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LA PARFUMERIE

Les huiles essentielles et un certain nombre duits immédiats, retirés des plantes et des orj j quelques animaux, formaient primitivement " de la plupart des produits de toute nature, li consommation par la parfumerie. Marier les ; entre elles ou avec les autres principes odoi . diluer ces mixtures sous la forme de teint i poudres, de pommades, etc., de façon à obi matière d'un parfum tout à la fois discret et a ; c'est en quoi consista le grand art des parfumei

Or, cet art, qui exige du goût et une certaine tesse du sens olfactif, qui a son esthétique comn . les branches de l'art humain, a été de tout temi éminemment français.

Mais ce n'est pas de cette branche de l'indu*. i nous avons à nous occuper, c'est de celle qui apc l'extraction ou la préparation des matières p' servant à la confection des produits de la parfui

Cette industrie comprend :

1° L'extraction des parfums simples ou composés, qui existent tout formés dans les différentes parties des plantes, ou qui y prennent naissance sous l'influence de véhicules les plus divers.

2° La préparation synthétique de produits identiques à ceux qui existent dans la nature, ou bien qui eu diffèrent et pai' leurs propriétés et par leur constitution.

L'extraction du parfum des plantes peut se faire de différentes manières, et le mode opératoire varie avec la partie de la plante à traiter, avec la nature de la substance aromatique qu'elle contient, et aussi avec la forme sous laquelle on veut obtenir le parfum. On peut distiller avec de l'eau, les ileurs, les fruits, les feuilles, les tiges, les écorces, les racines et recueillir l'essence qu'entraînent les vapeurs d'eau. On peut aussi enlever h ces différents organes leurs principes odorants, en les traitant soit par des corps gras (enfleurage), soit par des dissolvants très volatils, quand on veut obtenir des extraits concentrés. Cette industrie emploie donc les méthodes les plus variées pour saisir, sans les altérer, les parfums les plus délicats.

La grande difficulté réside dans l'obtention des principes aromatiques réalisant les qualités de finesse, de suavité que possèdent les plantes elles-mêmes.

Or, l'industrie française a atteint la perfection dans cet art de saisir les parfums naturels. Ses produits sont ré-

Une longue expérience, des perfectionnements successifs, apportés, non seulement dans les modes de traitement et dans les appareils, mais encore dans la culture des plantes aromatiques, font que les distilleries provençales ont des produits de premier choix. Ce n'est pas à dire que les industries similaires des autres nations ne cherchent pas à s'emparer du marché et à évincer les produits français. Comme dans toutes les branches de l'activité humaine, ici encore la lutte est âpre et sans merci. Mais, favorisée par un climat exceptionnel, tant sur le littoral méditerranéen qu'en Algérie, climat éminemment favorable à l'élaboration des principes odorants dans les plantes, l'industrie des parfums n'aura pas à craindre la concurrence étrangère, tant qu'elle continuera à améliorer ses plantations et ses méthodes d'extraction.

Cannes et Grasse sont les deux grands centres de production du Midi. Dans la région de Cannes on récolte annuellement environ :

Fleurs d'oranger. 450,000 kilogr.

Roses •. 40,000 — •

Jasmin 50,000 —

Violettes 25,000 —

Tubéreuses 1,000 —

avec lesquels on fabrique 80,000 kilogrammes de pommades, d'huiles parfumées, d'essences, dont 300 kilogrammes d'essence de néroli.

La culture des environs de Grasse est encore plus développée. On y produit environ :

EiseDce de lavande 80,000 a 100,000 kilogr.

Essence de Ihyin 40,000 —

Essence de Déroli t.OOO —

Eïsences d'aspic et de romarin 30,000 à 20,000 —

A côté de ces huiles essentielles, on produit encore de grandes quantités d'essences de rose, et toute une série de pommades et d'extraits concentrés, comme ceux de cassis, de jasmin, de narcisse, de réséda, de violette, de tubéreuse, etc.

La production algérienne n'est pas moins importante, et de nombreuses plantations sont exploitées dans les environs d'Alger (Staouéli), de Bâne, de Mostaganem, de Boufarick, etc.,oJi l'on cultive le géranium, le jasmin, la tubéreuse, la menthe et tontes les variétés de citronier et d'oranger. Le thym, la lavande, le romarin, la marjolaine y croissent à l'état sauvage.

La maison Chiris, de Grasse, possède dans les environs de Boufarick, des plantations d'une étendue de 2,600 hectares, où elle cultive des orangers, des géraniums, de la menthe poivrée, des violettes, etc.

