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MH. Erestovnikoff frères, à Kasan

Cette Société s'occupe de la fabrication de produits chimiques, de savons, de stéarine et de glycérine. Elle a été fondée en 1855 et a pris, depuis, un développement considérable, comme le montrent sa production annuelle et l'ensemble des appareils en usage dans ses usines.

6 autoclaves, 8 appareils à distillation, 18 chaudières à vapeur, 40 machines à vapeur de 200 chevaux, 20 presses hydrauliques, une pompe à vide, 10 bouilleurs pour savons, des ateliers de mécanique, des chambres de plomb pour une production annuelle de 2,000 tonnes d'acide sulfurique, des réservoirs capables de contenir plus de 7,000 tonnes de naphte, tel est le matériel employé par cette importante fabrique.

L'usine occupe 920 ouvriers et 580 ouvrières.

L'ensemble de sa production annuelle est évalué à 14,600 tonnes de marchandises estimées à 20 millions de francs.

Ces produits se répartissent de la façon suivante :

Bougies stéariques et margariques. . . . 6,303 tonnes.

Savons de toute sorte 3,200 —

Oléine 500 —

Acide oléique 1 ,600 —

Acide sulfurique , 2,000 —

Glycérine chimiquement pure, liquide

et cristallisée 300 —

Glycérine blanche raffinée 100 —

Glycérine jaune non raffinée 600 —

La fabrique produit, en outre, del'oléate d'amyle (arii/îcia/ spindel-oil), un produit auquel on donne le nom de lipogénine,

188 PRODUITS GHmiQUES ET PHARMACEUTIQUES.

et qui est constitué par du palmitostéarate d'éthyle, enfin de l'acide élaïdique.

L'usine de MM. Krestovnikoff frères est dirigée par deux chimistes, MM. C. et M. Zaytseff, qui, en collaboration avec M. le professeur A. Zaytseff, de Kasan, ont fait une étude approfondie des corps gras et de toutes les questions industrielles qui s'y rattachent. Toutes ces recherches ont fait l'objet de onze mémoires (i). Elles ont surtout porté sur les acides oléique, isooléique, élaïdique, érucique, isoérucique, brassidique, et les résultats n'ont pas peu contribué aux progrès de l'industrie des corps gras.

2. origine; modes de FORMATION, PROPRIÉTÉS PRINCIPALES ET USAGES D'UN CERTAIN NOMBRE DE PRODUITS PEU CONNUS OU DE DÉCOU- VERTE RÉCENTE.

Nous diviserons notre sujet en deux parties. La première partie comprendra les produits minérau^L qui ont quelque nouveauté et qui, dans ces dernières années, ont été introduits dans Tindustrie ou dans la médecine. La seconde partie comprendra les produits organiques dont l'usage a été répandu dans la thérapeutique. Ces substances se divisent elles-mêmes : 1° en principes immédiats tirés des plantes, acides organiques, alcaloïdes, glucosides, etc.; 2° en produits synthétiques qui peuvent se subdiviser à leur tour en un certain nombre de groupes, suivaat leur action physiologique. Nous avons en effet les hypnotiques, les narcotiques, les antipyrétiques, les antiseptiques, etc.

(l) Journal de la Société chimico-physique russe et Journal fUr practische Chemie de M. E. von Meyer.

La description sommaire de chaque produit sera suivie des noms des maisons qui le fabriquent. Le nom de la maison Merck revenant très souvent, nous Tindiquerons par la lettre M.

PLOMBATES ALCALINO -TERREUX.

Il appartient à M. le professeur Kassner d'avoir introduit dans l'industrie la préparation des plombâtes alcalino-terreux. Son procédé a été breveté, et la Fabrique de produits chimiques de Bettenhausen, Marquart et Schulz, est cessionnaire du brevet.

Ainsi que nous l'avons vu dans l'énumération que nous avons faite des produits de cette maison, il s'y trouve des plombâtes de chaux, de baryte et de strontiane, sous toutes les formes.

Ces plombâtes s'obtiennent en chauffant, dans un four approprié, deux molécules de baryte, chaux ou strontiane, ou les carbonates correspondants, avec une molécule d'oxyde de plomb. On peut traduire la réaction par l'équation suivante :

2CaO + Pb02 = PbO^CaS

ou, quand on emploie les carbonates alcalino-terreux, kaO CO^ + PbO^ = PbO^Ca + 2 C0^

M. Kassner donne à ces combinaisons le nom d'orthoplombâtes.

Le plombate de baryte est d'un noir intense, celui de

strontiane est brun et celui de chaux rouge clair. Ces corps, oxydants énergiques, se prêtent à un ensemble de réactions assez intéressantes.

