‹ L'industrie contemporaine; ses caractères et ses progrès chez les différents peuples du mondeChapitre 26 sur 59 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Appliealioiis de réleclrlelté à la télégr«pli>«9 « Tliwlogerie» à réelAlraçe^ an tissage.— ComblnalsoB» dlver-

fies.

Les applications de rélectricité dans le vaste champ que nous allons passer en revue sont un des côtés que le public interroge aujourd'hui du regard le plus curieux. La science s'est, depuis quinze à vingt ans, assez avan*cée sur cette nouvelle route, pour qu'il y ait un véritable intérêt à constater la nature et l'importance des résultats industriels oblenus.

L Télégraphie électrique. — Les premiers indices de la télégraphie électrique rappellent le nom de Franklin, ceux de Lesage et de Lomond, et datent de la fin du dernier siècle. Coïncidence singulière! on les voit se dessiner, quoique très-vaguement encore, à la veille du jour où l'on s'occupait de constituer en France, d'après les données des frères Chappe, la télégraphie aériemie, qui devait si vite disparaître devant les agents électriques (1). En 1820, M. Ampère, dont l'esprit vaste et pénétrant a embrassé presque toutes les sciences, avait précisé assez nettement les moyens de transmettre au loin des signaux par l'électricité. Ce ne fut néanmoins qu'en 1835 que se réalisa ce projet. Le premier télégraphe électrique fut construit à cette époque en Allemagne par M. Steinheil. L'invention ne dût être réputée com-

(1) C'est en 1774 et 1787 que Lesage et Lomond émettaient Tidée d*employer la vitesse prodigieuse de Télectricitt^ pour transmettre des signaux à des distances plus ou moins éloignées. L'acte qui organise la télégraphie aérienne est de 1793.

plèle qu'un peu plus tard, après les applications de M. Wheastone en Angleterre et de M. Morse aux Ëtats- Unis.

Comme les détails de ces inventions appartiennent seulement à l'histoire de la science, il suffit d*en indiquer ici les traits essentiels. Rappelons qu'on doit à M. Wheastone la télégraphie dite télégraphie à cadran, c'est-àdire le système qui consiste à faire apparaître successivement sur un cadre, au point d'arrivée d'une ligne télégraphique, les diverses lettres composant une dépédie. Le télégraphe de M. Morse, au contraire, trace lui-même les signes voulus comme avec une plume sur une feuille de papier : aussi Tappelle-t-on télégraphe enregistreur; mais la dépêche n'est pas reproduite en caractères ordinaires, elle est figurée par des points de diverses longueurs et des espaces vides, qui représentent conventionnellement des caractères ou des mots. Ce dernier mode est aujourd'hui généralement préféré, parce qu'il offre un avantage réel en permettant de conserver la dépêche minutée par l'appareil lui-même. Depuis le premier établissement des appareils de M. Wheastone et de M. Morse, des améliorations notables ont été apportées dans la construction des télégraphes électriques par plusieurs savants et plusieurs mécaniciens français et étrangers, dont la plupart ont figuré à l'Exposition de 1855. On doit citer en première ligne M. Breguet pour la France, M. Hipp pour la Suisse, MM. Siemens et Halske pour la Prusse. Nommons encore, entre les exposants dont les appareils relatifs à divers points de l'art ont été le plus remar^ qués* M. Pouget-Maisonneuve, inspecteur des lignes télégraphiques françaises, M. Newal, M. Kuper et M. Ënley (Angleterre), et M. Gloesener, membre de l'université de Liège» etc. La télégraphie électrique a pris un essor

tt4' imNJSTAlB CONTEMPORAIHE.

