CHAPITRE IV
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I. Ontôt pour travailler Us métaux. — Les outils apportés en grand nombre à l'Exposition de 1855, et dont la plupart fonctionnaient sous les yeux du public, ont présenté à tous les hommes s'occupant de la construction, depuis les ingénieurs jusqu'aux ouvriers, un sujet de comparaisons utiles et une source de précieux enseignements. En recueillant ces données pratiques au sein d'un assemblage si varié et si curieux, l'esprit de* meurait frappé de quelques faits généraux, dont les conséquences économiques nous paraissent extrêmement sérieuses, et qui nous semblent de nature à donner une idée de l'état actuel de l'art du constructeur en Europe.
L'Angleterre avait, dans cette fabrication spéciale comme dans celle des machines à vapeur, pris l'avance sur le monde entier. Pour les outils servant à travailler les métaux, elle a conservé longtemps une supériorité incontestable et incontestée. L'initiative venait réellement de ce pays-là. Chacun sait quels essais hardis, quelles applications multipliées on doit aux Anglais, à ce peuple toujours si désireux d'accroître les ressources et d'élaiv gir les bases de son existence industrielle. Si nous reportons nos regards à vingt-cinq ou trente années en arrière.
nous voyons l'art du constructeur remué de fond en comble de l'autre côté du détroit. La période comprise entre 1825 et 1835 est remplie d'inventions nombreuses, inventions dont nous avions fourni, il est vrai, plus d'une fois les premiers éléments, mais que nous n'avions pas mises en œuvre. Les Anglais étaient à peu près seuls en scène sur le théâtre de la pratique ; ils ajoutaient, d'ailleurs, aux données primitives, quelle qu'en fût l'origine, les compléments les plus utiles. La période d'invention ne pouvait pas se prolonger indéfiniment. Quoique le propre d'un siècle industriel soit de rendre infatigable l'esprit de recherche, il y a des moments de repos relatif, où l'on utilise bien plus les éléments recueillis qu'on ne procède à de nouvelles découvertes. Les modes généraux par lesquels l'homme manifeste sa puissance sur le monde matériel ne sont pas destinés à de quotidiennes variations. Depuis une vingtaine d'années, l'art du constructeur en est h cette phase où l'on perçoit les fruits d'expériences antérieures. Cette halte n'est point de la torpeur, puisqu'on en profite pour développer et perfectionner les principes conquis. Mais enfin il y a là une sorte d'arrêt, en ce sens du moim qu'on ne voit pas se renouveler ces élans soudains et grandioses qui avaient, comme d'un seul coup, porté la mécanique anglaise si loin des procédés traditionnels employés dans le reste du monde.
Qu'est-il arrivé? Dès que les Anglais se furent un peu ralentis, les peuples qui étaient après eux les plus industriels de l'Europe purent, en se mettant ardemment à l'œuvre, se rapprocher peu à peu de leurs devanciers. En France, en Allemagne, en Belgique, etc., on s'est efforcé d'imiter les mécaniciens anglais ; on y a réussi malgré des obstacles difficiles à surmonter, d'autant plus
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difficiles même que les habitudes prises et les opinions régnantes étaient en faveur de l'Angleterre. Peut-être le terrain perdu n'aurait-il pas été sitôt regagné ; peut-être un essor aussi vigoureux n'aurait-il pas été imprimé aux constructions mécaniques dans l'Europe continentale, s'il ne s'était produit un fait général d'une portée immense pour l'avenir, qui forme un des caractères les plus saillants de notre époque. Nous voulons parler de la construction des chemins de fer. Les nécessités inhérentes à ces grandes entreprises ont énergiquement concouru à développer la science mécanique et à multiplier ses triomphes. Circonstance singulière! après être restée si longtemps à discuter avant d'entreprendre largement la construction des voies ferrées, la France est de tous les pays celui qui a su le mieux, à l'imitation de l'Angleterre, établir l'outillage exigé par ces créations gigantesques. Chaque peuple s'est d'ailleurs associé au mouvement avec son génie propre. Ainsi, tandis que chez nous on poussait quelquefois trop loin certaines données achitecturales et la recherche de l'élégance, ailleurs on se montrait, au contraire, extrêmement dédaigneux de la forme. La fabrication des grands outils, dont le besoin se faisait sentir, portait naturellement l'empreinte de ces dispositions diverses. Aucun pays n'a poussé auésiloin le dédain de la forme que les États-Unis d'Amérique. Pressé de posséder au plus vite des instruments utiles, ce pays se contente de l'exécution la plus grossière. Il ne se préoccupe guère d'arrondir les contours ou de donner aux engins mécaniques quelque aspect agréable. Sans doute il serait puéril de prodiguer sur des instruments destinés au rude service des ateliers les ornements et les décors. Si nous rencontrons quelques pièces enjolivées de moulures, bous sommes d&s l'abord disposés à craindre qu'on n'ait
