‹ L'industrie chimique: avec figures intercalées dans le texteChapitre 139 sur 140 · I. II · texte numérisé non relu

I. II

Si 69.19 69.10

A1203Fe203 0.39 0.20

GaO 0. 19 0.15

MgO 0.06

Les cristaux sont alors d'un vert clair, du système rhomboédrique, en forme de disques, dont les dimensions varient d'une fraction de millimètre ; ils ne présentent pas de clivage distinct et ces cristaux pulvérisés se divisent à l'infini, se brisent, mais conservent toujours des arêtes vives et coupantes.

Leur poids spécifique, à 25 degrés centigrades, est de 3.123. Ils agissent vivement sur la lumière polarisée, et, dans ces conditions, s'irisent de belles couleur^. Ils

possèdent une grande dureté, rayent avec facilité l'acier chromé et le rubis.

Chauffés au rouge vif dans un courant d'oxygène pendant une heure, ils ne perdent que 0.40 p. 100 de leur poids.

Le soufre ne les attaque pas à 1,000 degrés (Moissan). A 600 degrés, le chlore ne les attaque que superficiellement.

L'eau régale et le mélange d'acide azotique monohydraté et d'acide fluorhydrique, qui dissout avec facilité le silicium, sont sans action sur les cristaux de siliciure de carbone.

La potasse caustique en fusion le désagrège, lui fait d'abord subir un véritable clivage, puis finit par le dissoudre après une heure de chauffe au rouge sombre, avec production de carbonate et de silicate de potassium.

Le carborundum industriel, — Les deux analyses données plus haut représentent le composé chimiquement pur, tel qu'on l'obtient après traitement du produit de la zone C (fîg. 6) par les acides chlorhydrique et fluorhydrique et par un courant d'oxygène.

Le produit de la zone C (fig. 6) a la composition suivante :

Si 62.70 p. 100.

Fe203 -\- A1203 0. 93 —

MgO O.U —

Les cristaux sont désagrégés par trituration dans un bac de fonte,' où tournent deux lourdes roues de fer,

>ji.

GARBORUNDUM. 339

puis placés dans des réservoirs de pierre, où on les laisse dans l'acide sulfurique étendu pendant sept jours, afin de le débarrasser de tout le fer contenu, car la présence de ce métal amènerait la destruction des cristaux.

Ces cristaux sont alors triés et classés en différentes grosseurs dans une série de bacs, et les diverses qualités sont désignées par le nombre de minutes que la poudre cristalline reste en suspension dans l'eau, 6 minutes étant la poudre la plus fine, 1 minute, la plus grossière.

Ces poudres sont livrées telles quelles au commerce dans des boîtes contenant de une demi-livre à deux livres.

On en fait aussi des roues et meules variant, en diamètre, de un demi-pouce à i pied et, en épaisseur, de 1 huitième de pouce à 2 pouces.

La fabrication de ces meules comprend trois opérations :

La première consiste à incorporer le carborundum, d'une finesse déterminée, à 30 p. 100 environ d'un liant (argile et silice), puis on porte la masse ainsi obtenue dans les formes voulues et on la comprime avec une presse hydraulique de la force de 1 à 100 tonnes. Les pièces sont ensuite disposées sur des plaques d'argile ; puis, quand on en a préparé un nombre suffisant, on les laisse sécher en l'air, et on les étage enfin dans un four à potier qui est muré. On dirige ensuite la cuisson lentement au début, puis on élève la température progressivement jusqu'à ce qu'un échantillon du produit

commence à montrer des signes manifestes de fusion.

Quand on en arrive à ce point, on maintient pendant quelque temps le feu à cette température, puis on rabaisse progressivement et on laisse refroidir lentement. Toute l'opération dure de soixante à quatre-vingts heures. Au bout de ce temps, on ouvre le four et on retire les objets qui ont une couleur verte.