nouveau k partir du jour ou M. Crampton est parreau à relier la France au sol britauuique à Taide d'un télégraphe sous-marin. Quand on songe à la rapidité avec laqwUe notre pays a pu recevoir des nouvelles de Crimée, qomd on sait qu'un câble va bientôt peut-être mettre en com*raunication Tancien et le nouveau continent à travers rifiimensité de l'océan Atlantique, on se fait aisément une idée du degré de perfection que doivent avoir atteint les appareils employés. Quelque variés qu'ils soient, ces appareils se ressemblent plus ou moins les uns les autres. Ainsi, on y rencontre toujours trois parties : 1^ la pile, à laquelle correspondent les fils conducteurs ; 2^ Tin*^ strument k l'aide duquel on fait les signaux , qu'on appelle communément fnamptdateur; 3^ l'instrument qui reçoit les signes au point d'arrivée, et qui est désigné sous le nom de récepteur. L'art consiste ici à savoir diriger la marche du courant électrique, c'est-à-dire à interrompre ce courant ou à le laisser passer, d'après des mesures rigoureusement calculées, de manière à faire apparaître sous une forme ou sous une autre les indications voulues.

L'Exposition a mis en relief un résultat tout nouveau, très-réel, quoique incomplétem^t expliqué. U s'agit de la possibilité de transmettre simultanément deux dépêches en sens contraires par la même ligne. Divers essais avaient eu lieu en Autriche, en Suède, en Prusse; mais la première réalisation a été due a M. GinU, exposant autrichien.

IL Horlogerie électrique. *-- Dès qu'on était en possession de la nouvdle télégraphie, on se trouvait sur la voie de l'horlogerie électrique. Que le fluide soit appliqué à la mesure du temps ou à la transmission de la pensée, il agit d'après les mêmes lois. L'électricité fonc-

LA 8Cl«IfC8 ET L'iftDtlSTme. SSft

tÎMDê de deux manières difitinctes dans llioflogefie : tantôt elle est elle-même le principe moteur, c'est-à-dire le principe qui fait marcher les rouages d'une horloge; taiil6t elle est seulement adaptée knne horioge ordinaire pour faire marquer, au moyen de fils conducteurs, Thettredonnéesur plusieurscadrans placés à une certaine distance les uns des autres. Parmi les noms que la récente histoire de Thorlogerie électrique a mis en saillie , brillent au premier rang ceux de M. Froment et de M. Paul Garnier de Paris. Ajoutons que M. Houdin, de la maison Detouche, a présenté plusieurs appareils trèsfaigénieux. On voyait dans l'étalage de celte fabrique des horioges électriques d'appartement, à des prix très-modérés, et fonctionnant régulièrement. La grande horloge électrique de M. Vérité, de Beauvais, obtenait aussi, à juste titre, l'attention des visiteurs.

On devine sans peine, dès qu'on y réfléchit, que dans rborlogerie l'électricité est appelée à rendre de bien phK précieux services comme moyen de figurer simultanément l'heure en plusieurs lieux que comme force motrice. La simultanéité des indications est notamment du plus grand prix pour le service des chemins de fer, où elle est si propre à prévenir les accidents que peut occasionner la variabilité des horloges des diverses stations. Les appareils électriques actuels, envisagés comme moteurs, ne laissent pas même entrevoir, au moins pour le moment, des avantages sérieux sur les moteurs mécaniques. U est vrai qu'avec les premiers on n'a pas la peine de remonter les pendules, mais il faut alimenter le récipient ; et à moins de supposer des vases d'une »npleur disproportionnée avec l'objet, on doit reoom- BMicer cette opération tous l66 quinse jours ou tous les

mois. Les pendules ordinaires n*ont pas besoin d*étre remontées plus souvent.