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voulu couvrir la faiblesse du fond sous les agréments extérieurs. Cependant, il est des proportions qu'on est forcé d'observer dès qu'on veut obtenir une action rigoureusement ordonnée. L'outil gagne en utilité quand il remplit ce qu'on peut appeler les conditions artistiques de la fabrication. Restreintes à la régularité des lignes, ces conditions ne sont plus que l'application même d'une des lois essentielles de la mécanique. Les outils ne forment-ils pas de véritables organes que l'homme ajoute à ceux de son corps ? Or, les organes justement proportionnés sont toujours les plus vigoureux et les plus actifs. Aussi les Anglais, juges très-compétents en semblable matière , et qui n'ont pas l'habitude de perdre leurs efforts .dans un vain luxe, se gardent-ils bien d'imiter les Américains du nord et de négliger ces principes. Quel que soit d'ailleurs le caractère de l'activité déployée par chaque peuple dans cette arène, on peut affirmer que le progrès a été général. De toutes parts on a su tirer profit de l'exemple de l'Angleterre. Ce fait ressort avec éclat des comparaisons rendues faciles par l'Exposition universelle. Seulement, il est juste de le proclamer, les Anglais marchent ici sur leur propre terrain, tandis que les autres peuples suivent une voie déjà frayée. Cette distinction, qui trouve sa place dans l'histoire de la mécanique moderne, importe peu, du reste, sous le rapport des conséquences économiques résultant du progrès accompli. La portée de ces conséquences reste la même. Il devient évident que le continent européen échappe de plus en plus à l'Angleterre, comme marché accessible à ses fabricants d'outils. Les nations qui font le plus grand usage des engins mécaniques se trouvent déjà, ou bien vont se trouver, en état de se suffire à elles-mêmes. Nos voisins d'outre-Manche ne s'aveuglent pçûit sur le sens^
de cette évolutkfo. Entreprenants comme ils le sont, et appuyés sur l'immense établissement commercial de leur pays, ils sauront trouver en dehors de notre continent les débouchés dont ils ont un besoin des plus impérieux. Certaines contrées, où le travail voit s'ouvrir, à l'heure qu'il est, des horizons sans bornes, leur en préparent d'ailleurs dans l'autre hémisphère.
L'exposition de la France dans la galerie des machines a témoigné d'une fécondité qu'on ne soupçonnait pas dans l'industrie des constructions. Non-seulement les maisons placées en évidence et dont la réputation est faite avaient envoyé des outils habilement et savamment exécutés, mais il nous était venu de localités obscures, d'établissements ignorés, une multitude de pièces remarquables. Le mouvement dont nous parlons s'étend sur toute la surface du pays. Si l'Exposition universelle a révélé une large extension donnée aux établissements anciens, elle a prouvé aussi que le nombre des usines s'est considérablement accru. Les besoins auxquels cette augmentation est venue satisfaire sont d'ailleurs réels, car les constructeurs peuvent à peine suffire aux demandes. Un signe plus frappant encore, c'est un constant effort pour augmenter la puissance de l'outillage. Jamais l'outil n'avait attaqué si profondément la matière. Le fer s'aplatit, se fend ou se taille comme par enchantement sous l'action des nouveaux engins. Rappelez-vous, par exemple, les marteaux* pilons exposés, celui de M. Ernest Gouin, de Paris, celui de M. Revolier, de Saint-Étienne. Comme ces formidables engins, qui servent à écraser des blocs de fer enflammés, pour en former les plus gtffwses pièces de construction, ont pris du développement durant ces dernières années ! Quelques usines en ont récemment créé de plus puissants encore que ceux qui figuraient dans la galerie des machines.
