proportion de matériaux qui passent à travers les sluices, et il faut, en définitive, loger l'énorme masse des matières détritiques qui sont le produit du lavage. Dans ce but, on établit un cours de sluices de décharge pour amener les tailings jusqu'à un large cours d'eau capable de les entraîner, ou jusqu'à des ravines assez profondes pour les contenir. Les sluices de décharges doivent être solidement construits, mais en même temps combinés de façon à pouvoir être facilement changés de place ; aussi leur établissement est-il un des problèmes des plus importants, parmi tous ceux que l'on doit résoudre dans les travaux miniers hydrauliques.
Mode de travail. — Attaque des bancs de graviers. — Après avoir fait comprendre de quelle façon est organisée la circulation des eaux dans la méthode hydraulique et avoir décrit les appareils ou dispositifs qui mettent en jeu la force employée, il me reste à énumérer les moyens d'attaque des bancs de gravier, et les précautions prises pour recueillir le métal précieux.
La destruction des bancs de graviers s'effectue autant que possible avec l'aide de l'eau seule (fig. 145); mais, dans certaines circonstances, cette action ne serait pas suffisante, par exemple, quand le gravier est très dur et fortement cimenté, ou lorsque la hauteur du banc est telle que les ajutages -ne pourraient, sans danger, être assez rapprochés pour que le jet atteignit les parties élevées. Dans ce cas, on doit ébranler ou faire tomber les bancs, par des coups de mine, avant de procédera leur lavage.
Deux méthodes sont employées pour les coups de mine, et l'on peut faire usage, soit de puits, soit de galeries. Dans le premier cas, on peut élargir le puits dans le bas en forme de bouteille, ou encore pousser à sa base de petites galeries dans diverses directions. Les effets du coup de mine sont alors restreints à une faible surface. De pareils puits sont quelquefois employés pour détacher la partie supérieure des bancs de gravier lorsque les strates inférieures sont
fortement cimentées ; on commence alors par travailler les parties supérieures ainsi ébranlées, puis le bas est attaqué par des coups de mines établis dans des galeries s'enfonçant dans des bancs cimentés. On donne généralement aux puits un diamètre de lm,20à 1",50, et on les bourre, après introduction de la poudre, avec les matériaux de leur creusement.
Quand on fait usage de galeries à travers-bancs, on proportionne le nombre de ces galeries à l'extension du terrain que Ton veut ébranler. La galerie principale doit avoir des dimensions minima compatibles avec la facilité du travail; on lui donne pour longueur la hauteur du banc à ébranler, et l'on y pratique une ou plusieurs galeries transversales, suivant l'importance du coup de mine à donner. Une galerie transversale, ayant une longueur deux fois moindre, est toujours placée à la fin de la galerie principale. Lorsqu'il existe deux galeries transversales, l'une d'elles est placée dans le milieu, et sa longueur n'est que le tiers de celle de la galerie principale. Pour un banc de 23 à 40 mètres de hauteur, on emploie, pour le coup de mine disposé ainsi qu'il vient d'être dit, une charge de G00 caissons de poudre de 25 livres chaque, soit un total d' environ 7. 2<m) kilogrammes de poudre, dont les deux tiers sont placés dans la galerie transversale du fond, et le dernier tiers dans la galerie transversale intermédiaire.
La quantité de poudreemployéc varie, d'ailleurs, suivant la nature du gravier, entre 1/2 et 2/3 de caisson de 25 livres, soit entre 6 et 8 kilogrammes, par chaque masse de 40 mèlres cubes de terrain à ébranler. On évalue la masse totale de ce dernier en multipliant la hauteur du banc par la longueur de la galerie principale et par celle de la galerie transversale.
Ordinairement, la poudre est versée, au sortir des caissons, dans de longues boîtes munies de fusées et placées à des intervalles correspondant à environ 50 caissons, afin d'assurer sa combustion complète cl simultanée. On doit, d'ailleurs, en cas d'humidité dans les puits, prendre toutes les précautions usuelles pour mettre les boîtes et les fusées à l'abri de l'eau. Des fils conducteurs sont mis en relation avec les fusées et avec une batterie électrique, et l'on bouche solidement, par un fort boisage, la galerie principale au niveau de la première galerie transversale; enfin, on la remplit, à partir de ce boisage et jusqu'à son orifice, par du sable bourré.
On a expérimenté un grand nombre d'explosifs pour ces coups de mine, et Ton a été conduit à conserver, dans le plus grand nombre des cas, l'usage de la poudre ordinaire. La dynamite est, au contraire, très employée pour briser les gros blocs (boulders) qui se rencontrent dans les graviers, et les réduire en fragments capables de passer à travers les sluices.