m. Eclairage électrique. — On est moins avancé dans les applications du fluide électrique relatives à Téclairage que dans celles concernant l'horlogerie. Ce n'est pas qu'il soit difficile de produire la lumière électrique, cette lumière qui le dispute en éclat aux rayons solaires. Considérée en elle-même, la méthode est assez simple, puisqu'il suffit de rapprocher jusqu'à une très-petite distance les deux fils conducteurs d'une pile voltaïque, après avoir garni leurs extrémités de pointes de charbon très-dur. Mais avant que le procédé puisse entrer dans la pratique un peu largement, il reste de sérieuses difficultés à vaincre. Un des obstacles tient à ce qu'il faut beaucoup d'électricité et que l'électricité coûte fort cher. Un autre obstacle provient de ce que la.lumière électrique se concentre sur un seul point, tandis que le meilleur éclairage s'obtient par la dissémination des rayons lumineux. Sans doute, il y a des circonstances où la concentration peut devenir un avantage; mais ce n'est là qu'un fait exceptionnel qui laisse toute sa force au principe admis dans l'art de Téclairage. Ajoutons que les appareils nommés régulateurs, construits jusqu'à ce jour pour faciliter l'usage de la lumière électrique, ne sont pas aussi simples et aussi sûrs qu'on le pourrait désirer. Leur fonction consiste à maintenir à ia même distance les pointes de charbon entre lesquelles éclate le phénomène lumineux, alors que le seul fait de la combustion constante du charboû tend à élargir à chaque moment l'intervalle. Si, Técartement varie, l'effet est manqué.

Plusieurs régulateurs de lumière électrique figuraient à l'Exposition. Un de nos meilleurs constructeurs d'in-

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stniments de physique, reuommé surtout pour ses appa-> reils d'optique, M. Jules Dubosc, avait envoyé un régulateur dont les dispositions ont paru des plus satisfaisantes. Cet appareil a déjà rendu d'ailleurs de réels services à la physique, et il sert journellement aux démonstrations dans les cours publics. Il peut être avantageusement utilisé pour Téclairage des travaux de construction pendant la nuit. Les premiers essais tentés chez nous en fait d'applications de l'électricité à l'éclairage public, appartiennent à un autre constructeur^ M. Deleuil, qui avait aussi à l'Exposition un très-bon régulateur. En 1844, M. Deleuil établissait un premier éclairage public, à Paris, sur les toits d'une maison du quai Conli; plus tard, il renouvelait cette expérience sur la place de la Concorde, conjointement avec un homme qui s'est beaucoup occupé d'électricité, M. Archereau, mais toujours avec ses propres piles. C'est avec les appareils de M. Deleuil que les travaux de la rue de Rivoli et beaucoup d'autres ouvrages analogues ont été éclairés pendant la nuit. Les feux placés sur l'Hôtel-de-Ville et sur la tour Saint- Jacques-la-Boucherie, lors de la prise de Sébaslopol, et lors du bal offert à la reine d'Angleterre, étaient dus au même fabricant. On construit des régulateurs depuis l'année 1840 ou 1841. Des controverses dans lesquelles nous n'avons pas à entrer, ont été soulevées sur la question de priorité en ce qui concerne les cons* tructions de ce genre. Nous nous bornerons à faire remarquer que la tendance et le mérite de l'art actuel consiste à améliorer le système des premiers instruments.

Quels que soient les perfectionnements réalisés, nous sommes loin du jour où l'électricité prendra une place régulière et sûre, je ne dis pas dans l'éclairage domestique, mais mémo dans l'éclairage de nos rues ou des grands

W0 imwmK cœmMMftAiNB.

élidUisMiMiits. Nos usises à gaz ne sont doue pw Mr te point d*élre éteintes. Quant à réclairage au moyen des liquides h Tintérieur de nos logis, ee mode ne semble pas ménœ menacé par Teroploi de l*électro-magnétisme*

IV. Tissage électrique. — L'application de Télectricité au tissage intéresse toutes nos fabrications de tissus fa* çonnés. Aussi, nos grandes fabriques s'étaient-elles émues àFannonce du système par lequel M. le chevalier Bondli, de Turin^ se proposait de remplacer le mécanisme des métiers à la Jacquard. Un appareil avait été installé d'après les indications de M. Bonelli, dans les derniers temps de TËxposition. Le public a pu, comme nous, le voir fonctionner et en examiner en détail le principe et la marche, car on facilitait les observations des visiteurs avec une extrême complaisance.