LA SCIENCE ET L'iNDUSTME.
Nous avons pu juger de la force de ces appareils par les produits qu'Us ont contribué à confectionner. Certains arbres de couche, certains organes de vaisseaux à vapeur, etc., disaient assez haut de quel outillage gigantesque on avait eu besoin pour les établir. Ce même caractère de la tendance actuelle, ce désir de donner plus de pouvoir à l'outil, éclatait dans les tours parallèles et les autres instruments de M. Calla, dans un tour spécialement destiné à fabriquer les roues de locomotives de M. Ch. Polonceau, dans les nombreux mécanismes de M. Cail destinés à travailler le fer, et dans les beaux appareils pour la fabrication du sucre dont ce constructeur s'est fait une spécialité, enfin dans les divers outils provenant de l'usine de Graffenstaden (Haut-Rhin), et des ateliers de MM. Dubied et Ducommun, à Mulhouse, etc. Ce n'est pas tout : on s'est appliqué à rendre plus facile l'usage des instruments dont la force était agrandie. On a réussi à calculer leur action avec la plus minutieuse justesse, au moyen de combinaisons diverses. Outre les constructeurs déjà nommés, nous pourrions en citer beaucoup d'autres, qui se sont distingués dans ce genre d'applications : M. André Kœchlin, de Mulhouse, que nous retrouverons dans la construction des métiers proprement dits; MM. Varall, Middleton et Elwell, de Paris; M. Decoster, qui a notablement contribué à répandre chez nous l'usage des machines-outils ; MM. H. Vivaux etÙe9 des usines de Dammarie, dont les produits divers, trop modestement installés à l'Exposition, se faisaient remarquer pourtant par les qualités les plus solides. Je mentionne M. Durenne poussa machine en tôle destinée à poinçonner et à cisailler les tôles fortes. Nous avons aussi distingué le modèle d'un chargeur mécanique de M. Ernest Javal, qui a pour but de rendre plus écono-
miques et plus rapides le chargement et le déchargement des bateaux et des waggons, quand il s'agit de matières •encombrantes, telles que les houilles, les minerais, la chaux, le plâtre, etc. Au jet partiel et lent de la pelle ou du panier par le débardeur, ce système substitue, en le rendant plus facile qu'il ne l'avait été jusqu'alors, le versement d'un waggon tout entier.
Ces traits divers signalés dans la fabrication des outils pour le travail du fer ne sont pas particuliers à notre pays ; ils se retrouvaient dans les grandes usines étrangères représentées à l'Exposition. X)n ne saurait rien imaginer de plus ingénieusement combiné et de plus facile à mettre en jeu que les mécanismes venant d'une maison anglaise justement renommée dans le monde entier, celle de M. Witworth, de Manchester. Nous citons encore parmi les exposants anglais MM. Smith, Beacock et Tannett, de Leeds, dont l'exposition était considérable ; M. Harvey, de Glasgow, pour une puissante machine à mortaiser. L'Europe centrale pouvait montrer avec un juste sentiment de satisfaction les ouvrages divers de MM. Hummel, de Berlin ; Schmid, de Vienne ; Sigl, de Berlin, etc. Le plus souvent, dans les usines allemandes, on s'attache encore à reproduire les types anglais, mais on sait au moins, notamment chez M. Hummel, y ajouter des modifications utiles.