Elle distille annuellement plusieurs millions de kilogrammes de géraniums et produit de 6,000 h 7,000 kilo-

L'industrie française a de sérieux concurrents dans un certain nombre de maisons établies k, Leipzig, en Allemagne, bien que le genre de fabrication soit différent. Leipzig n'est pas, en effet, un centre de culture, et ses usines tirent leurs matières premières de la Thuringe et des régions montagneuses, où Ton cultive principalement les plantes médicinales. Dans ces dernières années, la maison Schimmel a cependant fait des essais de culture de roses dans les environs de Leipzig, et l'essence obtenue ne le cède en rien à celle de Bulgarie.

Mais les deux centres de production des plantes médicinales sont Côlleda et Jenalôbnitz. A Côlleda on cultive environ.

Menthe poivrée 3,468 ares .

Menthe crépue J,862 —

Angélique 3,500 —

Valériane 6,375 —

A Jenalôbnitz on exploite aussi la menthe poivrée, la bourrache, la sarriette, etc.

Bockau, en Saxe, est le siège de la grande culture des plantes à essences. On y consacre des champs et des jardins qui produisent l'année, l'ail, l'angélique, le géranium, les différentes variétés de pimpinellas, lalivèche, l'impératoire, Tanis, la valériane, etc.

Bockau livre annuellement de 30,000 à 50,000 kilogrammes de racines d'angélique.

Les fabriques de Leipzig distillent en outre de grandes quantités de plantes ou de parties de plantes exotiques; elles possèdent, de la sorte, une très grande variété de

Haller. — Industrie chimique. 18

produits, et ne se bornent pas aux seules essences que peuvent fournir les plantes indigènes.

Les distilleries anglaises semblent avoir la spécialité des essences de lavande et de menthe poivrée.

La lavande et la menthe poivrée sont, en effet, cultivées sur une grg,nde échelle à Mitcham, dans le comté de Surrey, et à Hitchin, dans le comté d'Hettford. Le climat et le sol sont particulièrement favorables à cette culture, et pendant longtemps, on a cru à la réelle supériorité des essences de Mitcham sur celles du continent.

Il paraît cependant, d'après la maison Schimmel et C*®, de Leipzig, que nos essences de lavande du Midi {Lavendula vera) ne le cèdent en rien, comme finesse, à celle de Mitcham, quand elles sont convenablement traitées. En ce qui concerne Tessence de menthe de Mitcham, elle a également trouvé une rivale dans celle provenant delà menthe poivrée cultivée dans la plaine de Gennevilliers. Grâce au climat et au mode d'irrigation semblable à celui employé à Mitcham, il a été obtenu une essence joignant à la force des essences d'origine anglaise, la finesse des essences de fabrication française.

« L'Angleterre exporte annuellement environ 6,000 kilogrammes d'essence de menthe, elles bénéfices sont en moyenne de 18 p. 100, tous frais compris. »

La consommation dq la menthe étant très grande aux États-Unis, il en résulte que l'exploitation de cette plante y a pris une très grande extension depuis quelques années.

« Environ 1,200 hectares de terre sont employés à

cette culture dans l'Amérique du Nord, savoir: 400 dans les États de New- York et d'Ohio, et 800 dans le comté de Saint-Joseph (État du Michigan) qui paraît être le quartier général de ce végétal » (Piesse) (1).

La production tolale du comté de Saint-Joseph est de 27,000 à 31,000 kilogrammes par an.

En Italie nous citerons la maison Porrivegchi (Carlo), à Messine, qui exploite surtout les Aurantiacées.

Le chiffre d'exportation des quatre ports de Messine , Reggio, Catane et Palerme, est le suivant :

Poids. Valeur.

1890 301,879 kilogr. 5,062,214 fr.

Plusieurs maisons japonaises exploitent le camphre et différentes variétés d'essence de menthe et de menthol. On sait que le climat de ce pays permet de faire deux coupes de menthe par an ; aussi la production est-elle relativementconsidérable, comme le montrent les chiffres d'exportation suivants :

Essence de menthe.

1885 8,606 kilogr.

Dans ce qui précède, nous n'avons envisagé que l'industrie des huiles essentielles, des parfums tels qu'ils existent dans les plantes.

(1) Piesse, Bistoir^e des parfums^ Paris, 1890 et Chimie des parfums et fabrication des savons y Paris, 1890.

(2) Dont 11,230 kilogrammes de menthol.

Leur extraction, d'après les diflférentes méthodes usitées, n'exige pas de connaissances chimiques bien approfondies.

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