En pariant de ce système, nous ne nous arrêtons pas, comme on voit, devant une pure hypothèse; il s'agit d'une application bien réelle qui s'est fait breveter en Sardaigne où elle est née, en France, et dans les principaux États de l'Europe. On pouvait même lire à l'Exposition, sur le métier lui-même, qu'une société ayant pour ingénieur M. Sire, avait été constituée pour l'exploitation de Tappareit. On annonce que cette société doit faire fonctionner ses métiers dans un atelier spécial à Paris, et qu'il sera dès lors facile de comparer les résultats <Atenus par le nouveau système à ceux qu'on doit à l'ancien. Des calculs sont mis en avant pour établir que le métier électrique permettrait de réaliser une économie considérable en ce qui concerne les frais d'esquisse et de mise en carte d'un dessin. On va jusqu'à avancer qu'une dépense de 2,115 fr. avec l'ancien mode serait abaissée à 600 ft. avec le nouveau ; ce qui donnerait 1 ,455 fr. , soit 69 0/0 de différence, sans parler d'une exécution infiniment plus

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rapîdt^ Oo prétend, en effet, qu'on gagnerait 90 0/0 sona le rapport du t^ps employé. On a mène prévu le cas oti la substitution du papier au carton dans la mécanique Jacquard viendrait prochaine^ ment, coinme tout porte à le croire, amoindrir le total de la dépense actuelle. Or, dans cette hypothèse même, les calculateurs de la nouvelle société trouvent que la différence signalée plus haut pour une somme de â,ll5 fr. serait encore de i ,2^4 fr.

Hâtons-nous de le dire, ce ne sont là jusqu'à ce jour que de pures allégations : il leur manque la consécration de Tupérience. Des juges très compétents, qui se sont expliqués devant nous sur la question , affirment que le système de M. Bonelli, pût-il produire au point de vue de l'exécution même du travail tous les effets annoncés, n'offrirait en fin de compte aucun avantage sur le mode actuellement en vigueur. On dépenserait, disent-ils, pour monter divers organes dont ce métier a besoin, une somme au moins égale à celle qui s^^t économisée du côté de la mise en carte. Il n'appartÎMil peut-être à personne, et, à coup sûr, il ne nous appartient pas de prononcer entre des articulations aussi diamétralement opposées; mais un point incontestable, c'est qu'il n'y a plus qu'un seul argument, celui des faits, que puissent invoquer M. Bonelli ou ses cessionnaires. Cet argument est seul capable de convaincre les esprits hésitants ou incrédules. Que des étofTes soient tissées, qu'elles soient aussi belles que les anciennes et qu'on les vende cependant à meilleur marché, tel est l'unique moyen de mettre fin à la controverse. Aussi, tous ceux qui croient, comme nous, qu'il faut, en face des prodiges accomplis depuis le commencement de ce siècle, se gard» de lancer l'anathème sur une invention, quelque

impraticable qu'elle paraisse à son origine, applaudiront sans doute au projet de monter un atelier à Paris même. Jusque-là, il convient d'ajourner tout jugement.

Un mot maintenant sur le mode d'après lequel fonctionne le métier de M. Bonelli. Les divers mouvements de la mécanique Jacquard sont régis, non plus par des cartons, mais {)ar un courant électrique et au moyen d'électro-aimants. L'électro-aimant est un barreau de fer très-doux, qu'entoure un fil de cuivre recouvert d'une matière isolante, comme la soie, c'est-à-dire exempte des atteintes de l'électricité. Le fil, roulé sur le barreau présente l'aspect d'une bobine. Chaque fois qu'un courant électrique circule dans ce fil de cuivre, la tige de fer acquiert les propriétés d'un aimant, propriété qu'elle perd dès que le courant vient à cesser. Ces premiers points établis, le jeu du mécanisme est facile à comprendre. Le système consiste à présenter à chaque crochet du métier Jacquard un électro-aimant, et à établir ou intercepter le courant électrique suivant les indications du dessin qu'on veut reproduire. Pour arriver à ce résultat, on exécute le dessin en matière métallique sur une matière isolante, ou en matière isolante sur un corps métallique. Le mouvement alternatif qui résulte de la propriété inhérente à chacune de ces matières constitue l'essence même de l'opération.

