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TRAITEMENT DES MINERAIS AUR0-ANT1M0NIEUX

médiocre, à cause des pertes de métal précieux par la volatilisation de l'antimoine et de ses composés.

M. Herrenschmidt a pris, comme point de départ une idée très simple : étant donné que c'est à la présence de l'antimoine que sont dues toutes les difficultés, pourquoi ne pas les éliminer dès le début en se débarrassant de ce métal au moyen d'un dissolvant approprié, qui laisse inattaqués, les autres métaux ainsi que l'or ?

Ce dissolvant est le sulfure de sodium, corps qu'il est facile de se procurer dans l'industrie à bas prix et dont Faction sur le sulfure d'antimoine (stibine) est rapide et complète.

Il est facile de s'en convaincre en traitant de la stibine pulvérisée par une solution de sulfure de sodium, même moyennement concentrée. La dissolution est complète et rapide à l'ébullition.

En opérant sur des concentrés, contenant, en sus de la stibine, d'autres sulfures ou arséniures métalliques, l'action est tout aussi nette. Nous avons fait, pour nous en assurer, l'essai suivant : Des concentrés provenant du traitement de résidus de la laverie de La Lucette [Mayenne) avaient, avant le traitement par le sulfure de sodium, la composition que voici :

Antimoine 114 kilogrammes par tonne

Or 778 grammes —

après traitement ces mêmes concentrés ont donné :

Antimoine 8 kilogrammes par tonne

Or 962 grammes —

soit une extraction de 93 0/0 de l'antimoine contenu, et ce, sans aucune perte en métal précieux, l'or étant insoluble dans les sulfures alcalins à l'ébullition.

Cette réaction fondamentale est le point de départ de la méthode de traitement appliquée aux minerais de la Lucette, dans l'usine de M. Herrenschmidt, au Genest (Mayenne), où il m'a été possible de l'examiner en détail.

Voici le détail des diverses opérations qui constituent le procédé.

I. Concentration. — Les minerais sont broyés, soit par des bocards, soit avec des moulins à boulets; mais en aucun cas ils ne

sont soumis à l'amalgamation directe. La proportion d'or libre dans ces minerais est toujours assez faible.

La dimension des mailles de tamis joue un rôle important dans la concentration, et il a fallu une série de tâtonnements avant d'arriver à la perforation la plus convenable.

Du broyage, la pulpe se rend, sans aucune élimination préalable des slimes, sur les concentrateurs à courroie sans fin, qui donnent trois produits, à savoir :

Des concentrés qui vont directement à ladésantimonisation;

Des mixtes, à repasser;

Des stériles, qu'on rejette.

Concentrés. — Les concentrés sont composés de pyrites de fer, de mispickel et d'une partie seulement de la slibine. Us contiennent aussi tout l'or métallique qui peut se trouver dans le minerai.

Au moment de notre visite, l'usine traitait des matières très pauvres en antimoine, provenant des déchets de la laverie de la mine de La Lucette. En voici la composition :

MINERAI BROYÉ AU Teneur par tonne Bocard Moulin à bouleta

Anlimoine 10k*,9 9k*,5

Or 6*r 5*r

Les concentrés obtenus par le traitement de ces minerais contiennent :

Anlimoine H4k*,l par tonne

Or 34«r —

Un aulre concentré obtenu avec ces mêmes minerais tenait :

Antimoine 97k*,5 par tonne

Or 214*r —

Mixtes. — Les mixtes contiennent encore une proportion assez importante d'antimoine, supérieure même parfois à celle du minerai originaire. En voici la composition :

Antimoine 14k*,5 par tonne

Or i** —

PROCÉDÉ HERREN8CHMIDT 733

Ils sont, comme on le voit, très pauvres en or. Ces mixtes sont repassés dans le traitement.

