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CONCENTRATEUR H END Y

La pulpe provenant des batteries est traitée dans ces appareils sans addition nouvelle d'eau, et chacun d'eux peut traiter 5 tonnes en vingt-quatre heures; on doit donc en employer généralement deux par batterie de 5 pilons.

Concentrateur Bmbrey. — Cet appareil est semblable, dans son ensemble, au frue-vanner. La différence essentielle tient à ce que les secousses imprimées à l'appareil sont longitudinales au lieu d'être transversales.

Il existe plusieurs variantes de l'Embrey. Le concentrateur Triumph notamment appartient à cette catégorie. Un réel progrès a consisté à faire passer la toile sans fin sur trois rouleaux de renvoi, dont un fait office de tendeur, placé sous le bâti inférieur de l'appareil. Le premier de ces rouleaux trempe dans l'eau d'une cuve, où les sulphurets restés adhérents se détachent et tombent dans le fond. Les secousses ne sont imprimées qu'aux rouleaux supérieurs, ce qui diminue considérablement les poids en mouvement, avantage considérable vu la grande vitesse qu'il faut imprimer aux parties entraînées.

Le nombre des secousses par minute varie entre 235 et 240 pour les tables Embrey et Triumph. Ce dernier appareil possède aussi un collecteur d'amalgame.

L'un et l'autre de ces concentrateurs passe par heure une quantité de 250 kilogrammes de sluices calculés secs. 11 faut donc deux tables de ce genre pour chaque élément de 5 pilons de batterie.

Table Wilfley. — Cet appareil a pris dans ces dernières années une place prépondérante dans la concentration des minerais aurifères et aussi dans le traitement des autres minerais métalliques à l'état fin. C'est ainsi qu'aux seules mines d'Anaconda, célèbres gisements de cuivre des Etats-Unis (Montana), il existe 431 tables Wilfley en service, chiffre qui n'a été dépassé par aucun autre système.

Inventée par A.-R. Wilfley de Uenver (Colorado), elle fut essayée au début de 1897 h la mine Ten Mile, district de Kokomo, au Colorado, avec un succès qui attira immédiatement l'attention. Plus de 4.500 tables Wilfley sont actuellement en service dans tous les pays du monde. On en construit aux États-Unis, en Angleterre, en Australie, au Mexique et au Canada; la France fait encore exception.

Description de la table. — L'appareil est porté par une solide fondation en bois. Il est indispensable que la motion de la table s'opère sans chocs ni vibrations ; le châssis doit en conséquence reposer sur une fondation parfaitement solide et immobile.

La table proprement dite est fixée au châssis, du côté de la décharge seulement, au moyen de forts tirants, auxquels on laisse cependant un peu de jeu, afin de permettre de faire varier la pente.

Il est essentiel que la table reste parfaitement rigide et plane, tout gauchissement étant nuisible à sa bonne marche. Aussi estelle construite en excellentes planches de bois rouge, entretoisées avec du pin blanc et assemblées avec des boulons en fer, de façon à constituer un ensemble indéformable et parfaitement plan, déforme trapézoïdale, mesurant lm,80 sur un côté, lm,50 sur l'autre et4m,80 de longueur.

La table est couverte avec du linoléum et garnie, mais sur une partie seulement, par des riffles ou baguettes de bois, clouées sur le linoléum et aboutissant à une ligne diagonale au-delà de laquelle la table est nue {fig. 222 à 224).

L'emploi du linoléum n'a pas été trouvé du premier coup. On a commencé par essayer des surfaces en bois, en cuivre, en fer, en ciment, en ardoise, en marbre, etc. On a vite constaté qu'il y avait un avantage considérable à éviter des tables lourdes, en fonte par exemple, comme celle des tables Rittinger, qui eurent leur moment de célébrité.

M. A.-R. Wilfley reconnut bientôt l'avantage d'une couverture légère et aussi la propriété adbésive particulière du linoléum pour les grains minéralisés de petites dimensions.

