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TRANSVAAL

Au Transvaal, on a vu jusqu'à ces derniers temps ce curieux phénomène d'une douzaine de grandes mines d'or travaillant seulement à la moitié de leur capacité réelle par suite du manque de bras. Depuis le commencement de l'introduction de la main= d'œuvre jaune, cette situation a complètement changé, et ces mines reprennent, dans Tordre de production des grandes mines du monde entier, le rang qui leur est dû.

Parmi les 17 plus grandes mines du Transvaal, 10 appartiennent à la classe des mines travaillant sur les affleurements, 6 sont des deep-levels de premier rang et 1 un deep-level de second rang. La mine Ferreira Deep qui, en 1903, venait seulement la vingtdeuxième sur la liste des grands producteurs d'or, s'inscrit à présent tout à fait en tête de cette nomenclature.

J'ai cherché à exposer dans cet ouvrage l'état actuel de l'industrie aurifère dans les principaux pays producteurs, en faisant ressortir les caractéristiques principales des méthodes, envisagées au triple point de vue : technique, économique et financier.

Je ne me dissimule pas les lacunes que doit forcément présenter un pareil travail. Comme je l'ai dit au début de ces lignes, chaque jour apporte à l'ensemble de nos connaissances un chapitre nouveau. Des méthodes originales, comme la cyanuration par exemple, font époque dans l'histoire des exploitations aurifères et se traduisent par des résultats économiques et financiers dont j'ai démontré l'importance par des chiffres et par des diagrammes convaincants. De tels progrès ne sont pas fréquents, et il est probable que, de même que le moulin à or californien est resté pendant plus de trente ans le prototype indiscutable de l'industrie aurifère, de même, la cyanuration ou ses dérivés resteront pendant une période prolongée la solution, universelle en principe, du traitement des minerais où l'or se trouve sous des formes rebelles à l'amalgamation. J'évite à dessein de dire à l'état combiné, car, en réalité, nous ignorons à l'heure actuelle la nature de l'association de l'or avec les minéraux ou les corps qui s'opposent à son amalgamation. Dans cet ordre d'idées, un champ des plus vastes est ouvert aux investigations d'ordre scientifique.

Il était donc utile, au^ point de vue de la pratique courante des prochaines années à venir, de fixer, au moins dans leurs grandes lignes, les procédés en usage pour la cyanuration des minerais aurifères et de donner une idée des prix de revient qu'on peut espérer obtenir par son application raisonnée et par l'emploi de dispositifs économiques, dont j'ai donné un certain nombre d'exemples, tirés de la pratique, susceptibles par conséquent d'être

obtenus dans les installations à créer, en profitant des résultats acquis.

Vouloir aller plus loin m'aurait entraîné à des redites et m'aurait obligé, pour être absolument complet, à exposer en détail la pratique de la plupart des mines d'or du monde entier. J'ai dû me borner aux grandes lignes.

Mais, en dehors des principes mêmes des méthodes, il se produit des améliorations incessantes dues à une conception plus exacte et plus logique des diverses phases du traitement. Ce champ là est. on peut le dire, indéfini, et il reste ouvert chaque jour à de nouveaux efforts. Leur influence sur le rendement des mines peut avoir une importance sinon égale, au moins comparable à l'invention d'une méthode nouvelle. Il est indubitable par exemple, que Temploi récent des tube-miils, comme appareils finisseurs du broyage, permet de donner aux moulins californiens existants une capacité de traitement double au moins de leur puissance antérieure et ce, sans avoir besoin de renouveler de fond en comble les immobilisations déjà faites, mais seulement par une addition de matériel ne représentant qu'une faible partie de l'économie réalisée, dans une seule année, grâce à leur emploi. De tels progrès ont une influence non seulement sur les affaires déjà en cours de production, mais aussi sur les nouvelles, en permettant de réaliser dans les prévisions de dépenses de premier établissement, des économies très importantes.

Dans cet ordre d'idées, je n'ai pu enregistrer que les résultats acquis, mais je n'ai pas pu prévoir les progrès de demain. Or Je nombre de ceux qui cherchent est considérable, et parmi ces chercheurs se trouvent des personnes possédant une grande pratique et, souvent, la science et la pratique réunies : c'est dire que leurs efforts seront certainement couronnés de succès.

J'ai cherché à indiquer tout au moins le sens dans lequel ces progrès se produiront, et c'est pourquoi je me suis étendu avec quelque insistance sur les questions de broyage, qui sont, en ce moment, le point capital de tout traitement rationnel.

Si nous cherchons à synthétiser un peu tout cet ensemble de faits pour dégager les idées maîtresses, nous voyons tout d'abord, en ce qui concerne les alluvions aurifères, une voie nouvelle ouverte depuis peu; c'est celle de l'exploitation mécanique, se substituant à l'effort manuel, conformément à l'évolution naturelle de toutes les industries extractives. Retardée plus que toute autre, à cause des difficultés de communication et de transport sur les lieux où elle s'exerce d'habitude, l'industrie placérienne est appelée, plus que tout autre aussi, à utiliser les voies de communication rapides et économiques qui se construisent de toute part dans les pays aurifères.

Ce sont donc les pays neufs récemment pourvus de voies de pénétration : la Sibérie, l'Afrique Centrale, l'Amérique du Sud, qui seront sous peu ou qui sont déjà les pays aurifères destinés à servir de théâtre aux méthodes nouvelles. Ces dernières ont, au point de vue technique, fait déjà leurs preuves.