Conduite des opérations de lavage et d'amalgamation. — L'opération dn lavage proprement dit est conduite de la façon suivante : on commence par enlever, sur quelques pieds de hauteur, le boisage du puits qui met en relation le point d'attaque avec le tunnel d'éva* cuation. L'on provoque ensuite, par le jet des lances, la destruction du terrain autour de ce puits, en créant un entonnoir dont les déblais, entraînés par l'eau, servent à remplir les espaces compris entre les riffles du sluice. Cet entonnoir doit être formé aussi vite que possible, pour permettre l'installation des ajutages et l'attaque proprement dite du banc. II va en s'élargissant et en s'approfondissant, a mesure de l'avancement du travail, jusqu'à ce qu'il ait atteint le bed-roc/c dans lequel le puits est conservé intact.
L'attaque de la masse alluvionnaire se fait d'ordinaire au moyen de deux ajutages qui battent le pied du banc. Quelquefois un troisième ajutage est employé pour entraîner les débris amoncelés parles deux autres; enfin, dans quelques mines très étendues,. ainsi que le montre la photogravure donnée au début de ce livre (fig. 16), se rapportant au North-BIoomfield, Californie, un plus grand nombre de jets concourent au travail de démolition.
Au commencement, l'eau rejaillit dans toutes les directions, mais bientôt elle s'enfonce dans la masse et produit graduellement dans le banc une excavation dont la grandeur est réglée par l'expérience du mineur, en môme temps qu elle se transforme en un torrent boueux, entraînant pierres, sable et argile. Lorsqu'une excavation d'une certaine importance est produite, on en commence une seconde, puis une troisième et ainsi de suite; on détruit ultérieurement les parties restées intactes entre les excavations, ce qui détermine la chute de la partie supérieure du banc, entraînée à son tour pardes jets que l'on dirige sur les éboulements ainsi formés. L'entonnoir primitif s'élargit de plus en plus et les graviers inattaqués finissent par former, au-dessus du bed-rock mis à nu, de
hautes falaises qui reculent à mesure que le travail s'avance. Le torrent boueux circule alors sur le bed-rock, dans le thalweg mis à nu de l'ancien chenal, jusqu'à l'orifice du puits de communication. Les photogravures ci-contre donnent une idée des résultats de ce gigantesque travail (fig. 16, 124, 145).
Une précaution importante à prendre dans le lavage des bancs est celle d'éviter les surplombs qui pourraient mettre en danger la vie des ouvriers en occasionnant des éboulements imprévus et soudains.
Lorsque les bancs de graviers sont très élevés, on les travaille en terrasses de 40 à 50 mètres chacune ; on peut citer des exemples de hauteurs de 65 mètres, lavées une fois ; mais ce travail est périlleux.
L'enlèvement des blocs d'une grosseur exceptionnelle se fait au moyen de grues de grandes dimensions ; lorsqu'on ne juge pas à propos de les faire sauter par la dynamite, on excave quelquefois ces blocs et on les laisse rouler ; mais l'indécision qui règne sur la direction qu'ils vont prendre, pendant le trajet parfois très long qu'ils peuvent avoir à parcourir, rend cette opération fort dangereuse.
Avant de mettre les cours de sluices en opération, on dirige dans leur intérieur, ainsi que nous l'avons dit, un courant de graviers légers pendant un jour ou deux, pour remplir d'abord les interstices. On déverse ensuite dans le sluice une quantité de mercure proportionnelle à la longueur de la conduite: pour 1.500 mètres de sluices, par exemple, on emploie, en général, 2 à 300 kilogrammes de mercure, et l'on a soin de mettre la plus forte quantité vers la tête, car le courant l'entraîne peu à peu et le répartit dans la longueur du sluice. On répand le mercure en gouttelettes, au moyen d'une sorte d'arrosoir en fer, tant dans les sluices que dans les under-currents. On continue à ajouter du mercure par petites portions, pendant toute la durée du travail, et cela une ou deux fois par jour, mais en diminuant la quantité vers la fin de la campagne. On a soin d'ailleurs de bien examiner les rifiles pour s'assurer que le mercure n'est jamais insuffisant, car, en thèse générale, il faut beaucoup de mercure pour bien retenir l'or. Avec la longueur citée de 1.500 mètres de sluices, un approvisionnement de 3.500 kilogrammes de mercure est suffisant pour une campagne de six mois.
Le nettoyage général des sluices n'est entrepris qu'une ou deux fois par an, lorsque Ton suspend toutes les opérations. On procède alors au déplacement complet du pavage. Toutefois les nettoyages partiels s'effectuent d'ordinaire toutes les quinzaines, spécialement sur la première partie du cours des sluices.
Lorsque Ton doit faire un nettoyage partiel, on commence par faire descendre, au moyen d'un assez fort courant d'eau pure, les pierres et les galets, puis on laisse couler un faible courant d'eau ; on enlève alors successivement les blocs de bois, en commençant parle haut; on lave ces blocs avec soin et on les dépose auprès des sluices. Enfin on établit, de distance en distance, un barrage dans le sluice lui-même, avec des planches bien jointes, et l'on accumule contre ce barrage l'amalgame mélangé de sable, entraîné par l'excès de mercure que l'on a eu soin d'ajouter. Les parois sont balayées et grattées, et le mélange de sable et d'amalgame est enlevé h la pelle et placé dans des baquets. Un lavage au pan achève de débarrasser l'amalgame du sable mélangé.
