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Se La liquidation des Sociétés Allemandes de Produits ” Chimiques aux Etats-Unis.
En France les mises sous séquestre ont été jusqu’à la signature de l'armistice plutôt une mesure conservatoire qui n’a été suivie de la liquidation complète des biens ennemis que lorsque des raisons spéciales nécessitaient cette procédure, (Biens périssables — créanciers exigeant le remboursement de leurs créan- : ces — Nécessités militaires ou mesures de sûreté). Presque dès le début, les Etats-Unis ont adopté une procédure beaucoup plus radicale et l’objet réel de la liquidation des Biens ennemis a été une américanisation complète des entreprises concernées. Celles-ci ont donc été non seulement sequestrées, mais liquidées complètement avec transfert définitif des propriétés à des sujets américains.
Tant en raison du caractère différent de la procédure adoptée, que parce qu: les entreprises liquidées avaient parfois une grande importance technique ou commerciale, cette question est beaucoup plus intéressante pour nous qu’il ne pourrait sembler à première vue. En particulier au point de vue légal, les règles adoptées par le gouvernement américain peuvent constituer pour nous un précédent utile s’il en était besoin.
De même qu’en France, c'était dans l’industrie chimique et principalement dans la fabrication des produits organiques synthétiques (matières colorantes et produits médicinaux) que l'influence allemande se faisait le plus sentir. Maintenant cette influence a complètement disparu.
En 1915, 1916 et surtout en 1917, un grand nombre de transactions plus ou moins fictives avaient eu pour objet de transférer à des sujets ennemis ou neutres résidants aux Etats-Unis, ou à des sujets américains, les intérêts possédés par des Allemands non résidents. Ces transactions ont été mises à jour et annulées, si bien que maintenant le contrôle allemand de certaines branches de l’industrie américaine est détruit définitivement. Ces ventes fictives étaient généralement caractérisées par le prix dérisoire d’achat et par une convention séparée qui Pointe: aux détenteurs allemands de reprendre possession des propriétés quand ils le jugeraient à propos.
Quelques exemples montreront à quel point l’emprise allemande était grande dans le cas de la fabrication des produits organiques dérivés du goudron de houille.
Sur cinq usines de matières colorantes qui existaient aux Etats-Unis en 1914, il y en avait trois qui étaient contrôlées par des firmes allemandes: D'une part usine Bayer à Albany (Hudson . River Aniline Works), d’autre part, la Central Dye Works et la (‘onsolidated Color & Chemical possédées toutes deux par le représentant des Farbwerke Meister Lucius et Bruning de Hæchst. :
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Les autres firmes allemandes, Kaile & Co., Badische Aniline & Soda Fabrike, Cassella & Co., étaient représentées d’une façon analogue par des sociétés filiales américaines généralement enregistrées sous le même nom que la Société Mère.
Pour les produits synthétiques employés en thérapeutique, outre les firmes ci-dessus, on trouvait les filiales des maisons Merck et Heyden. La filiale américaine de cette dernière, la Heyden Chemical Co., fabriquait notamment l’acide salicylique, l’aspirine, la saccharine, l’urotropine, le benzoate de soude, etc.
Comme autres affaires affiliées étroitement à des maisons allemandes on peut citer: ù
Ræssler & Hasslacher Co., contrôlée, ainsi que la Niagara Electro Chemical Company et la Perth Amboy Chemical Works, par la Deutsche Gold und ilber Scheide Anstalt. Rœssler & Hesslacher était avant la guerre la seule fabrique américaine fabriquant les cyanures de sodium et de potassium et la Perth Amboy Chemical est le plus gros producteur de formol et trioxyméthylène;
L'American Pyrophor Co. Inc. organisée en 1917 par l’agent de la Treibacher Chemische Werke de Treibacher (Autriche), qui contrôlait la fabrication du ferrocérium. |
Philipp Bauer & Co.; Amid Duron Co.; Haarmann-de-Laire- Schôfer Co.; Jarecki Chemical Works; Riedel & Co. Rohm & Haas; Somerset Chemical Co.; Tropon Works; F. Ad. Richter Co.; German Kali Works; Gerstendorfer Brothers; Charles Helmuth & Co.; International Ultramarine Works; G. Seigle & Co.:; Williamsburg Chemical Co.; New Brunswick Chemical Co.; Fahlterg Saccharine Co.; etc.
Dans le domaine de la métallurgie du cuivre, zine, plomb, etc., on trouvait les firmes suivantes:—
American Metal Co. Cette compagnie était en relations étroites avec | Metallgesllschaft de Frankfort qui sur les 2,000 actions émises lors de l’organisation de la Société américaine en souscrivit 600. Les autres furent souscrites pour 595 actions par Henry R. Merton Co. de Londres (compagnie contrôlée d’ailleurs par la Metallgesellschaft) et pour 710 actions par Ladenburg, Thalmann & Co. Au début de 1917 le capital de l'American Metal avait été porté par degrés successifs à $7,000,000.
En moyenne, l'American Metal Co. vendait par an:— 50.000 tonnes de cuivre.