Les riffles ou baguettes sont faites en pin blanô, sain et sec. Ils sont cloués sur la table déjà garnie de son revêtement en linoléum parallèlement au grand côté de la table, le plus long de ces rifles étant placé près du bord par lequel s'échappent les tailings et se prolongeant sur la longueur entière de la table. Cette baguette a 12mm,5 de hauteur et 6mm,25 de large. Elle conserve cette largeur sur tout son parcours mais, sa hauteur diminue graduellement jusqu'à son extrémité. L'espacement d'axe en axe des riffles est de 35 millimètres, de sorte que le vide entre deux parois consécutives des riffles est de 28mm,75.

Tous ces rifles se terminent à la diagonale qui sépare la table

TABLE WI1.FLEY

en deux parties inégales. Le dernier riffle, le plus court, a 6al,,,25 sur 6mm,25 (1/4 de pouce), comme dimensions de sa section, et seulement 1",20 de long.

Les derniers modèles de tables Wilfley ont 46 riffles.

Si on fait une coupe transversale de la table en un point quelconque de sa surface, on voit que les matières, après un certain parcours sur une surface plane, rencontrent une série de riffles dont la hauteur va constamment en croissant de l™"^ pour chaque 30 centimètres et qu'en aucun point les matières classées par le courant d'eau sur la partie plane ne peuvent échapper à la récolte dans des riffles.

C'est grâce à ce dispositif spécial que la capacité de cette table a pu être portée de 3 ou 5 tonnes, qui étaient autrefois le chiffre normal de ce genre d'appareils, à 15 et même 25 tonnes par vingtquatre heures.

Mode de travail. — La pulpe à traiter arrive dans une. boîte de tête qui ne règne que sur une longueur un peu moindre que celle du dernier riffle de tête. Elle en sort par une série de trous pratiqués à la partie supérieure de cette boite de distribution. De là elle s'étale sur les riffles et chemine vers la sortie des tailings. Grâce au mouvement alternatif rapide imprimé à la table, combiné avec la disposition des riffles, la pulpe se stratifié et on voit les grains blancs de silice monter à la surface, où ils sont entraînés parle courant d'eau qui recouvre le tout. Le travail de cet appareil n'est parfait que grâce à cette mince lame d'eau qui empêche les pertes, par flottage, des matières minérales fines. Il suffit de voir comment, dans une bâtée où on a fait égoutter le résidu, l'or et les pyrites se mettent à flotter dès qu'on y ajoute de nouveau de l'eau, pour se rendre compte du déchet inévitable qui se produit de ce chef avec tous les appareils où les concentrés restent à sec ne fut-ce que peu de temps, comme dans les round-buddles, les frue-vanners, etc.

Les concentrés, débarrassés ainsi de la majeure partie des sables stériles pendant qu'ils ont circulé entre les riffles, arrivent sur la table plane, où ils sont soumis à un courant d'eau claire qui les classe par. ordre de densité et qui les entraine en même temps vers le bas de la table où on recueille les diverses qualités dans les boîtes à collecteurs mobiles, de sorte qu'on peut, au gré du conducteur, varier la nature des concentrés recueillis.

TABLE W1LFLEY

Consommation deau. — La consommation d'eau de cet appareil varie suivant la nature des minerais traités, entre 22 et 45 litres par minute.

Force motrice. — La force motrice nécessaire pour la conduite d'une table Wilfley est de 1 cheval- vapeur au maximum.

La vitesse moyenne de la poulie de commande est de 240 révolutions par minute.

Le poids total de ce concentrateur est de 1.224 kilogrammes et son encombrement pour transport maritime de 4 mètres cubes 1/2. La pièce la plus lourde pèse 360 kilogrammes; mais on peut fractionner les poids de façon à rendre l'appareil transportable à dos de mulet.