Tailings. — Les tailings, très pauvres en antimoine et en or, sont évacués au dump. Ils contiennent :

Antimoine 5k*,i par tonne

Or traces

Les résultats très remarquables de cette concentration montrent clairement qu'il ne faut pas songer à séparer effectivement le pyrite et lemispickelde la stibine. Cette dernière se répartit sur la table de concentration, depuis le compartiment des concentrés proprement dits; jusque dans celui des mixtes il n'est donc pas possible de recueillir séparément ces deux sulfures métalliques.

II. Traitement des concentrés. — La dissolution de l'antimoine dans le sulfure de sodium s'exécute méthodiquement, par lixiviation avec agitateurs, les liqueurs les plus appauvries en sulfure de sodium étant mises en présence des concentrés les plus riches venant des tables. On a ainsi, à l'extrémité de la batterie de dissolution, une liqueur saturée de sulfure d'antimoine à l'état de sulfure double d'antimoine et de sodium, mais sans excès de sulfure de sodium en liberté.

Cette liqueur, après décantation dans un bac, est soumise et un barbottage d'acide sulfureux, provenant du grillage des pyrites ou du grillage du sulfure d'antimoine donné par l'opération elle-même. Le sulfure d'antimoine est précipité sous forme d'une masse de couleur rouge brique, qu'on passe au filtre-presse au moyen d'un monte-jus. Le sulfate de soude produit par cette précipitation est évacué à l'état de lessive. Les gâteaux de sulfure d'antimoine sont marchands tels quels, vu leur pureté, ou soumis au grillage pour produire l'acide sulfureux nécessaire pour une précipitation subséquente, et ainsi de suite.

Les concentrés désantimonisés peuvent, à partir de ce moment, être traités par un des procédés en usage pour l'extraction de l'or des pyrites non ahtimonieuses.

Le procédé le plus simple consiste dans une fusion plombeuse, avec ou sans grillage préalable, au four à réverbère et au four h manche, en présence de la litharge, provenant du traitement lui-même.

734 l'indcstjiib

Dans tous les cas, on a comme produit un ptnih d'oeuvre contenant pratiquement la totalité du métal précieux.

Ce plomb d'œuvre est soumis, soit à la coupellation ordinaire, soit à une oxydation par le nitrate de soude, qui donne des litharges à repasser, du nitrite de plomb, produit marchand et d'emploi courant dans la teinturerie, et enfin du plomb très aurifère à coupeler. C'est cette dernière formule qui est indiquée par M. Hcrrenschmidt. Dans cette manière d'opérer, la valeur des sousproduits paie, et au delà, les frais du traitement.

Conclusions. — L'originalité et le point saillant du procédé Herrenschmidt réside dans Yémination préalable et totale de Vantimoine par sa dissolution dans un sulfure alcalin, à l'ébullition.

Un au Ire point capital, c'est la concentration du minerai, sans chercher à séparer la stibine des autres sulfures métalliques.

On récupère ainsi la totalité de l'antimoine sous la forme marchande de sulfure précipité pur.

Et on laisse dans le résidu insoluble, privé d'antimoine, la totalité du métal précieux. Ce résidu peut être traité par voie sèche, sans aucun des inconvénients qu'entraîne la présence de l'antimoine. On peut dès lors concentrer, sans pertes, le métal précieux dans un plomb d'œuvre dont l'affinage est des plus simples :

Prix de revient. — En appliquant ce procédé à des minerais tenant par exemple :

Antimoine 4 0/0 soit 40 kilos à la tonne

Or 12 grammes —

minerai qui peut-être considéré comme absolument sans valeur dans les conditions actuelles de traitement des minerais auro-antimonieux, le procédé Herrenschmidt permet de payer tous les frais de traitement au moyen des sous-produits retirés et d'arriver à laisser un bénéfice d'environ 21 francs par tonne, en donnant à cette dernière une valeur d'achat de 6 francs.

PROCÉDÉ HERRENSCHM1DT 735

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