Si nous passons à présent au traitement de l'or fi Ionien, nous constatons, par le simple historique des faits, que le Transvaal n'est plus, au point de vue des méthodes de traitement de ses minerais, à la tête du mouvement et du progrès.

Tout le monde sait que le merveilleux développement du Rand a été dû aux facilités exceptionnelles que présentait ce gîte, unique au monde. Régularité de la couche et régularité de la teneur ; minerai facile à amalgamer dans toute la région superficielle, mise la première en exploitation; application par conséquent, immédiate, d'un appareil parfait, le moulin californien, le tout mis à la disposition d'une race active et énergique, pleine d'initiative, ne professant pas le respect des diplômes, ne demandant au personnel dirigeant que des connaissances théoriques sommaires, souvent même tout à fait rudimentaires ou nulles. Ce personnel, formé uniquement par la routine, mais possédant au plus haut degré les qualités, si utiles dans ces cas là, d'entente pour la conduite des ouvriers, d'énergie,

et de volonté était, dans toute l'acception du mot, un personnel de « Selfmademen ». La majorité d'entre eux étant d'ailleurs des Américains, formés dans le Far West, apportaient leurs connaissances acquises dans les moulins californiens, sans songer à faire autre chose que ce qu'on leur avait appris.

Les choses ont changé de face quand il a fallu aborder le traitement des minerais provenant des deep levels. 11 a fallu, grâce, il faut le dire, au système anglais des Ingénieurs-Conseils, dirigeant de haut tout ce personnel subalterne et capables, eux, d'inaugurer des méthodes rationnelles et nouvelles, transformer les procédés, reprendre, avec le succès que Ton sait, les tailings abandonnés par les premiers exploitants pour en retirer l'or par la cyanuration, mettre cette dernière au point, faire, en un mot, un effort gigantesque, de l'intensité et de la valeur technique duquel ne se doutent guère ceux qui en ont le plus profité.

Pendant ce temps les Américains, mieux outillés comme personnel, mieux servis par les ressources d'un pays déjà organisé et muni de voies de communication, prenaient à leur tour les devants et apportaient, surtout dans le traitement des minerais pauvres, des améliorations dont des monographies comme celles de Tradwell, de Homestake, de Gripple Greek, que j'ai données ci-dessus, donnent une idée. Us innovaient, notamment au point de vue des broyages, des procédés et des appareils qui commencent à peine & pénétrer au Transvaal.

Dans une autre partie du monde, en Australie, la découverte des grands gisements de l'Australie de l'Ouest, où l'or est associé à des tellurures et à d'autres corps gênants, dans un pays entièrement dépourvu d'eau et de ressources, surtout dans les débuts, avec une main-d'œuvre hors de prix, donnait naissance à une méthode qui, rompant définitivement avec les procédés du Transvaal, arrivait à une extraction des plus satisfaisantes avec le broyage à sec et la cyanuration des slimes au moyen de cuves avec agitateurs et finalement, passage aux filtres-presses.

Quelles sont, dans ces divers pays, les prévisions futures de développement? Ont-ils atteint leur épanouissement normal ou bien assisterons-nous, dans un avenir plus ou moins rapproché, à un développement plus intense, à un abaissement progressif des

prix de revient et, somme toute, à un accroissement de production comparable à celui qui a marqué la dernière décade?

Pour répondre à ces diverses questions, il faut envisager, dans son ensemble, la répartition de la main-d'œuvre et des autres dépenses dans le prix de revient des mines d'or.

Voici, en ce qui concerne l'Australie, des chiffres extraits du Rapport annuel de la North Boulder Mining C*.

Main-d'œuvre et surveillance 71 ,99 0/0

Combustible 9,04

Fournitures et explosifs 8,33

Eau 4,23

Direction et frais généraux 3,82

Réparations 1,74

Outils 0,28

Transports 0,41

Laboratoire, analyses etc 0,19

Voici une répartition analogue pour le Transvaal, avant l'introduction de la main-d'œuvre jaune; d'après le Rapport de la Consolidated Goldfields of South Africa :

Main-d'œuvre et salaires des employés RQûin/rtl^'^ ^/°

Main-d'œuvre des noirs 58'97 0/0 ) 27,83

Explosifs 10,91

Combustible 8,98

Matériaux de construction 3,79

Entretien de moulins 3,47

Produits chimiques 2,55

Eclairage 1,35

Fourrage 0,43

Divers 9,55

On voit le rôle prépondérant joué par la main-d'œuvre dans ces prix de revient. Or, si la question, si grave, du travail paraît résolue d'une façon satisfaisante au Transvaal, par suite de l'introduction récente de la main-d'œuvre chinoise, il est loin d'en être ainsi en Australie. Les ouvriers australiens ont la journée de huit heures seulement, à savoir sept heures et demie de travail effectif pour les jours de semaine, une demi-heure étant accordée pour le déjeuner (crib)f et la journée du samedi étant de cinq heures et demie seu-

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le ment. Cette dernière est même discutée, l'intention des groupements ouvriers étant d'appliquer la décision de FArbitration Court, qui donne quarante-huit heures consécutives de repos hebdomadaire aux ouvriers de la surface et aux ouvriers du fond.

Voici l'échelle actuelle des salaires à Kalgoorlie :

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