V. Combinaisons diverses. — Dès que l'électricité donne lieu à des opérations multiples comme celles dont il vient d'être question, il n'est pas étonnant qu'un immense intérêt s'attache aux appareils qui produisent ce fluide. Ces appareils figuraient à l'Exposition sous diverses formes, appropriées à des services de différente nature. L'Angleterre pouvait citer ici le nom d'un physicien bien connu, M. Faraday, dont les recherches ont

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été si utiles à Tindustrie. Les galeries françaises renfermaient le bel appareil d'induction de M. Ruhmkorff et d'autres appareils ayant des destinations spéciales, construits par M. Breton, par M. Loiseau, par M. Deleuil , etc. Les piles avaient également revêtu des formes différentes. Il en est une que nous spécifierons, parce qu'elle semble avoir pris place dans la science et que nous la trouvons qualifiée de nouvelle et d'ingénieuse dans les Éléments de physigue expérimentale par M. Pouillet, qui l'appelle, du nom de son auteur, pile Pulvermacher. A l'ancienne pile composée de plaques élagées les unes au-dessus des autres et séparées par des disques en étofi'e, ce praticien substitue une pile en forme de chaîne. Un fil de zinc et un fil de cuivre sont enroulés l'un à côté de l'autre en hélice sur des baguettes de bois, mais, bien entendu, sans que les fils de métal différent puissent se toucher. C'est une difficulté assez sérieuse que d'éviter le contact quand on rapproche autant les deux métaux. Cet obstacle surmonté, on obtient une série d'éléments qu'il est facile de mettre en action. Si l'on fait passer une chaîne ainsi composée dans du vinaigre ou dans un acide quelconque, la surface métallique unie au bois absorbe une certaine quantité de liquide qui se loge entre les fiis de zinc et les fils de cuivre, et qui les amène à l'excitation électro-magnétique. En allongeant les chaînes, on multiplie l'effet à volonté. De cette façon, la pile est toujours prête à agir^ sans qu'il y ait b^in de la monter quand on veut en faire usage. La source de l'électricité se trouve des plus faciles à entretenir. Quant a tels ou tels usages particuliers auxquels on destine cet appareil, ils échappent tout à fait à nos appréciations; nous ne signalons l'instrument qu'à Tunique

point de vue de la physique.

142 INMJSTBIfi CCWTEIIPOVlAINe.

Nous pourrions trouver une. ample matière pour prolonger notre examen sur remploi de rélectricité; mais nous avons dû nous arrêter seulement aux applications les plus connues, à celles qui touchent le plus à des questions d'un intérêt général. On nous permettra, sinon de passer sous silence, au moins de n'indiquer que sommairement des combinaisons dont la nature intéresse plutôt les savants que le public ; parmi les instrumaits de cette dernière espèce, nous classons les appareils âectriques destinés à mesurer les intervalles de temps trèscourts, comme le passage d'un boulet de canon, appareils appelés ckronoscopes ; les appareils électriques servant à constater la direction et la rapidité du vent, désignés sous le nom d'anémomètres. — Nous avons pris note enfin de la présence à l'Exposition de dix ou douze moteurs électriques ; nous avons eu déjà l'occasion de les caractériser au moins d'une manière générale. Nous les citons moins à cause des résultats qu'ils produisent dès à présent, qu'à cause des perfectionnements dont la science peut les doter. Pour le moment, leur usage coûte démesurément cher quand on veut arriver à de grandes orces : aussi ne sauraient-ils guère être adaptés qu'à de très-petits métiers faciles à mettre en mouvement. Tous les appareils électriques étaient placés dans les annexes de l'Exposition, où ils n'attiraient pas autant les regards que pourrait le faire supposer l'importance qu'ils possèdent déjà et celle que l'avenir semble leur réserver. Mais on conçoit que le propre d'instruments de ce genre ne soit pas de frapper les yeux. Autant leurs effets sont curieux, autant leur aspect est généralement peu attrayant.

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