Remarques générales relatives à l'emploi des concentrateurs. — On peut dire, comme règle générale, que tous les concentrateurs, quel que soit leur système, sont des appareils qui ne fonctionnent d'une façon entièrement satisfaisante que lorsqu'ils traitent des matières ayant déjà subi une première classification et, par conséquent, exemptes de slimes. Toutefois cette réserve ne peut pas être considérée comme absolue. La table Wilfley notamment sépare d'une façon satisfaisante les pulpes sortant, sans classification préalable, des plaques d'amalgamation d'un moulin californien ordinaire. Il est vrai que cette table est la seule qui, grâce à la combinaison de la table avec riffles et de la table nue que j'ai décrite, permette l'élimination des sables dans la partie garnie des riffles et qui soumette à l'action de la mince lame d'eau, des matières déjà préparées en vue de la concentration finale. Cette particularité a été bien mise en lumière dans le procès en contrefaçon intenté par M. Wilfley contre un Établissement de construction de matériel de mines. Il a été jugé, en appel, que la table Cammctt, « bien que pouvant, sous certains rapports, être une « amélioration du brevet Wilfley (direction et répartition des con- « centrés), comprenait cependant les éléments essentiels des tables <( Wilfley du dernier modèle, remplissait le même usage et cons- « tituait par conséquent, une contrefaçon. »

11 est indubitable que la classification joue un rôle important dans une bonne concentration, mais qu'on ne peut pas espérer remédier par cette dernière opération, même exécutée avec les appareils

TABLE WILFLEÏ

les plus parfaits, à un broyage défectueux. Les deux choses sont étroitement liées.

Le rêve poursuivi par tous les exploitants de moulins à or est de pouvoir simplifier les méthodes et de tout traiter en vrac, à la sortie des appareils de broyage, soit par concentration, soit par classification ; mais c'est là un desideratum qui est rarement avantageux au point de vue du coefficient d'extraction de For. Il y a donc une limite, une balance à établir dans chaque cas particulier pour se rendre compte du sens dans lequel il faut consentir un sacrifice. Ce qu'on peut dire, c'est que la classification est indispensable lorsque le minerai contient des sulfures des bas métaux, à cause de leur extrême friabilité, qui les transforme en slimes.

Si, par exemple, on doit traiter un minerai composé essentiellement de quartz, il est démontré que, si on le broie à une perforation déterminée, au tamis 30, pour prendre un chiffre courant, il n'y a guère que 10 0/0 du produit broyé qui ait juste cette dimension n° 30. Cinquante pour cent, au moins, de la masse passe à travers un tamis cinq fois plus fin. Dans bien des cas, 90 0/0 de la valeur utile en métal précieux se trouve dans ces 50 0/0 de produits fins. On peut dire alors que le simple tamisage est le meilleur concentrateur applicable. La classification préalable est, dans ce cas, indiquée d'une façon évidente, avant de faire passer les matières au concentrateur.

Définition des slimes. — On emploie beaucoup le terme de slimes, sans bien s'entendre sur sa signification. Pour le public en général, les slimes sont des matières très fines et boueuses, qui se précipitent difficilement et dans lesquelles l'or se trouve dans un état qui en permet difficilement l'extraction par les moyens ordinaires de la cyanuration. Cette opinion est loin d'être exacte.

II est certain que, dans la classification qui fait suite au broyage, il reste une partie importante de résidus fins, qui échappent aussi bien aux tables de concentration qu'aux spitzkasten, qui offrent une résistance considérable à la fi lt ration des liquides à travers leur masse et qui se déposent difficilement par le repos. Ce sont ces matières, inclassables et indéposables, qu'on désigne sous le nom de slimes.

La composition proprement dite de ces matières ne joue aucun

DÉFINITION DES SUMES 60*

rôle dans l'espèce. On peut produire des slimes de quartz pur, sans aucun mélange d'argile, et il n'y a pas de différence sensible, au point de vue chimique et minéralogique, entre les sables et les slimes. La façon différente dont ces matières se comportent à la lixiviation est donc purement d'ordre physique.

