‹ L'industrie contemporaine; ses caractères et ses progrès chez les différents peuples du mondeChapitre 51 sur 59 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Ijc« lampes. — La eeatelleiie, ele.

Divers systèmes de lampes inventés de notre temps et qui ont joui d'une vogue plus ou moins grande, ne con-

4M INDOSnUC CONTBHt^ORAINE.

servent plus aujourd'hui qu'une place très-restmnte dans nos usages : ainsi la lampe à laquelle M. Carcel avait donné son nom, et qui restera toi^ours comme une invention des plus marquantes dsois l'histoire de l'éclairage, n'existe presque plus, du moins à son état primitif. Même avec les perfectionnements qu'a reçus le mécanisme d'horlogerie qui &i formait la base, elle n'apparait encore qu'à l'état d'exception. Les objections principales auxquelles ce système donne lieu se rapportent à la quantité d'huile absorbée et à la difficulté des réparations lorsque les rouages de l'appareil viennent à se déranger; néanmoins, ce sont toujours les lampes Carcel qui procurent la lumière la plus pure et la plus brillante. Un fabricant habile, consciencieux et persévérant, M. Gagneau, qui traitait sa profession en véritable artiste, a travaillé toute sa vie à l'amélioration du système Carcel, et il a donné son nom à un mécanisme perfectionné qui réunit tous les avantages qu'on pouvait att^ch^ d w mouvement d'horlogerie. Une lampe d'un tout autre genre, la lampe dite solaire, inventée par M. Neubwger, et que le jury de l'Exposition de 1844 qualifiait d'ttioa* vaUm remarquable et heureuse^ cette lampe, qui supprimait toute alimentation artificielle et tout mécanisme, n'est pas restée non plus en possession du terrain qu'aie avait d'abord conquis. Cette invention avait eu le mérite de montrer les effets qu'on pouvait obtenir en modifiant l'intensité et la direction des courants d'air déterminant la combustion. Aussi suffirait-elle pour faire assigner à son auteur un rang honorable dans la profession qu'il exerce. Cependant, si les avantages inhérents à ce mode lui conservent des clients fidèles en France et à l'étranger, on ne peut nier qu'il soit en déclin. Quel est donc le système d'éclairage qui obtient aujour-

d'hiû la faveur publique, et tend à se substituer de plus en plus à tous les autres? Ce système» chacun Ta déjà nommé peut-être, c'est celui des lampes dites lampes à modérateur, inventées par M.Franchot, à qui l'Académie des sciences avait décerné un grand prix de mécanique en 1854. Beaucoup moins compliqué que celui de la lampe Carcel, qui était un perfectionnement si notable de i'af^rdl du physicien genevois Ârgand, le mécanisme de M. Franchot consiste dans un ressort en spirale agissant sur l'huile renfermée dansla partie inférieure du système, à la manière d'une pompe foolante, et la faisant ainsi i^* monter jusqu'à la mèche par un t^ibe. Cesi dans ce tube qu'est placée la partie de l'appareil appelée modérateur^ simple tige de métal ayant pour rôle de modérer l'ascension de l'huile dans le tube. Au moyen de combinaisons fort simples, cette tige se prête plus difficilement au passage du liquide quand le ressort en spirale agit le plus énergîquem^it , et favorise davantage , au contraine , l'ascension de l'huile quand le ressort, arrivant à la fin de sa course, a perdu une partie de sa force.