Préparés dans le but de remplacer le manganate de baryte dans la production industrielle de l'oxygène, ils fournissent en effet ce gaz :

1** Quand on les chauffe au rouge sombre dans un courant d'acide carbonique pur.

CaTbO^ + 2CO^ = 2CaC03 + PbO + 0.

2*> Quand on les chauffe à une température moins élevée, avec l'acide carbonique pur, ou, plus économiquement, dans un courant CO^ provenant d'un four à coke, mélangé de vapeur d'eau. Dans ces conditions, la décomposition s'opère en deux phases qu'on peut traduire par les équations suivantes :

Ca^PbO'* + 2 C02 = 2CaC03 + PbO* PbO^ + 2C03Ca = 2C03Ca + PbO + 0.

Le premier de ces procédés s'appelle le procédé direct^ et au second on donne le nom de procédé indirect. Une fois l'oxygène dégagé, il suffit de chauffer le mélange restant, dans un courant d'air, pour régénérer le plombate primitif.

Le procédé de formation de l'oxygène est exploité par la maison Marquart et Schulz, mais il [ne nous a pas été possible de savoir s'il a reçu la sanction de la pratique industrielle.

Il résulte d'expériences faites récemment par M. Lechatelier que la dissociation du plombate de calcium se

produit à une température plus élevée de 200 degrés que celle du bioxyde de barium, employé actuellement pour la préparation de Toxygène. C'est là un grand inconvénient, en raison de l'accroissement de la consommation du combustible qu'entraînerait cette élévation plus grande de température, et de l'accélération de l'oxydation des cornues en fer qui résulterait de la même cause. Par contre, le plombate de calcium a, sur le bioxyde de barium, le grand avantage d'absorber plus rapidement et plus complètement l'oxygène, en raison de la fusibilité de l'oxyde de plomb, et de ne pas nécessiter la dessiccation et la décarbonatation préalable de l'air.

Les plombâtes alcalino-terreux peuvent encore ser\'ir :

1 ^ Dans la fabrication des allumettes, comme substituts du chlorate de potasse. On emploie, à cet effet, de préférence du plombate de chaux.

2<> Dans la préparation des feux d'artifice, de Bengale, etc. Mélangés à des azotes de baryte ou de strontiane, les plombâtes donnent un feu vert, dans le cas du sel de baryte, et un beau feu rouge quand on emploie la combinaison de strontiane.

3<» Dans la fabrication des vernis et des laques.

La transformation rapide des huiles siccatives en vernis serait favorisée par la teneur en oxygène et la présence du plomb dans ces combinaisons. On admet, en outre, que les terres alcalines elles-mêmes entreraient en réaction, en même temps que l'oxyde de plomb, pour donner naissance à des oléates qui, après dessiccation, prennent une consistance élastique et deviennent plus

résistants que les vernis préparés avec d'autres ingrédients.

4*» Dans la fabrication des accumulateurs où, grâce à leur état de division, ils fournissent des plaques très poreuses qui possèdent en outre l'avantage d'être solides et résistantes par suite de l'incrustation des sulfates de barium ou de calcium formés quand les appareils fonctionnent. Ce dernier avantage est surtout très marqué quand on emploie du plombate de baryte, le sulfate de baryte étant complètement insoluble.

5« Dans la distillation des alcools.

Pour débarrasser ces derniers du fiisel oil^ on les filtre lentement sur une couche de plombate. Cet agent seraitsupérieuraucharbon, qu'on emploie dans certaines usines, par suite de ses propriétés oxydantes. On admet qu'il oxyde les impuretés de l'alcool et que les acides résultant de cette oxydation se combinent, se fixent aux terres alcalines à mesure de leur formation.

Les plombâtes dont l'action est épuisée peuvent ensuite facilement être régénérés par calcination.

6® Enfin M. Kassner préconise l'emploi des plombâtes pour la transformation des prussiates jaunes en prussiates rouges.

COMBINAISONS ANTIHONIÉES PRÉCONISÉES COMME SUBSTITUTS DE L'ÉMÉTIQUE DANS LA

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