On a souvent défini les slimes : la partie fine produite par le broyage, qui passe à travers le tamis 200. Ce n'est pas exact non plus, car des grains même très fins, passant à travers ce tamis, mais classés, sont parfaitement perméables aux liquides et se décantent très bien. Ce qui rend les slimes imperméables et difficiles à décanter, c'est leur défaut de classement, qui a pour résultat que les particules fines, se déposant entre celles qui ont des dimensions supérieures, bouchent les interstices et rendent la masse totalement imperméable. La forme de ces fines particules joue aussi un rôle essentiel. C'est ainsi que les slimes talqueux, formés d'éléments feuilletés, se déposent très lentement, et, une fois déposés, sont absolument imperméables pour les réactifs chimiques. C'est dans ce cas que l'emploi des filtres-presses, qui forcent les liquides dissolvants à travers ces matières fines, rendent de réels services et constituent un très grand progrès. On peut aussi, par une addition de chaux, coaguler les slimes paresseux et les faire déposer plus rapidement.

En définitive, on peut définir les slimes, au point de vue industriel, comme un mélange, non classé, de matières très fines, métalliques ou non, qu'il est difficile de décanter et de soumettre à la lixiviation.

Deuxième catégorie. — Arrivons maintenant à la deuxième catégorie, dont le type le plus ancien est le round-buddle.

Le dispositif essentiel d'un round-buddle consiste en un cône en ciment sur lequel vient s'étendre, en s'épanouissant le long des génératrices divergentes de ce cône, une pâte claire formée par les slimes délayés dans une certaine quantité d'eau; l'arrivée de cette bouillie se fait près du sommet du cône, au moyen d'une auge circulaire munie d'un bec d'écoulement, qui tourne autour de l'axe vertical du cône, de façon à distribuer la matière successivement sur toutes les génératrices du round-buddle; la matière arrivant toute délayée, d'une façon continue, dans l'auge centrale.

Par sa descente en éventail, sur la surface conique, les matières sont progressivement retardées dans leur marche par suite de l'épanouissement de la nappe liquide, et cela facilite le dépôt progressif des matières suivant leur densité.

Pour aider l'entraînement des matières plus légères, le mécanisme de rotation, qui porte l'appareil distributeur, est muni d'une traverse qui tourne autour de Taxe central; cette traverse entraîne, dans son mouvement circulaire, d'un côté des petits balais ou même simplement des chiffons qui a ffou illent la surface des matières déposées dans le round-buddle, et de l'autre côté un petit réservoir contenant de l'eau qui sert à produire un arrosage uniforme et continu sur la surface du dépôt.

Le round-buddle donne un peu de bon minerai, et beaucoup de mixtes à repasser, enfin les matières entraînées contiennent encore unegrande proportion de minerai, qui est ainsi définitivement perdu.

On emploie quelquefois cet appareil démodé, dans le cas où on à traiter une grande. quantité de slimés peu riches: on peut, dans ce cas, recommander l'emploi du round-buddle dégrossi sseur, qui, éliminant du premier coup une notable proportion de matières stériles, permet de fournir aux tables tournantes des slimes déjà moins pauvres que ceux qu'on avait à traiter ; cela facilite le travail des tables tournantes en permettant d'employer un moins grand nombre de ces appareils.

Le premier essai de perfectionnement qu'on ait tenté suivant le principe du round-buddle, c'est la table tournante ayant la même forme conique que le round-buddle ; mais cette disposition permettait de faire arriver, d'une manière fixe, le minerai au sommet du cône, et on procédait à un arrosage par des tuyaux fixes.

L'emploi des premières tables tournantes a été peu à peu abandonné parce que ces appareils très lourds, nécessitant une grande force, étaient sujets à des trépidations considérables produites par les galets de roulement qui soutenaient les bords inférieurs de la table en tournant dans une rainure circulaire : il est facile de comprendre que ces trépidations étaient extrêmement nuisibles au dépôt progressif des matières.

Table Lin/cenbach. — Le meilleur perfectionnement du roundbuddle est la table de Lin/cenbach.

C'est un véritable round-buddle de 7 à 9 mètres de diamètre,

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