Traitement de l'amalgame. — L'amalgame recueilli contient, indépendamment de l'argent, toujours allié avec l'or natif, une certaine quantité de bas métaux, et, spécialement en Californie, une notable proportion de plomb de chasse employé pour la destruction antérieure du gibier, autrefois si abondant dans ces parages. Pour purifier l'amalgame, on le triture d'abord dans un bain de mercure ; les amalgames des bas métaux surnagent et sont enlevés, puis traités à part, par de l'acide nitrique qui dissout les bas métaux et laisse un peu d'amalgame d'or. Le mercure lui-même est filtré dans une manche en toile à voile et le résidu, fortement pressé, est traité à une douce chaleur par de l'acide sulfurique étendu (1/3 d'acide et 2/3 d'eau), qui le débarrasse des bas métaux encore retenus. On lave enfin l'amalgame & l'eau pure et on le distille dans les retortes ou cornues en fonte, à couvercle mobile muni d'un tube en fer entouré d'un manchon réfrigérant à courant d'eau (fig. 203, 228 et 229).
L'intérieur de la retorte doit être badigeonné avec de l'argile délayée, pour empêcher l'adhérence du tourteau d'or. Les retortes sont chauffées dans un fourneau où Ton emploie, d'ordinaire, comme combustible les vieux blocs de pavage; les cendres de ces blocs doivent être lavées afin de recueillir l'or dont ils sont im-
prégnés. Les tourteaux sont fondus au creuset de plombagine dans un fourneau rectangulaire à tirage ordinaire, chauffé au coke ou au charbon de bois (fig. 229). Après fusion, l'or est coulé en lingots; sur chacun de ceux-ci on frappe le chiffre de son poids et le nom de la mine d'où il provient.
Le titre des lingots obtenus dans les mines hydrauliques est souvent fort élevé et atteint, près de Smartsville, en Californie, le chiffre de 960. Les lingots sont vendus à San-Francisco, où il existe une usine d'affinage.
Conditions économiques du traitement hydraulique.
— 11 est bien difficile de poser des règles générales pour apprécier le coût d'un traitement par la méthode hydraulique, tant sont diverses les conditions dans lesquelles se présentent les mines de ce genre. La nature du gravier, les conditions topographiques de son gisement, le prix de revient de l'eau sont des éléments tellement variables que nous devons nous borner à quelques données générales et à quelques exemples caractéristiques.
Quantité d'eau employée. — Comme exemple de la quantité d'eau employée, nous citerons la mine n° 8 de la compagnie North Bloomfield, dans laquelle on a lavé, du 1er Janvier 1875 au 3 Octobre 1877, environ 7 millions de mètres cubes de gravier, avec une dépense d'un peu moins de 150 millions de mètres cubes d'eau; il en résulte que, dans cette localité, le rapport des volumes est de 20 d'eau pour 1 de gravier.
A la compagnie Bine Tent, où des relevés très soigneux avaient été exécutés dans les dernières années de fonctionnement du svstème, on a reconnu que, suivant la nature de l'alluvion, on entraînait, pendant un lavage de vingt-quatre heures, de 2 à 10 mètres cubes de gravier par pouce de mineur. Cette mesure étant considérée, dans ce district, comme l'équivalent de 75 mètres cubes d'eau environ par 24 heures, cela revient à dire qu'il faut un volume d'eau dont la proportion varie de 7 fois et demie à 35 fois celle du volume du gracier, pour désagréger et entraîner ce dernier dans les sluices.
Ces chiffres que nous venons de citer sont des limites extrêmes, et Ton considère, en général, que les graviers lavés avec succès exigent une proportion d'eau s'élevant, en moyenne, à 12 fois leur volume.
Prix de revient. — J'ai établi, d'après Th. Eg le s ton, un tableau donnant le prix de revient d'une once Troy (31 grammes) de métal précieux dans deux cas différents : celui de la mine La Grange, se rapportant à une faible hauteur de gravier aurifère, et celui deNorth Bloomfield, où les bancs atteignent 80 mètres de hauteur.
Eau
Main-d'œuvre
Matériaux
Explosifs
Blocs et planches
Frais généraux
Dépenses accidentelles, Taxes
La Orange
North BloomÛeld
Si Ton réduit ces résultats en mesures métriques, on trouve que le prix de revient du kilogramme d'or dans le premier exemple est 1.902 francs, et dans le second de 1.518 francs seulement, en prenant 5 fr. 20 pour la valeur du dollar.
Voici, d'après le même auteur, le prix de revient par mètre cube de gravier traité, avec la teneur correspondante, dans quelques autres mines de la Californie.
DESIGNATION DES MINES
Roach Hill...
Richardson . .
Iowa Hill
Independence Wisconsin
TENEUR par
MÈTRE CUBK
francs