IL Outils pour travailler le bois. — Les outils destinés au travail du bois participent, comme on s'y attend bien, des caractères de l'outillage des ateliers métallurgiques. Les applications qu'ils reçoivent sont cependant moins variées, et elles sont presque toutes plus récentes; Comme le bois n'offre pas la même résistance que le fer * on a plutôt besoin de rendre l'outil très-souple que de lui donner une très-grande force; aussi les instruments expo-
ses se distinguaient-ils surtout par leur agilité. On en voyait dont le menuisier ou le tourneur le plus habile n'aurait pu égaler la précision. Tel appareil destiné à la fabrication des parquets remplace véritablement trois machines : il sert en même temps à planer les planches et à faire d'un côté du bois la rainure, de l'autre la partie saillante qu'on appelle la languette. Cet ingénieux instrument, de même que d'autres outils analogues, avait été envoyé par M. Sautreuil, de Fécamp , qui a doté de plusieurs procédés utiles la menuiserie mécanique. M. Sautreuil est en première ligne dans les ouvrages de ce genre. On a fort remarqué une scie à ruban dite à lame sans fin, de M. Périn, de Paris, pour la rapidité et la dextérité avec lesquelles elle entamait le bois. A côté de ses outils destinés au traitement du fer, l'usine de Graffenstaden avait à l'Exposition un assortiment complet pour la grosse menuiserie, propre à faciliter singulièrement la fabrication deswaggons que cette usine exploite en grand. Nous n'oublierons pas de mentionner la scie mécanique fort ingénieusement appliquée par M. Normand fils, du Havre, au débitage des bois courbes pour les membrures de navires, qu'il sera peut-être possible d'employer pour l'exploitation des forêts. L'Exposition renfermait aussi en ce genre d'engins de beaux modèles venant de l'étranger. De tous les outils propres au traitement du bois, les scies mécaniques sont ceux qui ont donné lieu, dans ces derniers temps, aux améliorations les plus saillantes. .
On avait eu raison d'assigner une place, au milieu même de l'exposition des machines et des outils, à une publication essentiellemeat technique, concernant les mécanismes et appareils employés dans l'industrie française et étrangère. Cette exhibition était une sorte d'appendice de celle des machines. La collection dont il s'agit est
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due à M. Armengaud aîné, qui a été pendant longtemps professeur de dessin de machines à l'école spéciale annexée au Conservatoire impérial des arts et métiers. Ce n'est pas seulement parce qu'elle peut faciliter singulièrement l'intelligence des machines les plus compliquées, que cette publication nous a paru être ici à sa véritable place, c'est aussi parce qu'elle contribue à développer chez nous l'instruction professionnelle qui éclaire et féconde les efforts du travail (1).
III. Les ouvriers mécaniciens. — Pour la plus grande partie des travaux qui s'exécutent dans les ateliers de constructions mécaniques, il faut avoir une justesse de coup d'œil et une précision de main que peu d'autres industries réclament au même degré. L'habileté de l'ouvrier se retrouve, en définitive, dans l'ouvrage exécuté tout aussi bien que les calculs de l'ingénieur. Le travail des ouvriers constructeurs est mieux rétribué en France que sur toute autre partie du continent européen. La différence existante est très-notable, par exemple, entre notre pays et la Belgique qui nous touche pourtant de si près. Les ajusteurs assez capables pour gagner 2 fr. 50 c. à 3 fr. par jour à Seraing et dans les autres usines belges, reçoivent chez nous 4 et 5 francs. Le niveau moyen du savoir est plus élevé parmi les ouvriers français de cette catégorie que parmi les ouvriers étrangers.