Usages industriels. — 1** A l'état de poudre impalpable, 6 minutes^ le carborundum est utilisé par les lapidaires des États-Unis pour le polissage après taille, du diamant et autres pierres précieuses ;

2° La poudre de 4 minutes peut s'employer pour le dépolissage du verre ;

3° En roues minces et de petit diamètre, le carborundum est employé par les dentistes pour couper, égaliser, scier les dents, naturelles et artificielles;

4° La Compagnie d'éclairage électrique de Westinghouse consomme par mois plusieurs milliers de roues épaisses et d'un petit diamètre, employées au calibrage intérieur des goulots de lampes à incandescence ;

5° Roues de tout diamètre employées à tous les usages pour lesquels on se sert de l'émeri; polissage de pièces d'acier, aiguisage et affûtage, etc., avec, dit-on, l'avantage que le renouvellement de la surface se fait assez rapidement pour éviter réchauffement de la pièce, par suite la perte de sa trempe ;

6** On fait en ce moment des essais pour fabriquer une toile de carborundum, dans le but de remplacer la toile d'émeri.

La Carborundum Company tient son siège à Monon-

CARBORUNDUM. 341

gahela, et a été montée en 1892, par M. Acheson, au capital de 750,000 francs.

Elle occupe : 1 directeur, 1 ingénieur électricien, 3 employés de bureau et 25 ouvriers.

Elle possède 2 chaudières à vapeur de 200 chevaux, et i machine dynamo-électrique de 200 chevaux.

L'exploitation peut atteindre 60,000 kilogrammes de carborundum par an. Sont exposés : les différents numéros de poudre de carborundum, du carborundum brut tel qu'il sort du four, des roues de diverses dimensions, etc.

Avant-propos 5

Industrie de la France et de TAUemagne, 9. — Importations, exportations, 11. — Développement de Tindustrie en Allemagne, 15. — Organisation universitaire en Allemagne, 21. — Ressources' des Universités allemandes, 23.

— Laboratoires de chimie en Allemagne, 27. — Utilisation des ressources des Universités, 29. — Prospérité des usines de produits chimiques, 31. — Causes de malaise de rindustrie anglaise, 33. — Organisation de sociétés, 35. — Lacunes de renseignement anglais, 37. — Les Universités anglaises, 39. — Conception des Universités américaines, 41. — Prospérité des Universités américaines, 43. — État languissant de rindustrie française, 45. — Laboratoires de chimie, 49. — Écoles spéciales, 51.

— Organisation de notre enseignement, 53.

1 . Les fabriques de produits de la grande industrie chimique 61

Allemagne 61

États-Unis d^Amérique 75

Angleterre 84

France 88

Russie 91

2. Perfectionnements survenus dans la grande industrie chimique au cours de ces dernières années 92

Chlore 93

Acide chlorhydrique 105

Acide sulfurique 106

Acide 6LZotique 115

Carbonate de soude 117

Carbonate de soude naturel 121

Carbonate de potasse 127

Bioxyde de sodium 129

Cyanures 131

Ferrocyanure de potassium 134

Ferrocyanure de sodium 141

Autre procédé de préparation des prussiates 1 42

1. Les fabriques de produits chimiques et phat^maceutiques . . 153

États-Unis d'Amérique 153

Allemagne 157

Angleterre 176

France 177

Japon 1 84

Russie 185

2. Originel modes de formation, propriétés principales et usages d'un certain nombre de produits peu connus ou de découverte récente 1 88

Plombâtes alcalino-terreux 189

Combinaisons antimoniées préconisées comme substituts

de Témétique dans la teinture 192

Acides organiques 195

Alcaloïdes, glucosides 198

Produits chimiques, obtenus par voie synthétique, pour

Fusage médicinal 221

III. Matières colorantes artificielles et produits qui servent

A LEUR fabrication 241

France 246

Allemagne 249

2. Idées ayant cours sur la constitution des matières colorantes artificielles 256

3. Classification des matières colorantes artificielles, ...... 365

1'* classe. ~~ Matières colorantes nitrées 266

2« classe. — Colorants azoïques 267

3« classe . — Colorants hydraziniques 272

4^ classe. — Colorants oxyazoïcpies 274

b^ classe. — Colorants nîtrosés ou isonitrosés 275

6<> classe. — Colorants cétoniques ou oxyquinoniques 276 7* classe. — Colorants cétonimides et colorants du

diphénylméthane 279

8» classe. — Colorants du triphényl méthane 281

9* classe. — Dérivés quinonimidiques 293

10« classe. — Oxazines et thiazines 294

11<> classe. — Azines 297

12» classe. — Acridines 300

13* classe. — Groupe de l'indigo 301

14<» classe. — Colorants quinoléiques 306

Colorants de constitution inconnue 306

IV. — Huiles essentielles et matières premières pour la parfumerie 309

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