CARBONATE DE SOUDE
Comme pour Tacide suif uri que, les améliorations introduites dans la fabrication de la soude, soit par le procédé Leblanc, soit par le procédé à l'ammoniaque, sont des améliorations de détail, lorsqu'il s'agit des réactions mises en jeu, ou bien des perfectionnements d'appareil, lorsqu'on se place au point de vue mécanique.
Un des points les plus importants de cette fabrication est de réduire les pertes d'ammoniaque. Cette réduction ne peut s'opérer qu'en rendant complète l'action de la chaux sur le sel ammoniac et qu'en employant des appareils parfaitement étanches, dont les joints ne sont pas attaqués par l'alcali.
Dans l'ensemble des opérations qui constituent le procédé à l'ammoniaque, il y a celle de la calcination
(I) Nous renvoyons, pour plus de détails, au Zeitschrift fur angewandte Chemie, 1890, p. 507, 1891, p. 238, et 1892, p. 553. Les articles contenus dans les volumes de 1890 et 1892 sont accompagnés de figures permettant de se rendre compte du fonctionnement des appareils.
il8 PRODUITS DE LA GRANDE INDUSTRIE.
du bicarbonate de soude, qui a exercé et exerce encore la sagacité des ingénieurs.
Cylindre en fonte, cuvette à fond concave muni d'un axe central autour duquel se meuvent des racloires, cylindre tournant dans son type le plus simple, etc., tels sont les appareils usités dans les fabriques pour opérer cette calcination.
En 1887, la maison Solvay a pris un brevet pour un four tournant, d'un nouveau modèle, qu'elle vient de mettre en marche dans ses usines de Dombasle et dans celles de Syracuse.
C'est un cylindre de tôle ou de fonte, horizontal, de petit diamètre par rapport à sa longueur. 11 repose aux extrémités sur des galets, et peut recevoir, par engrenage, un mouvement de rotation. Ce cylindre est enveloppé de maçonnerie et le foyer F permet de le chauffer extérieurement. Ce foyer est figuré du côté de l'entrée du bicarbonate, mais pourrait à la rigueur être placé du côté opposé. Des organes spéciaux ont été combinés pour l'entrée et la sortie de la matière.
Dans un brevet antérieur, M. N. Solvay avait indiqué la nécessité de mélanger le bicarbonate de soude à de la soude déjà calcinée pour obtenir une marche convenable des appareils calcinateurs. Ce mélange se réalise d'une façon tout à fait particulière, par un nouveau système introducteur. Il se compose (fig. 2) d'une trémie T, faisant corps avec la boîte de fonte B. Un arbre, muni de palettes, tourne dans le bas de la trémie et fait descendre peu à peu le bicarbonate de soude, dont elle
est constamment remplie, et qui constitue une fermeture henné tique.
D'autre part, une vis sans fin V pousse continuellement dans le tube V du carbonate de soude sec et
chaud pris à la sortie ; mais, comme la vis s'arrête un peu en avant du coude C, il se forme aussi à cette place un bo^uchon hermétique de carbonate de soude. Les deux produits arrivent donc simultanément, et dans la proportion convenable, dans la boîte B, où leur mélange intime est complété par le mouvement des palettes P. Ils gagnent alors le cylindre tournant, en tombant à travers le tube T" dans la boîte de raccord R. Cette boîte réunit la partie tournante à la partie fixe par un joint approprié.
Le système de sortie du carbonate de soude sec est formé par une sorte de cuiller C (coupe AB) fixée sur le fond du four, et tournant avec celui-ci d'un même mouvement.
A chaque révolution, la cuiller plonge dans la soude et en se relevant en entraîne une certaine quantité qui retombe sur l'axe a. Celui-ci est muni de dents, comme on peut le voir sur la coupe AB, et broie les grains de soude qui auraient pu se former. Une vis sans fin, animée d'un mouvement inverse de celui du cylindre, entraîne la soude sèche au dehors. Ici encore, la disposition de la vis permet la formation d'un tampon de soude qui donne une fermeture hermétique. Le seul chemin qui reste ouvert à la vapeur et aux gaz qui se dégagent du bicarbonate est la tubulure S.
Grâce à ces dispositifs pour l'entrée et la sortie des carbonates de soude, l'avancement de la matière se fait régulièrement, maigre l'horizontalité du four et sans l'aide d'aucun agitateur.
Cependant il est nécessaire de racler les parois pour empêcher la formation des croûtes dures et mauvaises
conductrices. Dans ce but, on suspend simplement dans le cylindre une chaîne K, formée de chaînons lourds et massifs, qui balaient Tintérieur du four.
Cette chaîne remplace les agitateurs ou racleurs employés jusqu'ici dans des cas analogues.
Sous le nom de crystat carbonate^ marque Gaskelli Deacon, TUnited alcali Company fabrique un carbonate CO^Na' + H^O, dont 1 livre correspond à 2 livres 1/2 de cristaux de soude. Ce produit n'est pas efflorescent, se dissout facilement dans l'eau légèrement chauffée et est très apprécié en Amérique, à cause de sa texture granulée et parce qu'il est exempt de soude caustique.