HUITIÈME CLASSE. - COLORANTS DU TRIPHÉNTLHËTHANE
Le nombre des colorants appartenant à ce groupe est considérable, puisqu'il comprend tous les corps de la série de la rosaniline, les aurines, les phtaléines, etc.
On y admettait les groupes chromophores.
Xaz= ><o- Xo-co-
mais nous verrons plus loin que des recherches toutes récentes mettent en doute l'existence de certains de ces groupements dans les molécules que nous aurons à considérer.
Le triphénylméthane n'est pas un chromogène, mais son produit d'oxydation, le triphénylcarbinol, possède ce caractère. Cependant, par introduction d'un seul groupe salifiable dans le carbinol, on n'obtient qu'un colorant rouge faible, n'ayant aucune affinité pour la soie et la laine, et ne se fixant que sur coton mordancé au tannin. Encore faut-il que le groupe AzH* de l'amidotriphénylcarbinol se trouve en para, vis-à-vis du carbone fondamental. Dans la formation des sels du monoamidocarbinol il n'y a pas d'anhydrisation. Ce chlorhydrate est rouge
, XCWAzH^HCl OH
Les colorants des dérivés di et triamidotriphényl-
carbinols sont au contraire des anhydrides. Quand on traite la pararosaniline par de Tacide chlorhydrique, il y a formation de chlorhydrate avec élimination d'eau. Pour MM. E. et 0. Fischer, la réaction se passe de la façon suivante :
Pour M.Nietzki, il se formerait le chlorhydrate d'une
quinoneimide
.(CWAzH^)»
^^C«H* = AzHHCl
Suivant les quantités d'azotite mis en présence, la fuchsine est susceptible de donner naissance à un dérivé tétrazoïque ou à un dérivé hexazoïque. M. Dehnst admet que, dans le dérivé tétrazoïque, la fuchsine conserve encore le groupement quinonimide, tel que le veut M. Nietzki, parce que les couleurs, obtenues en copulant ce dérivé tétrazoïque avec les phénols, possèdent encore quelques caractères de la substance mère. Il n'en serait pas de même du composé hexazoïque, dont la formation vient bien à l'appui de l'existence de trois groupes AzH*, les colorants qui prennent naissance par copulation ne rappelant plus lamolécule primitive. L'auteur en conclut que le radical de la rosaniline peut exister sous les deux formes tautomères.
/G«H*AzH2 /C«H^AzH»
1 C -Cm*AzH^ II G— CWAzH^
\c«H* = AzH \c«H*AzH
La forme I existerait dans les sels et la forme II dans la rosaniline même(l).
Ce sont là de pures hypothèses, que les faits ne sont pas encore venus confirmer.
Enfin, pour M. Rosenstiehl, auquel la chimie de la fuchsine doit déjà de si remarquables travaux, et von Richter, la parafuchsine serait
/C«H*AzH»
Cl-C— C«H*AzH«
\c«H^AzH»
Dans une série de recherches qu'il vient de publier,
M. Rosenstiehl montre que cet éther chlorhydrique du
carbinol
/C^H*AzH«
HOC— C«H*AzH2 \g«H*AzH*
possédant encore trois groupements basiques salifiables, est, en eflfet, susceptible de se combiner avec trois molécules d'acide chlorhydrique pour donnernaissance à un trichlorhydrate de chlorure de pararosaniline (2).
/C^H^AzH^HCl
CIC— C^H^AzH^Cl
\ C«H*AzH*HCl
(1) Suivant M. Hugo Weil, Berichte d. DeuL Chem. Ges., XXVIII, 305, la p. rosaniline aurait pour formule
C6H*AzH* C-C6H*AzH2 ^C6H*AzHa
(2) Des déterminations ébuUioscopiques, faites sur uu certain nombre de colorants du triphénylméthane par MM. A. Halle r
284 MATIÈRES GOLORÀfiTES ARTIFICIELLES.
M. Rosenstiehl a, de même, préparé un tribromhydrate de bromure de la même base, et a étendu ses recherches sur le violet hexaméthylé qui, lui aussi, se combine à trois molécules d'hydracide, et dont la formule serait alors :
Cl-C~C«H*Az(GH')* et non G— C«H*Az(GH')«
\g«H*Az(GH')2 \g«H^=Az(GH5j8G1
Le vert malachite, lui-même, se combine à deux molécules d'hydracide pour fournir le composé
/G«H« GlG~G«H*Az(GH3)*HCl \g«H*(AzGH*)HG1
M. E. Fischer, pour défendre sa théorie, a préparé le nitrile de la pararosaniline, et a démontré que ce composé
AzC-G— GWAzH*
G^H^AzH^ G*H^AzH* C«H*AzH»
n'est pas une matière colorante. L'argument invoqué n'est pas péremptoire, car on sait que la fonction nitrile diffère nettement de celle des éthers halogènes.
L'hydrogène des groupes phényliques du triphénylcarbinol et homologues peut encore être remplacé par
et P.-Th. MuUer, semblent également favorables à la théorie de M. Rosenstiehl (Comptes rendus^ t. GXX, p. 417).
rauxochrome OH. On obtient alors des molécules de la forme