On nous a communiqué des évaluations fort curieuses sur les valeurs qui, en France, peuvent sortir d'un atelier de constructions mécaniques, par rapport au nombre
(1) Cet ouvrage périodique, composé de textes explicatifs et de planches, est intitulé : Publication industrielle des machines, outils et appareils le$ plus perfectionnés et les plus récents, employés dans les différentes branches de l'industrie française et étrangère.
d'ouvriers qu'il emploie. La somme annuelle peut atteindre en moyenne 3,500 fr. par chaque individu. Cette somme fait face au salaire de l'ouvrier, à l'intérêt du capital, aux achats de matières premières, aux bénéfices du chef de l'établissement, comme à la rétribution des ingénieurs et des dessinateurs, en un mot, à tous les frais de l'exploitation. Que le chiffre indiqué soit susceptible de varier dans différentes circonstances ; qu'il augmente ou diminue selon qu'un établissement est plus ou moins puissamment outillé, c'est évident; mais ce chiffre de 3,500 fr. reste une moyenne sur laquelle on peut baser divers calculs intéressants à connaître. D'abord, on conçoit combien une grande usine doit avoir d'avantages sur une usine de faible importance ; beaucoup de sommes prélevées sur les 3,500 fr. ne suivent pas la progression du produit total. Supposez un établissement où travaillent cent ouvriers, et donnant, par conséquent, à peu près 350,000 fr. de produits. Sans parler des bonifications résultant d'achats plus considérables de matières premières, une usine employant deux cents ouvriers et produisant 700,000 fr. ne dépasserait pas très-sensiblement les dépenses de la première pour la direction, l'administration, souvent même pour le loyer des terrains occupés, etc. — Si l'on voulait se rendre compte du partage de la somme de 3,500 fr., on pourrait, en calculant des moyennes pour toute la France, évaluer la part de l'ouvrier à 1,000 fr. ; celle destinée à payer l'intérêt du .capital, les matières premières, les loyers et autres dépenses analogues, à 2,200 fr. ; enfin, la part revenant aux directeur, ingénieurs et dessinateurs, jointe à celle constituant le bénéfice de l'entrepreneur, à 300 fr. Considérons, d'après ces données, une usine comptant 500 ouvriers. Il en sortira chaque année une valeur de
1,750,000 fr. Sur cette somme, la main-d'œuvre absorbera 500,000 fr. ; les dépenses de la seconde classe, 1,100,000, et celles de la dernière, 150,000.
IV. Machines à coudre, etc. — Au milieu des prodiges qui se trouvaient étalés dans la galerie des machines, certaines particularités excitaient trop vivement la curiosité du public pour que nous n'en fassions pas au moins une mention sommaire. En première ligne viennent les machines à coudre. Quand on a vu fonctionner les appareils américains et le mécanisme appelé couso-brodeur de M. Magnin, de Lyon, il n'est pas possible de mettre en doute l'avenir d'une invention réputée longtemps chimérique. La couture mécanique va l'emporter pour un grand nombre d'ouvrages, tels que les articles de lingerie ordinaire, les vêtements confectionnés, sur la couture à la main. Les questions d'économie générale que soulève cette innovation ne seraient pas à leur place dans cette étude ; mais on en devine aisément la haute importance. Le nouveau système consiste dans le croisement de deux fils produisant l'aspect de ce qu'on appelle communément la piqûre, et qui s'opère au moyen d'une navette et d'une aiguille. La navette emporte un fil qui longe le dessous de l'étoffe horizontalement; l'aiguille est chargée d'un autre fil qu'elle met à cheval sur le premier en traversant le tissu. Tels sont les traits essentiels de la méthode, susceptible d'ailleurs de diverses modifications suivant le genre de l'ouvrage.
Voici un appareil également très-remarque, mais d'un caractère tout autre : le ventilateur de M. Fabry, sousingénieur des mines à Charleroi (Belgique), pour l'aérage des mines. L'appareil, qui a reçu le nom de roue pneumatique, se compose de deux arbres parallèles munis de palettes qui aspirent ou refoulent l'air dans le puits ou la
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galerie, au moyen de certaines combinaisons. Ce système offre d'autant plus d'intérêt que les diverses machines aspirantes ou soufflantes employées jusqu'à ce jour sont loin de donner des résultats complètement satisfaisants.