‹ L'Industrie aurifèreChapitre 240 sur 241 · SALAIRE · texte numérisé non relu

SALAIRE

sfc.

L'introduction de la main-d'œuvre étrangère, notamment de la main-d'œuvre jaune, étant sévèrement prohibée en Australie, il n'y a aucune raison pour voir diminuer ces prix de journées : il paraît donc difficile qu'on puisse réaliser du côté de la main-d'œuvre une économie quelconque sur les prix de revient actuels. La probabilité d'un accroissement continu des salaires est au contraire à envisager.

11 semble donc que le développement des affaires aurifères en Australie sera sérieusement entravé par la question de la maind'œuvre et que seules les mines à teneurs élevées pourront supporter les frais qui en résulteront. Or ces mines très riches ne sont pas

de durée illimitée et ne constituent pas une réserve inépuisable, dans laquelle on puisse venir prélever des productions sans cesse croissantes sans en hâter l'épuisement prématuré.

Au Transvaal, au contraire, la main-d'œuvre jaune permet de prévoir, pour les temps prochains, un nouvel accroissement de la production, coïncidant avec l'aménagement mieux compris des deep-levels et aussi avec la mise en valeur de gîtes nouveaux, notamment dans les North Rand Séries (De Waru Mines), qui viennent de faire leur apparition.

Il existe bien, en Angleterre même, une certaine opposition au recrutement de la main-d'œuvre chinoise en vue de l'exploitation des mines du Transvaal, basée sur des considérations humanitaires; mais elles n'ont guère de chance d'entrer en ligne de compte dans un pays où l'esprit public n'est pas enclin à se laisser aller à des idées sentimentales, surtout lorsqu'un intérêt pécuniaire se trouve sérieusement engagé, comme c'est le cas dans l'espèce. Il n'y a, à mon avis, aucune probabilité de voir rapporter cette mesure, d'ici à un temps déterminé tout au moins.

Dans l'un et l'autre de ces pays, les affaires aurifères sont arrivées à se tasser d'une façon à peu près définitive, et on ne voit pas d'autre perspective, *en fait d'affaires nouvelles, que le développement normal des exploitations en profondeur ou la mise en valeur de certaines parties du Main Reef, qui deviendront payantes par suite de l'abaissement des prix de revient, consécutif à l'emploi de la main-d'œuvre jaune.

Ce que je dis de l'Afrique du Sud et de l'Australie s'applique aussi aux Etats-Unis. Ces trois grands producteurs d'or sont arrivés h la période de développement rationnel de leurs affaires, et la plupart des titres de ces sociétés aurifères ont atteint et même souvent dépassé leur valeur réelle.

On voit, en résumé, que le développement des affaires aurifères dans un pays ne tient pas seulement à une question de traitement de minerais, ni même à la richesse intrinsèque de ses filons. Il faut encore qu'on puisse disposer d'une main-d'œuvre suffisante et facile à recruter sur place. L'histoire du Transvaal est là pour en donner la preuve.

Ace point de vue, l'Afrique centrale, qui a été le grand réservoir

de main-d'œuvre dans lequel on a déjà puisé largement à l'époque de l'esclavage, parait de voir jouer dans l'avenir un rôle qui sera d'autant plus utile à tous les points de vue que la civilisation, qui pénètre de toutes parts à l'intérieur de ce grand Continent, a pour résultat immédiat et rapide un accroissement considérable de la population indigène, qui a cessé d'être décimée parles razzias et les guerres de tribu à tribu.

Il semble que c'est de ce côté que doivent s'orienter les vues d'avenir. Notre pays y est d'autant plus intéressé qu'il détient la majeure partie des régions reconnues comme aurifères et qu'il pourra y trouver un emploi pour ses capitaux, qui jusqu'ici n'ont pu s'utiliser que dans des pays aurifères étrangers.

CONVERSION EN MESURES MÉTRIQUES DBS POIDS ANGLAIS POUR LES MÉTAUX PRÉCIEUX

(ONCE troy) 1 once troy = 31*r,103500 = 20 pennyweights (dwts) = 480 grains (grs)

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