D^ms que le premier brevet de M. Frandiot est tombé dans le d(»naine public, nous avons vu surgir de nombreux essais en vue de perfectionner son système. Dès que la lampe à modérateur était accueillie avec une faveur croissante, parce qu'elle est celle dont la manœuvre est la plus facile, on n'a pas de peine à s'expliquer que divers fabricants aient voulu, au moyen de modifications plus ou moins spécieuses, s'approjH'ier la plus large part du champ à exploiter. Parmi les efforts tentés, il y a cependant quelques résultats à signaler. On a visé surtout à prolonger la durée de l'éclairage obtenu par l'appareil. On comprend que cette durée dépend de la longueur du ressort dont nous venons de parler. Aug-

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menter celte longueur, tel a été l'objet général des recherches. Tantôt on a élevé le bec de la lampe, tantôt on a abaissé la boite où le ressort est contenu. On doit à M. Neuburger une combinaison ingénieuse, celle d'un cric à coulisse qui permet d'étendre notablement la course du piston. Un grand nombre d'autres fabricants sont d'ailleurs dans la voie des améliorations : M. Hadrot jeune, dont la fabrication a tant d'importance, et qui exploite fort habilement depuis l'origine les procédés de M. Franchot; M. Schlossmacher, M. Bourgogne, M. Dessales, M. Pouget, etc.

Au milieu de l'exhibition des lampes, il se trouvait certains appareils qui ont pour objet de répondre aux besoins des familles ouvrières, et cherchent à joindre la modicité du prix de vente à la modicité des frais d'alimentation. Quoiqu'on obtienne çà et là des résultats satisfaisants, je n'ai aperçu aucun mode qui eut droit à une mention spéciale. Aucun, je me trompe ; je dois excepter un appareil d'un aspect modeste, qui n'en est pas arrivé peut-être encore à son dernier perfectionnement, et qui, même dans son état actuel, offre de remarquables avantages. Il s'agit d'une petite lampe de M. Jobard (de Bruxelles), consommant à peine pour cinqcen* times d'huile par heure, et brûlant toute une nuit sans qu'on ait besoin de couper la mèche, et sans que la clarté diminue. Eùl-on exagéré un peu la quantité de lumière que donne cette lampe, elle réalise à merveille l'éclairage à bon marché.

Les lampes sont une des fabrications où excelle notre industrie. Nulle part au dehors on ne construit les lampes aussi bien que chez nous. Nos exportations s'étendent dans les deux mondes. Nos lampes avaienteu quelque peine à s'acclimater en Angleterre : la difficulté provenait de la

qualité même des huiles communément employées chez nos voisins. Un habile fabricant de Paris, que j'ai nommé tout à Theure, M. Hadrot, a fait disparaître cet obstacle en introduisant en Angleterre l'huile française en môme temps que ses lampes. On s'est alors familiarisé avec l'usage de nos appareils.

Une autre industrie qui nous semble devoir être rangée comme la fabrication des lampes dans la catégorie des industries diverses, — la coutellerie, — n'est pas placée, du moins pour toutes ses branches, dans une position aussi exceptionnelle. Elle soutient toutefois honorablement la lutte quant à la qualité des produits. Dans la section des instruments de chirurgie, elle vient en première ligne. Ainsi M. Charrière a conquis a sa fabrique une réputation sans égale. Dans uii ordre de produits plus humbles et dépendant toujours du même groupe, nous avons à signaler la fabrique de Nogent (Haute-Marne) , qui occupe de 4 à 5,000 ouvriers. Il est d'autant plus juste de nommer cette fabrique, dont l'origine remonte à deux siècles, que ses ouvrages ont été plus d'une fois présentés sous l'estampille d'autres fabriques françaises. Soixanteseize communes du département de la Haute-Marne vivent à peu près exclusivement du travail de la coutellerie, soit dans le district de Nogent, soit autour des villes de Chaumont et de Langres. La ville de Nogent est le grand marché de cette industrie. La valeur des marchandises qui se vendent chaque année sur cette place dépasse 3 millions de francs (1).

(!) Nous avons en Toccasion de parler plus d'une fois , dans le cours de cet ouvrage , d'une industrie qui figurait à l'Exposition sous un aspect tout à fait imposant, l'industrie métallurgique. Les produits de cette branche de la fabrication contemporaine étaient vraiment merveilleux. La grandeur des pièces étonnait à chaque pas dans les compartiments affectés à la France et

4M INOOSTRie GONTGHFOlUlRrE.

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